« Pas de police dans nos fiertés » : l’association FLAG! ne sera pas à la Marche des fiertés de Paris


L'association des agents des ministères de l’Intérieur et de la Justice, les pompiers et policiers municipaux LGBT+ a invoqué plusieurs raisons pour ne pas être présente cette année à la Marche des fiertés.

« Pas de police dans nos fiertés » : l’association FLAG! ne sera pas à la Marche des fiertés de ParisMaëlle Le Corre

Mi-mai, on vous expliquait pourquoi l’association des policiers LGBTI+ de New York ne participerait pas au traditionnel défilé de la Pride new-yorkaise à partir de 2022.

Têtu a révélé ce 3 juin qu’il en sera de même pour la Marche des fiertés parisienne qui doit avoir lieu le samedi 26 juin. L’association FLAG!, qui représente les agents des ministères de l’Intérieur et de la Justice, les pompiers et policiers municipaux LGBT+, ne fera pas partie du cortège, auquel elle était incluse depuis de nombreuses années.

Nous ne sommes néanmoins pas sur le même cas de figure : d’un côté, à New York, il s’agit d’une décision prise par l’organisation de l’événement dans le but de garantir la sécurité de toutes les personnes présentes. De ce côté de l’Atlantique, l’Inter-LGBT, organisatrice de l’événement chaque année, n’a pas exclu FLAG!.

FLAG! se retire de la Marche des fiertés 2021

C’est l’association qui a pris le parti de ne pas participer, et ce pour plusieurs raisons inhérentes à certains changements opérés cette année dans le parcours et la façon dont se tiendra la marche cette année : une marche plus politique,  « sans chars ni podium », qui s’élancera depuis Pantin et non depuis le cœur de Paris.

Ce nouveau parcours, qui traverse le 19e arrondissement, met en danger les membres de l’association, a estimé son président « en passant par des quartiers où les policiers ne sont pas toujours les bienvenus » :

« Le parcours de la marche couplé à la menace terroriste et aux agressions avec armes envers les forces de l’ordre nécessite une sécurisation du cortège de FLAG! beaucoup plus importante que les années précédentes pour garantir la sécurité de nos membres »

Pour ces raisons, FLAG! a préféré ne pas être présent.

Une volonté de repolitiser la Marche des fiertés toujours présente

« Pas de flics dans nos fiertés ! » : ce slogan n’est pas nouveau, de même que la défiance à l’égard des forces de police au sein de la Marche. Elle est notamment portée cette année par des nombreuses associations et collectifs qui coordonnent une autre marche.

Il s’agit d’une alternative radicale antiraciste et anticapitaliste à la Marche des fiertés. L’évènement doit avoir lieu le 20 juin.

Ces dernières années, plusieurs initiatives ont proposé des marches radicales en parallèle et en amont de la Marche des fiertés, comme la Pride de nuit, elle aussi portée par une volonté de repolitiser ces événements et de leur donner un souffle radical et contestataire, notamment pour contrer le pinkwashing de certaines entreprises (Mastercard, Air France) ou de certains groupes politiques (En Marche!) présents dans les cortèges.

Et vous, allez-vous marcher cette année ?

À lire aussi : La Pride expliquée à celles et ceux qui n’y pigent rien

Maëlle Le Corre

Maëlle Le Corre


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Commentaires

Pasd'idéespourunpseudo

@Noiz`
ben on se concentre sur la question du gouvernement du coup ; de la Veme Republique. Les lois sont quand même issues de la majorité parlementaire, les décrets et circulaires des ministres. Cest eux qui vident les institutions de leur substance. Pas "l'Etat".

Je pense - mais je sors de la questiob de l'Etat - qu'il faudrait revenir à une conquête du pouvoir à l'ancienne. Parce qu'apparemment, laisser le terrain aux pourris ne leur donne pas l'envie de changer, même s'ils ne représentent plus grand monde, et le militantisme en marge c'est nécessaire mais manque de force de frappe (peut etre parce qu'il manque une perspective a proprement parler révolutionnaire).

Pour en revenir au sujet de départ, je dis pas du tout qu'il ne faut rien faire sur les points cités, au contraire, je ressens une frustration immense. L'accès au pouvoir est terriblement verrouillé et je serais même pour un changement de type de gouvernement. Je dis juste que le concept "d'Etat structurellement x" ne me parait pas pertinent pour diagnostiquer la situation (apres cela peut exister, mais ce dont vous parlez ne rentre pas du tout dans l'idée d'Etat).
Excusez moi de le dire crûment, mais si vous utilisez un concept il faut encore bien l'utiliser.
 

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