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Cinéma

« Ouija », le film qui joue à « 1,2,3 soleil » avec la mort

« Ouija » est un film d’horreur à base d’esprits pas contents et d’ados un peu cons. Mais c’est surtout un gros ratage cinématographique.

Inutile de rappeler que dans le paysage cinématographique, le genre horreur n’a pas souvent le bon rôle. Si jadis les scénaristes arrivaient miraculeusement à être originaux, c’est rarement le cas depuis quelques années. Regarder un grand écran, les yeux à demi-clos, tentant de garder une dignité par rapport à son voisin de siège, est souvent une activité qui implique ados bruyants et personnes voulant pécho pépouze.

Le dernier film de Stiles Whites n’est pas franchement là pour faire changer la donne. Ouija partait pourtant sur de bonnes bases (certes un chouilla réchauffées depuis 1986)…

Les esprits font flipper car nous avons beau être sûr•e•s à 99,9% qu’ils n’existent pas, le doute subsiste toujours à certains moments clés. Je pense par exemple à celui où tu dois aller rechercher un truc dans ta Clio (au fond du garage à deux heures du matin) ou à celui où tu dois traverser le couloir aveugle et interminable de ta grand-mère pour aller faire pipi (les assiettes au mur, ça t’a toujours foutu les poils).

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« Mamie, c’est toi qui vient de traverser la porte en robe de chambre ? »

Même si tu n’as jamais eu particulièrement envie de te trouver nez-à-nez avec l’âme errante de ton premier poisson rouge, tu as sans doute été tentée de vérifier si les tables pouvaient tourner toutes seules. Pour ça, il faut apprendre tout un tas d’incantations, se ruiner en bougies et avoir quelques ami•e•s prêt•e•s à braver le souffle de la mort. Bref, ça te rappelle un peu trop ton oral de TPE au lycée, et personne n’a envie de se souvenir de ça.

Si tu n’as pas trop de temps à perdre, il existe une deuxième solution : la planche de Ouija. Pour l’utiliser, il suffit de faire un cercle avec l’accessoire en forme de goutte pour chaque participant•e, d’apprendre une petite phrase par coeur et banco ! Te voilà en relation avec l’au-delà, il ne te reste plus qu’à poser ta question en gardant ta main posée. L’esprit fera alors bouger la planchette vers le « oui », le « non » ou les lettres pour former un mot. Pour finir, il te suffit de dire « au revoir » et c’est plié.

À lire aussi : La planche de Ouija « Supernatural », une idée pleine d’ironie

C’est de cette façon que Laine et ses potes ont décidé de passer leur soirée. Leur meilleure amie est décédée dans d’étranges circonstances, alors pourquoi ne pas tenter de demander des explication à son fantôme ?

MAIS OUI, QUELLE SACRÉE BONNE IDÉE. 

En juillet, lors de l’annonce de ce trailer, je dois dire que l’idée me plaisait pas mal. Je ne priais pas pour un chef-d’oeuvre, mais croisais tout de même les doigts pour que Ouija me console de l’incommensurable déception qu’avait été Annabelle. Malheureusement, je ne sais lequel des deux a le plus anéanti l’espoir enfoui en moi.

Je déteste dire du mal du travail des autres mais c’est un fait : ce film est raté.

Tout d’abord, la lisibilité de Ouija est mauvaise. Je ne demande pas un schéma explicatif avec arbre généalogique pour chaque personnage, m’enfin ça nous aurait sans doute épargné les (« Mais c’est sa soeur ? », « Mais c’est sa pote en fait ? », « Mais c’est la soeur de sa pote ? », « Oh et puis merde »). L’explication paranormale est prévisible mais surtout survolée et au final, très fouillis !

Les personnages entretiennent le cliché de l’ado à la peau parfaitement lisse et aux brushing impec’. Malheureusement, les acteurs n’y croient pas vraiment. Olivia Cooke (Bates Motel) porte le long-métrage sur ses frêles épaules mais a plus l’air d’avoir mis les pieds dans la Maison Hantée de Nigloland que face à une entité prête à lui ôter la vie.

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« Vas-y le fantôme il a pas intérêt à me priver de sortie, sinon je lui mets la misère. »

Pire, tout est aussi prévisible qu’un épisode de Franklin (oui la tortue) ou qu’une Fable de La Fontaine (la fameuse morale du « tu vois, je te l’avais bien dit »). Ces jeunes ne semblent avoir aucune jugeote, aucun instinct de survie, et le destin est toujours là pour le leur rappeler. Oui, le phénomène du « tiens, j’ai vu une ombre avec des dents pointues passer, allons donc voir dans la cave si j’ai rêvé » est toujours d’actualité en 2015 !

Comme les scènes horrifiques sont loin d’être terrifiantes (et surtout vues dans les bandes-annonces et les affiches), le film se contente paresseusement d’enchaîner les jump scares vus, revus et même parfois un peu WTF pour consoler le public. Pas de bol, ça foire à chaque fois.

À lire aussi : Les jump scares dans les films — Les Chroniques de L’horreur par Jack Parker

Pour la faire courte, je ne peux que te conseiller de garder ton budget cinéma pour acheter un ou deux Blu-Ray de films d’épouvante modernes, qui eux, n’ont pas décidé de se foutre de ta gueule allègrement. Hein, oh, eh, bon.

À lire aussi : « Mister Babadook », un nouveau monstre au cinéma


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Les Commentaires

21
Avatar de Joanne-Sue
5 mai 2015 à 15h05
Joanne-Sue
Ah merci, j'allais défendre Niglo aussi, non mais oh
[HASHTAG]#AubeRpz[/HASHTAG]
L'aube c'est la vie !
0
Voir les 21 commentaires

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