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Lovecraft Country : et si le plus gros monstre de la série était le racisme ?

Lovecraft Country est à la fois une lettre d’amour gore aux écrits lovecraftiens et un pamphlet anti-raciste plutôt musclé. Un sans faute pour l’instant !

Rien que son titre laisse songeur.

Lovecraft Country fait directement référence à l’homme qui lui prête son nom : Howard Phillips Lovecraft.

Un pilier de la littérature SF et horrifique qui, quatre-vingt-trois ans après son décès, continue d’influencer les faiseurs de pop culture, parmi lesquels Matt Ruff, dont le roman du même nom a inspiré cette série.

Quand j’entends Lovecraft, je pense monstruosité, insignifiance de l’humain dans l’infinité du cosmos et poésie pessimiste. Autant d’éléments qui caractérisaient déjà le travail d’Edgar Allan Poe, grand précurseur du récit terrifiant.

La monstruosité, voilà d’ailleurs qui est au cœur du concept de Lovecraft Country, la nouvelle série sensation de HBO.

Mais les monstres de la série sont-ils ceux qu’on croit ? L’homme est-il un monstre ou le monstre un homme ?

Lovecraft Country, de quoi ça parle ?

https://www.youtube.com/watch?v=dvamPJp17Ds

Fraichement débarquée sur la plateforme HBO, la nouvelle série des deux géants du divertissement Jordan Peele (Get Out, Us) et J. J. Abrams (Super 8, Westworld), se déroule en 1950 dans une Amérique gangrenée par le racisme.

Atticus Black (Jonathan Majors), un jeune homme de 25 ans, embarque avec son amie Letitia (fantastique Jurnee Smollett-Bell) et son oncle George (Courtney B. Vance) dans un road trip à la recherche de son père disparu à travers des contrées ravagées par la haine et des monstres sortis tout droit de contes fantastiques.

Lovecraft Country, divertissante ET maligne

lovecraft-country

Pour l’instant, seul le pilote est sorti sur OCS.

Il faudra donc attendre quelques semaines pour rendre un verdict plus complet du produit entier. Toutefois, dans ce premier épisode se dessinent déjà les contours d’une série qui a tout compris, ça je peux vous l’affirmer.

Non contente de puiser son inspiration dans un univers symbolique puissant qui satisfera tous les fans de culture SF et horrifique, Lovecraft Country n’a pas oublié d’en avoir dans la tête.

Adaptée du roman du même nom de Matt Ruff, célèbre romancier américain et digne successeur de Lovecraft, la fiction nous plonge dans une Amérique ségrégationniste dont les puissants (les blancs donc) entendent bien le rester.

Et gare à ceux qui entendent ne pas respecter les limites qu’on leur a fixé.

Dans un contexte violent où chaque citoyen noir est menacé de se faire tirer dessus par un flic raciste et abusif si il n’a pas respecté le couvre-feu, Lovecraft Country pose judicieusement son œil sur les ignominies de l’Histoire.

Ainsi, si la série balance des créatures fantastiques à tout va, il y a fort à parier que le pire monstre du programme soit une vraie tare de nos sociétés : le racisme.

Lovecraft Country, un univers visuel plus que satisfaisant

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On en a soupé de la SF aseptisée avec les séries Netflix Lost in Space, Snowpiercer et Altered Carbon. Qu’il est bon alors d’entamer un programme plus ambitieux visuellement, avec des codes empruntés aux classiques de la pop culture et un design de monstre respectant l’imaginaire lovecraftien !

Ici, on est plus proche de l’esthétique de Super 8 et autres Stranger Things — notamment dans l’approche physique du bestiaire — que de la fadeur argentée des séries SF récemment sorties.

Rien d’étonnant à cela d’ailleurs, car ce sont les univers de maître Lovecraft qui ont notamment inspiré Stranger Things, ainsi que nombre de films de Sam Raimi ou John Carpenter et même plusieurs livres de Stephen King !

Lovecraft Country se paye donc sa part de la culture geek, convaincant de fait la plupart des médias pop américains et français.

Hommage passionné à la littérature et au cinéma de genre, il est possible que Lovecraft Country impressionne jusqu’au bout… Au contraire de Westworld qui en a paumé plus d’un, moi incluse, en cours de route.

Et c’est tout ce que je lui souhaite.

À lire aussi : En sexualisant les héroïnes de Mignonnes, Netflix abîme la réputation d’un film important


Et si le film que vous alliez voir ce soir était une bouse ? Chaque semaine, Kalindi Ramphul vous offre son avis sur LE film à voir (ou pas) dans l’émission Le seul avis qui compte.

Les Commentaires

2
Avatar de Leona B.
24 août 2020 à 10h08
Leona B.
@Pelleas Trop bien, ce jeu, une super idée !

J'aime beaucoup quand le fantastique/l'horreur s'attaque à des sujets de société (comme Get Out ou Grave), pas de doute que mon chéri et moi on verra cette série quand elle sortira !
Merci d'avoir relayé, je n'en avais pas entendu parler.
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Voir les 2 commentaires

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