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Cinéma

La Nuit du 12 : enfin un thriller qui pose les bonnes questions sur les féminicides

23 juil 2022 8
Plus qu’une excellente enquête criminelle, La Nuit du 12 est un film radicalement féministe qui mérite toute votre attention. Actuellement au cinéma.

Article publié le 13 juillet 2022

Sorti en salles le mercredi 13 juillet, La Nuit du 12 est un film étonnant, une enquête haletante et surtout, une œuvre féministe d’une radicalité aussi rare que nécessaire.

On vous explique pourquoi il ne faut surtout pas le rater, sans spoiler.

La nuit du 12 : une enquête qui vous surprendra

Dans La Nuit du 12, un féminicide est commis. Un groupe d’hommes de la police judiciaire mène l’enquête pour tenter de percer à jour le mystère de la mort de la jeune Clara. Les interrogatoires se succèdent, les suspects ne manquent pas mais les doutes de Yohan, le policier le plus investi dans l’affaire, ne cessent de grandir.

Le film est réalisé par Dominik Moll, un cinéaste à qui l’on doit le célèbre Harry, un ami qui vous veut du bien et Seules les Bêtes, un long-métrage aussi singulier que palpitant. La nuit du 12 est adapté de 18.3 – une année à la PJ, un livre de Pauline Guéna dans laquelle l’autrice relate un an d’immersion dans les services de la police judiciaire de Versailles.

LA NUIT DU 12 - Bande annonce

Les femmes meurent pendant que les hommes commettent les crimes et les résolvent

À première vue, le scénario de La Nuit du 12 semble cocher toutes les cases du thriller classique. Pourtant, plus le film avance, plus on comprend qu’il nous raconte une chose qu’on n’a pas l’habitude de voir au cinéma ou dans les autres médias. Un sentiment de malaise d’un genre particulier s’installe en nous, au point de nous faire repenser tout ce que l’on est en train de voir sous une nouvelle perspective très inattendueet radicalement féministe.

La nuit du 12 haut et court 1
© Haut et court

Oubliez ces films d’enquête français qui ont pour seul enjeu d’exhiber des crimes sordides et vanter les mérites d’une police irréprochable. Ces films dans lesquels les femmes oscillent entre deux rôles possibles : soit elles sont représentées comme des ombres qui restent dans le hors-champ du foyer familial. Soit elles sont des victimes anonymes et interchangeables, autour desquelles les enquêtes se nouent. La Nuit du 12 rejoue tous ces codes du genre à la perfection, de façon à mieux questionner leur nature profondément machiste.

Par-dessus tout, le film ne se complaît pas dans une fascination pour les policiers ou, pire encore, pour l’assassin. Au contraire. La vraie découverte de cette enquête, c’est l’omniprésence de la violence des hommes. Ces violences dont les femmes sont victimes, et dans lesquelles tous les hommes s’illustrent, d’une façon ou d’une autre. À commencer par ceux qui commettent des féminicides… mais pas que.

la nuit du 12 haut et court
© Haut et court

À lire aussi : La masculinité toxique fait toute la terreur de MEN, nouveau film d’horreur d’Alex Garland

Crédit de l’image à la Une : © Haut et court.

Violences conjugales : les ressources

Si vous ou quelqu’un que vous connaissez est victime de violences conjugales, ou si vous voulez tout simplement vous informer davantage sur le sujet :

Les Commentaires
8

Avatar de Chat-au-Chocolat
25 juillet 2022 à 14h13
Chat-au-Chocolat
J'ai aussi tiqué sur quelques trucs (le côté très très masculin de la PJ, par exemple... mais c'est peut-être un parti pris censé refléter la réalité ? d'autant qu'à la fin la policière nouvellement recrutée dit un truc comme "Contenu caché du spoiler.". Ou le côté très caricatural de certains persos, notamment les hommes soupçonnés d'avoir commis le crime. Mais à part ça, j'ai trouvé que c'était un très bon film, avec un message fort. Je ne pense pas qu'il soit "radicalement féministe", mais féministe, oui, sans doute. Notamment pour la scène où la meilleure amie de la victime dit "vous ne comprenez pas, elle n'a pas été tuée parce qu'elle était une fille facile ou je ne sais pas quoi, mais juste parce qu'elle était une fille". Et pour la dénonciation, en creux, des violences commises par les hommes. Bref, je le recommande à toutes celles qui ne l'ont pas vu.
@Gringo Mais oui, tu as raison pour la cigarette ! A chaque fois que je vais voir un film (surtout français), je roule des yeux parce qu'il y a toujours 40 scènes inutiles où le héros/l'héroïne s'allume une clope. Je n'ai jamais compris : c'est censé être glamour ? Ou véhiculer un message particulier ? Clairement, ça n'a RIEN de nécessaire. Donc oui, quand un film se passe de ce genre d'effets stupides, il faut le souligner !
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Voir les 8 commentaires

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