T’as pas compris la fin de Split ? On t’explique tout !

La fin de Split, le dernier M. Night Shyamalan, t'a laissée sur le carreau ? C'est pas grave, tata Mymy vient tout t'expliquer.

T’as pas compris la fin de Split ? On t’explique tout !

Publié le 27 juin 2017

J’en ai carrément fait tout un article : il vaut mieux voir Split sans rien savoir au sujet du film.

Maintenant que tu l’as vu (J’ESPÈRE BIEN SI TU AS LU JUSQUE LÀ), tu peux aller lire notre critique de Split, découvrir les dessins fabuleux de Karim Friha autour des personnalités de Kevin.

Tu peux aussi regarder notre interview de M. Night Shyamalan, James McAvoy & Anya Taylor-Joy !

La fin de Split, entre émerveillement et incompréhension

La scène finale de Split génère deux émotions différentes selon les gens, que j’illustrerai ici avec des gifs.

Moi à la fin de Split

Les gens qui n’ont pas la ref à la fin de Split

KESSEÇÉ QUE CE CAMÉO DE BROUSSE WILLIS ?

Si tu ne l’as pas pigé, c’est pas grave : la référence date d’il y a longtemps, et si ça se trouve tu ne l’as jamais eue. Laisse-moi t’expliquer.

Split, la suite inattendue d’Incassable

M. Night Shyamalan m’a expliqué le pari fou derrière Split : faire en sorte de montrer aux gens un film qui leur plaira… puis de leur révéler que ce film n’est pas du tout celui qu’ils croyaient regarder.

Clique pour voir son explication !

Eh oui, Split n’est pas juste l’histoire, sortie de nulle part, d’un homme souffrant de trouble dissociatif de l’identité. C’est la suite inattendue d’Incassable, un film de M. Night Shyamalan sorti en 2000.

Dans Incassable, Bruce Willis incarnait David Dunn, improbable survivant d’un grave accident ferroviaire. Au contact du fragile Elijah Price (Samuel L. Jackson), souffrant de la « maladie des os de verre », il découvrait l’étendue de ses capacités…

Incassable était déjà un « film qui n’est pas celui que vous croyez » : d’histoire de vie tragique mâtinée de thriller, il est devenu mon film de super-héros préféré.

Pas de couleurs vives à la Marvel ni de voix rauque à la Batman ici, juste un homme qu’on ne peut pas blesser, et ses capacités à anticiper les crimes.

La fin de Split annonce Incassable 2

La présence de Bruce Willis, dans le rôle de David Dunn (c’est marqué sur sa veste, je n’invente rien), à la fin de Split confirme que les deux films font partie du même univers.

Ils vont donc être liés, surtout au vu du grand succès commercial de Split.

incassable

M. Night Shyamalan a déclaré au Hollywood Reporter :

« [Split] a toujours fait partie de l’univers d’Incassable. Kevin Wendle Crumb était dedans à la base, mais je l’ai retiré du scénario car il déséquilibrait le tout. […]

J’espère faire un film qui combine ces deux longs-métrages. »

Pour garder le secret concernant la fin de Split, il l’a simplement diffusé pendant les projections-test sans la dernière séquence. C’était là tout le but de Shyamalan : que Split soit un film solide avant d’être une suite.

Quant à Samuel L. Jackson, le Mr Glass d’Incassable, il a fait part de sa motivation à reprendre son rôle dans une interview accordée à Collider !

« J’ai reçu un message de M. Night Shyamalan qui me disait de le rappeler, ce que j’ai fait, car dès que j’ai de ses nouvelles j’espère qu’il m’annonce la suite d’Incassable[…]

Il suffit de me tirer de l’hôpital psychiatrique où ils m’ont fait enfermer et c’est parti, voyons voir ce qui va se passer ! »

À la question de savoir s’il est confiant sur la faisabilité de Split 2 / Incassable 2

 « Eh bien il faudrait regarder les recettes du film par rapport à son budget… et au vu du succès de ce film en particulier, je dirais qu’on a nos chances. »

Voilà, tu sais tout. Kevin Wendle Crumb, ou plutôt la Horde formée par ses 24 personnalités, devrait bel et bien affronter le héros David Dunn… avec Mr Glass quelque part dans le décor.

Et ce sera dans Glass, le 16 janvier 2019 au cinéma !

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Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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Commentaires

Mijou

@Mymy Le bouquin - le cas de Billy Miligan en fait ! - est vraiment très intéressant, donc je n'ai pas de mérite. :cretin:

Concernant le parti pris du film, le parallèle avec Joker est effectivement pertinent !
Il traite effectivement la question des troubles psychiatriques du point de vue de la personne qui en souffre, en ouvrant la réflexion... ce que ne fait pas du tout Split.
Là où le bât blesse avec Split, c'est qu'il s'agit d'une personne ayant existé (contrairement au Joker qui est un personnage de fiction). Vendre une oeuvre comme inspirée d'une histoire vraie (car c'est indéniablement un gros argument marketing, surtout dans le domaine de l'horreur ou du thriller = ça fait plus flipper) alors qu'elle prend autant de liberté avec l'existant me met très mal à l'aise. Surtout que le regard porté condamne sans réflexion.

Justement, c'est là tout l'aspect touchy du cas : Billy Miligan a vraiment été très maltraité par les médias (on peut même parler de lynchage dans leur cas), le corps médical ET l'institution judiciaire, ce qui a causé beaucoup de tort à tout le monde, que ce soit à lui-même, à sa famille, et même aux victimes des crimes commis par l'une de ses personnalités, et plus généralement, je pense, aux personnes souffrant de troubles de la personnalité multiple. Même si je pense que l'on peut dire que son cas a finalement fait avancer la psychiatrie dans ce domaine, le déchaînement des médias notamment, et par conséquent la pression qu'a exercé l'opinion publique sur la justice (dans le débat au niveau de sa responsabilité pénale) a clairement mis des bâtons dans les roues des différents thérapeutes qui se sont occupés de Billy Miligan . Et par conséquent, cela a vraiment compromis la prise en charge et le traitement de son trouble.

On ne peut pas changer l'histoire (il est de toute façon décédé en 2014), mais je pense qu'on peut au moins essayer d'atténuer certaines erreurs du passé, ou au moins ne pas les reproduire. Ce qui, je trouve, est quand même pas mal le cas avec ce film où le personnage inspiré de Billy Miligan, ainsi que ses différentes personnalités, sont traitées de façon très manichéenne.
Si je veux pousser le truc, je dirais que le film joue le jeu des médias de l'époque en n'accordant pas à Billy/Kévin toutes les nuances qu'il mérite/ait et en le casant dans la case du Méchant, voire du Monstre. Point Barre.

D'ailleurs la Bête, incarnation du Mal Suprême, censée être la 24ème personnalité, n'existe pas chez Billy Miligan. Sa 24ème personnalité est Le Professeur, une "synthèse" des 23 autres, un intellectuel brillant et suprêmement intelligent, doté d'une mémoire absolue... Bref, tout le contraire de cette Bête. Ce qui change finalement tout le sens du personnage... L'ironie étant que les crimes (enlèvements et viols de 3 jeunes filles, soit l'histoire du film en fait) n'ont pas été commis par une "Bête", mais par... la personnalité Aladana, une jeune fille de 19 ans homosexuelle, en cachette des autres personnalités. Tout de suite beaucoup moins manichéen et hollywoodien...

Pour ceux/celles que ça intéresse mais qui ne peuvent/veulent pas lire le livre, cet article http://brigands.over-blog.com/2017/04/vies-et-mort-de-billy-milligan-l-homme-aux-24-personnalites.html résume assez bien l'histoire et contient une description des personnalités principales de Billy Miligan :
Ce passage (il faut comprendre l'emploi du terme "dinguerie" dans le sens "WTF" :cretin:) résume assez bien ma déception rétroactive devant Split : "le réalisateur a comme à son habitude basculé dans le fantastique et le surnaturel, et c'est en un sens dommage, tant l'intrigue de base est en elle-même surréaliste, quoique réelle : « le vrai peut quelque fois n'être pas vraisemblable », disait déjà Boileau. En ajoutant du surnaturel, j'ai bien peur que ce soit toute l'histoire qui apparaisse pure fiction aux yeux du public, alors que le postulat de départ, bien que d'une totale dinguerie, est bel et bien chose vraie."
 
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