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Grossesse

Dove finance des doulas pour réduire la mortalité maternelle des femmes noires

30 août 2021

La marque de produits d’hygiène et cosmétiques vient de créer un fonds aux États-Unis pour permettre aux personnes noires d’être mieux accompagnées pendant leur accouchement.

Vous connaissez certainement la marque Dove pour ses publicités engagées et body-positive. En 2004, la campagne Real Beauty où des femmes avec des morphologies et des couleurs de peau variées posaient souriantes en sous-vêtements blancs avait notamment frappé les esprits, et fortement impressionné l’adolescente que j’étais et qui croisait le panneau géant sur le chemin du collège.

En 2021, la branche de l’entreprise dédiée aux produits pour bébés, Baby Dove, s’engage pour une nouvelle cause : la santé des mères noires. En partenariat avec le collectif Black Mamas Matter Alliance, la marque a créé un fonds aux États-Unis pour financer des bourses individuelles de 1.300$ permettant aux personnes noires qui attendent un enfant d’être accompagnées par une doula avant, pendant et après leur accouchement.

Les mères noires ont trois fois plus de risques de mourir en couches

Ce fonds n’a pas été créé aux États-Unis pour rien. Le pays compte le plus haut taux de mortalité maternelle dans les pays développés : 700 personnes environ y décèdent chaque année pendant leur grossesse, leur accouchement ou leurs suites de couches.

Et ce sont principalement des femmes noires qui sont concernées. Le risque de mourir en couches est trois fois plus élevé pour les femmes noires aux États-Unis.

La prise en charge du coût d’une doula pour les personnes noires avec peu de moyens financiers est une manière de les aider à être mieux accompagnées lorsqu’elles donnent naissance à un enfant. Tout en étant une bonne opportunité de communication pour Dove qui a lancé une gamme de produits d’hygiène à destination des bébés aux cheveux frisés.

Reste que les doulas ne sont pas des soignantes même si la plupart d’entre elles connaissent bien les processus à l’œuvre pendant la naissance. Elles peuvent effectivement orienter les femmes vers des structures de santé ou servir d’intermédiaire pour les protéger d’éventuelles négligences ou maltraitances médicales. Mais, cela suffira-t-il à réduire le décalage entre les taux de mortalité maternelle ?

L’initiative de la marque a au moins le mérite de mettre en lumière le problème qui devrait être pris au sérieux par les pouvoirs publics : mise à jour de la formation des soignants, réforme du système d’assurance maladie aux États-Unis et du suivi de grossesse, vrai congé maternité, etc.

Et en France, les mères noires sont-elles aussi plus à risque ?

L’initiative de Dove n’est pour l’instant pas accessible en France, où le recours aux services d’une doula est beaucoup moins répandu et où le système de santé est différent (les dépenses médicales liées à la grossesse sont par exemple prises en charge à 100% à partir du 6e mois et jusqu’à douze jours après l’accouchement).

Il n’existe pas non plus de statistiques spécifiques concernant la mortalité maternelle des femmes noires en France. Difficile donc de dire s’il existe un fossé de la même ampleur qu’aux États-Unis, mais plusieurs indices laissent penser qu’il y a aussi un problème au pays de Simone de Beauvoir.

D’abord, plusieurs collectifs et militants, comme le Globule noir, dénoncent depuis plusieurs années le stéréotype raciste du « syndrome méditerranéen » chez les soignants et soignantes pour qui les patients et patientes racisées auraient tendance à se plaindre plus de leur santé que les autres. Or, si ces personnes sont perçues ainsi par les pros de santé, on imagine bien une moins bonne prise en charge des (futures) mères noires, notamment quand elles évoquent des douleurs.

D’autres statistiques de l’Inserm laissent penser que la mortalité maternelle est plus élevée chez les femmes noires en France aussi. La mortalité est en effet 3,4 fois plus élevée dans les départements d’Outre-mer que dans l’Hexagone. De même, les femmes migrantes ont plus de risques de mourir en couches que celles qui sont nées en France.

Autant d’indices qui indiquent que les pouvoirs publics français auraient, eux aussi, tout intérêt à se saisir du sujet.

À lire aussi : Don d’ovocytes : les femmes noires peuvent attendre jusqu’à quatre fois plus longtemps que les blanches

Crédit photo : SHVETS production / Pexels

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