Verbalisées pour des tampons ou une pilule : lâchez-nous l’utérus !


Pendant le confinement, certains et certaines semblent juger que les tampons, serviettes ou autres pilules du lendemain ne sont pas « de première nécessité ». Non mais on est où, là ?

Verbalisées pour des tampons ou une pilule : lâchez-nous l’utérus !@combatsdesfemmes

Il y a des articles qu’on pense ne pas avoir besoin d’écrire.

Il y a des évidences qu’on estime acquises.

Il y a des choses qu’on imagine ne pas avoir à répéter, encore et encore.

Après tout, on est presque à mi-2020. Le monde, la France ont compris que les protections hygiéniques, la contraception, l’IVG, ce ne sont pas des « broutilles », non ?

Que ce sont des éléments indispensables, incontournables et non-négociables de la santé des femmes ?

Eh bien visiblement non. Pas encore. Pas tout à fait.

Alors rappelons quelques évidences.

Les règles, le confinement, et les protections hygiéniques

Comme l’indiquent ces témoignages relayés notamment par ELLE, plusieurs personnes ont été verbalisées ou critiquées par les forces de l’ordre parce qu’elles sortaient, pendant le confinement, pour acheter des protections hygiéniques ou des moyens de contraception.

Verbalisées ou critiquées au motif que ce ne seraient pas des « produits de première nécessité ».

Mais d’où ?! On est où, là ?!

La santé des femmes est « de première nécessité »

Alors c’est ça, même en pleine pandémie, on est censées cacher ce sang, cet utérus que le monde ne saurait voir ?

On est censées éponger nos règles avec de l’essuie-tout ou des feuilles de PQ ? (Bonne idée, tiens, c’est pas comme si ces produits étaient régulièrement en rupture de stock.)

On est censées ne même pas pouvoir compter sur un ou une partenaire de vie, qui sortirait à notre place pour nous éviter le stress d’un supermarché dans lequel on devra parfois attendre longtemps, avec les crampes, avec le sang mal contenu par des protections de fortune, avec la migraine, avec la douleur ?

On est censées tirer les rideaux, éteindre les lumières et passer 5 jours à saigner dans notre baignoire en attendant d’être débarrassées de notre souillure si féminine ?

On est censées ne pas acheter de pilule du lendemain, et prendre le risque d’une grossesse non-désirée à l’heure où de nombreuses femmes ont peur de ne pas avoir accès à l’IVG si elles en ont besoin, vu la sur-sollicitation du personnel soignant ?

Ah non, attendez, on est peut-être censées fermer nos cuisses, c’est ça ? Ne pas partager l’amour et la sexualité qui fait encore plus de bien dans cette période si anxiogène ? Ne pas prendre le moindre risque ?

Mais le risque zéro n’existe pas, et ça, toute femme le sait, dans sa chair, dans son coeur qui accélère au moindre retard de règles, dans son anxiété au moment de guetter le petit « + » tant redouté sur un test de grossesse.

Test que certains, certaines voudraient l’empêcher d’acheter, comme si c’était conseillé de rester confinée sans savoir si un embryon non désiré est en train de croître dans notre corps.

Le risque zéro n’existe pas mais c’est aux femmes qu’on reproche de prendre des risques, encore et toujours, non à leurs partenaires sexuels constamment fertiles, qui après tout auraient pu, eux aussi, faire ceinture, et passer le confinement à se masturber en solo, afin de ne pas prendre « le moindre risque ».

La santé des femmes, qu’elle soit physique ou mentale, menstruelle ou sexuelle, EST « de première nécessité ». Et doit le rester.

Alors laissez-nous acheter nos tampons et nos serviettes, laissez-nous avoir accès à nos moyens de contraception, laissez-nous avoir confiance en la possibilité d’une IVG libre et encadrée, en période de confinement et le reste du temps.

Nous ne laisserons pas une crise sanitaire remettre en question le caractère primordial de notre droit à disposer librement de notre corps, qu’il saigne ou non, qu’il soit fertile ou non.

C’est pas comme si vous aviez envie qu’on vienne saigner dans vos bureaux, sur les chaises de vos commissariats, dans vos lits, c’est pas comme si vous alliez tous l’assumer, derrière, le gosse né de cette grossesse imprévue qui n’a pu être interrompue.

Alors lâchez-nous la chatte.

À lire aussi : J’ai avorté en plein confinement

Comment contester une amende ?

Tu as été verbalisée pendant le confinement et tu estimes que l’amende n’est pas justifiée ? DNA rappelle la marche à suivre, dont je te résume les grandes lignes :

  • Ne payez pas la contravention
  • Remplir la « requête en exonération »
  • Être sûr de son motif de contestation

Et pour finir, un petit rappel :

Mymy Haegel

Mymy Haegel

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle. Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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