Des lycéennes réagissent à l’annonce du bac en contrôle continu

Il y a celles qui sont ravies de s'épargner les révisions, et celles qui ont peur d'avoir de moins bons résultats. Viens lire leurs témoignages !

Des lycéennes réagissent à l’annonce du bac en contrôle continu


What a time to be in high school !

Après l’annonce de la fermeture de tous les établissements scolaires, le confinement, et maintenant, l’annonce que le bac sera validé à 100% par du contrôle continu, tu as dû vivre une année très spéciale si tu es en classe de terminale…

J’ai recueilli pour toi les témoignages de lycéennes qui sont dans le même cas.

Le bac en contrôle continu, cool ou pas cool ?

À travers vos réponses, deux teams semblent émerger : une soulagée de ne pas avoir à passer les épreuves écrites du bac après cette année mouvementée, et une dégoûtée.

J’ai du mal à savoir quelle aurait été ma réaction à ta place…

D’un côté, j’ai eu de meilleures notes et une mention au bac que je n’aurais pas obtenue si seul le contrôle continu avait compté. De plus, les notes obtenues pendant l’année varient d’un lycée à l’autre, alors C’EST UN PEU L’INJUSTICE QUAND MÊME.

Mais d’un autre côté, ne pas passer les épreuves du bac et s’épargner les semaines de révisions qui précèdent, d’autant plus à une période où l’été, les vacances et l’envie de flirter se font sentir, on va pas cracher dessus…

Bon, je ne peux pas revenir en arrière et j’ai eu la chance, ou la malchance, de passer le bac, alors je vous laisse la parole !

Bac en contrôle continu : les élèves soulagés

Vous avez été une majorité à m’avoir partagé votre joie de voir les épreuves du bac annulées.

Le bac en contrôle continu : l’occasion d’avoir des meilleures notes et de s’épargner les semaines de révision !

Maud est ravie  parce qu’elle a eu des bonnes notes en contrôle continu et peut se reposer dessus en s’épargnant les révisions du bac.

Cependant, elle se rend bien compte que d’autres élèves faisaient moins d’efforts qu’elle pendant l’année, car ils comptaient tout donner pour le jour J !

« Je suis en terminale L, et à vrai dire je suis plutôt soulagée ! Pas d’épreuves = pas de stress, pas de grosses révisions, pas d’oraux à préparer.

Après je suis aussi contente parce que j’ai une très bonne moyenne, mais je comprends bien qu’une grande partie des gens comptaient sur les épreuves pour se rattraper… »

Clarisse est en terminale ES et pour elle, le bac de cette année est une aubaine. Elle me confie qu’elle pense potentiellement avoir de meilleures notes grâce au contrôle continu :

« Je m’assure la mention alors qu’en passant le bac j’aurais pu, même en ayant travaillé, rater une ou plusieurs épreuves et donc me retrouver avec des mauvaises notes.

Je m’évite le stress des épreuves et les semaines de révisions. »

Un soulagement grâce au bac en contrôle continu, mais quelques craintes

Alice, de son côté, pense que le gouvernement a pris la bonne décision, mais émet tout de même des petites réserves…

« J’ai peur, si nous retournons en cours, que les profs nous blindent d’évaluations pour qu’on ait davantage de notes, que cela soit insoutenable, et qu’on finisse le lycée surchargés par des contrôles tous les jours… »

Le déroulement des cours post-confinement est encore très incertain, alors ça, seul l’avenir nous le dira !

Espérons que le ministère de l’Education donnera des directives aux professeurs pour que les élèves puissent terminer leur année sereinement.

De son côté, Anaïs est soulagée, mais évoque quand même des craintes sur une potentielle perte de valeur du bac.

« Ça risque d’être difficile de généraliser les notations pour tous les établissements et j’ai peur que ce bac perde de la valeur à cause des événements et des conditions d’obtention des mentions.

Mais beaucoup d’élèves et de profs s’accordent pour dire que le bac n’est pas vraiment important comparé aux affectations Parcoursup car les établissements ne prennent pas en compte les notes au bac dans un premier temps. »

Les formations commencent en effet à étudier les dossiers des élèves avant que tombent les résultats du bac.

Sarah me parle de la situation particulière que traversent les élèves de première, pour lesquels les E3C, les nouvelles épreuves du bac, vont être annulées, mais qui vont passer normalement leur épreuve orale de français si la situation sanitaire le permet :

« Ces mesures sont à la fois bénéfiques et compliquées à gérer.

Mon avis sur le contrôle continu c’est que c’est rassurant dans l’idée où on aura pas à passer les E3C ni le bac écrit de français. […]

Le second point positif, c’est que pour l’oral on a déjà moins de textes et on peut les réviser de chez soi.

Mais les points négatifs sont qu’on va devoir se débrouiller seuls pour l’oral et que ça va être compliqué pour les profs de nous aider en ligne.

Et concernant le contrôle continu… Je regrette de ne pas avoir travaillé pour le premier et le deuxième trimestre.

Je comptais me rattraper avec le troisième mais vu que nos notes pendant le confinement ne comptent pas… »

Bac en contrôle continu : les élèves dégoûtés

Si ne pas passer les épreuves de fin d’année du bac a des avantages indéniables, la nouvelle n’est pas aussi bien prise par tout le monde.

Le bac en contrôle continu, une cause d’inégalités ?

Léa considère qu’un exam 100% en contrôle continu lui fait perdre de la valeur, et que cette façon de passer le bac n’est pas équitable :

« Je trouve qu’avoir un contrôle continu c’est rabaisser notre bac. […] De plus cela ne nous laisse pas l’occasion de rectifier le tir après les DS (devoirs surveillés) et les contrôles de l’année.

Résultat : même si on travaille toute l’année, ça n’est pas ce que l’on a appris ou le fruit de notre progression qui est pris en compte, mais plutôt notre capacité à ne pas faire d’erreurs. Ce qui ne ressemble à aucun autre bac. »

Félicie évoque également une situation compliquée pour celles et ceux qui ont abandonné la spécialité qu’ils avaient choisi pour le bac.

« Plein de mes amis sont dans une situation assez délicate vu qu’ils abandonnent la spécialité dans laquelle ils n’avaient pas des très bonnes notes. »

Bleuenn n’arrive pas à se réjouir de la suppression des épreuves classiques du bac. Elle évoque l’injustice de la notation de certains profs et l’importance de la mention pour elle, qu’elle pense rater à cause du contrôle continu :

« Personnellement je suis dégoûtée.

Mes notes pas mauvaises en première ont chuté notamment grâce à un mauvais prof, celui de physique. J’ai 9 de moyenne alors que je peux largement obtenir treize au bac dans cette matière.

Si j’avais passé le bac j’aurais pu avoir la mention bien et là je sais que je ne peux avoir que la mention assez bien.

Je sais que la mention je changera pas ma vie, mais c’est important pour ma famille et je sens que je vais souffrir de la comparaison avec ma cousine du même âge.

Sans compter les mauvais profs. Il y a ceux qui sont sévères : en ayant 12 en philo, je suis la deuxième meilleure élève d’une classe de 35… »

Bleuenn a également des difficultés à encaisser la nouvelle à cause de la dimension psychologique et symbolique que revêt pour elle le bac, comme elle me le raconte :

« On nous prépare quasiment depuis le collège pour le bac, on en entend parler tous les ans dans l’actualité, par notre entourage.

C’est déstabilisant de se dire qu’on est toute une génération qui ne connaîtra pas cette session d’examen.

D’autant que c’est le premier examen important dans une vie. Ma seule référence de session d’examen aura été le brevet lorsque j’entrerai dans les études supérieures.

Ma dernière année au lycée était importante, cela faisait deux ans que j’étais dans la même classe et garder des souvenirs de mes amis avant de nous éparpiller aux quatre coins de la France était important.

Ces épreuves que je devais passer avec eux étaient des moments importants dans la vie d’une adolescente. »

Ce changement brusque de programme peut être difficile à vivre, et je vous souhaite plein de courage pour la réussite de votre scolarité pendant cette situation exceptionnelle.

Merci pour vos témoignages, et en attendant, voici un article avec des petits tips pour vous aider à travailler malgré le confifi.

Et pour finir, viens-me dire dans quelle team tu es dans les commentaires !

À lire aussi : Allô, j’existe ? Le super projet sur l’adolescence qui a besoin de toi !

Faustine M

Faustine M


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Commentaires

Annalibra

@Annalibra Absolutely no soucis, vraiment. Je pense juste qu'il y a toujours le mythe du " celui qui branle rien et réussis tout par dessus la jambe". J'ai été consideré comme ça pour certains trucs. J'ai des facilités d'apprentissage pour certaines choses , et entre autre, une très bonne oreille. Je suis aussi issue de 2 cultures, dont l'une anglophone. On a toujours consideré pour moi, que c'était parfaitement normal que je réussisse en anglais , que j'étais bilingue, ce genre de truc. Alors que je taffais.
Mais t'as l'image " cool " de l'élève qui branle rien, et a des supers notes, c'est plutôt valorisé, dans le sens ou, il a de bonne notes, donc est intelligent, et comme il ne branle rien, ce n'est pas un "intello", pas un "mouton scolaire" ( des stéréotypes dont je suis absolument contre, qui m'ont pourri aussi) .
Du coup, au final...la majorité de ces "branleurs qui réussissent alors qu'ils foutent rien", en réalité, se camoufle derrière ça. Soit ils travaillent, mais cultivent l'image de " pff j'ai pas travaillé, et j'ai réussis " , soit, t'as tout un mécanisme lié à la facilité du travail, qui entraine peur de l'échec, et donc, l'idée que " si je ne travaille pas, et que je me foire, c'est parce que je n'ai pas travaillé, pas parce que je suis idiot/un echec sur patte, donc je peut l'assumer plus facilement " . On trouve pas mal ce genre de chose, dans ces milieux.

Mais je m'égare
Oui c’est très juste ; c’est aussi pour ça qu’il faut toujours gratter et aller voir derrière les apparences
 

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