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La plus célèbre pick me daronne // Source : Desperate Housewives / Capture d'écran
Daronne

Après les pick me girls, connaissez-vous les pick me daronnes ?

On pourrait penser, vu qu’on est dans le même bateau, que l’on pourrait ne pas se tirer dessus, entre nous. Eh bien non, puisque pour certaines mères, juger l’éducation que d’autres donnent à leurs enfants semble être une seconde nature bien culpabilisante et problématique.

Après les pick me girls, les pick me daronnes. Oui, ce terme n’existe pas encore, mais ce n’est pas grave, on va l’inventer.

Les pick me girls, comme l’expliquait dans une vidéo Maya Boukella, notre journaliste pop culture, est une femme qui veut prouver qu’elle n’est pas « comme toutes les autres » en les rabaissant, et en s’octroyant une personnalité qui n’est pas forcément la sienne, dans le but de correspondre à des clichés patriarcaux. L’objectif ? Qu’elle soit remarquée et choisie par la société masculine.

Mais ne pouvons-nous pas étendre ce concept à celles qui ont des enfants, et qui jugent celles qui sont dans le même cas ?

Les mères sont toujours jugées, et c’est pénible

Les injonctions faites aux femmes sont constantes, on ne le sait que trop. Et les injonctions, quand on devient mères, sont énormes. Allaiter, donner le biberon, acheter tout le matériel et les vêtements de seconde main ou privilégier le neuf, utiliser tel ou tel objet pour s’occuper de son bébé, être pro-couches lavables ou jetables, donner des petits pots maison ou acheter des trucs tout faits, peu importe, on s’en prend toujours plein la tronche, et on est constamment jugées.

Les mères sont considérées, par la société patriarcale, comme responsables de l’éducation qu’elles donnent à leurs enfants, et sont regardées de travers dès que leur môme ne correspond pas à ce qui est attendu de lui. Pas les pères, hein ! Non non, les mères. Rien de nouveau sous le soleil, malheureusement.

Mais ce qui est d’autant plus gênant, outre le fait que toutes ces injonctions soient extrêmement culpabilisantes, c’est lorsque ces dernières viennent directement de celles supposées être dans le même camp, à savoir celles qui ont également des enfants, et qui font bien ce qu’elles peuvent pour garder la tête hors de l’eau.

À lire aussi : Camille Combal serait-il un père comme les autres, c’est-à-dire un mou du bulbe ?

Les pick-me daronnes, elles existent

Vous les connaissez toutes, ces mères. Elles sont celles qui disent : « moi avec mes enfants, je ne fais pas comme ça » ou « il ne faut pas s’étonner que son môme ait ce genre de comportement vu que sa mère ne l’a pas allaité / l’a allaité trop longtemps, le fait dormir dans le lit parental / l’a mis dans sa chambre dès la naissance, ne lui donne à manger que ce qu’il veut / ne le force pas à goûter à tout » et j’en passe.

Dès qu’une mère rencontre des difficultés vis-à-vis de sa maternité et de sa parentalité, ses choix et sa façon de faire sont jugés et pointés du doigt par celles « qui savent mieux », celles qui semblent avoir la science infuse en matière de maternité proximale et autres préceptes plus ou moins à la mode du moment.

À lire aussi : La parentalité positive est-elle vraiment bienveillante ?

Mais pourquoi font-elles cela ? Quel est leur but ? Montrer qu’elles ont réussi, qu’elles y arrivent, qu’elles sont meilleures, qu’elles ont gagné la médaille de la mère qui gère ?

Personne ne peut avoir cette médaille, elle n’existe pas. Aucune mère ne galère pas, à un moment ou à un autre, avec son ou ses enfants. Toutes traversent des moments durs, voire franchement compliqués, toutes se plantent, toutes essayent de faire mieux, toutes vivent des remises en question perpétuelles sur leur façon de faire. Pourtant, elles jugent celles qui passent par les mêmes turbulences, oubliant bien rapidement qu’elles aussi, il leur arrive de pédaler dans la semoule et d’être comme une poule face à un couteau quand elles sont confrontées à leur enfant qui découvre une nouvelle technique pour les rendre chèvres.

Les pick me daronnes, ce fléau du patriarcat

Les pick me daronnes sont, inconsciemment ou non, une pure conséquence du patriarcat : la femme qui se doit d’être mère, la femme qui se doit d’être une BONNE mère, la femme qui sait s’occuper de ses enfants, qui aime le faire et qui le fait bien, parce que c’est la raison de son existence. Un bon gros ramassis de clichés moisis.

Une femme qui est mère et qui galère, qui ne gère pas sur tous les fronts, qui privilégie sa carrière, qui n’a pas le temps de préparer des plats maison, qui ne connait pas tous les courants éducatifs, qui n’est pas comme on l’attend, sera donc jugée, pointée du doigt, et elle ne sera pas « choisie ».

Ces pick me daronnes, elles apparaissent un peu partout, et vous en connaissez sûrement : elles sont nos propres mères parfois, qui disent « qu’avant, on n’en faisait pas tout un plat du post-partum, on faisait avec ». Elles sont la voisine de palier à la retraite qui accepte de garder votre enfant quelques minutes le temps d’aller faire une course en précisant « que ça ne les gêne pas de le garder, au moins comme ça vous avez le temps d’aller acheter de quoi lui faire de bon petit plat pour ce soir, pour changer de ces petits pots immondes ».

Elles sont celles qui vous regardent de travers parce que votre môme mate un dessin animé dans la salle d’attente du pédiatre pour patienter, au lieu de « lire un petit livre en silence ». Elles sont peut-être vous, aussi.

Elles sont celles aussi, croisées à la crèche, effarées parce que vous osez dire que vous ne pratiquez pas le portage ou le cododo avec votre enfant, ou celles qui, à la sortie de l’école, expliquent qu’elles adorent faire partie du conseil des parents d’élèves et qui ne comprennent pas « pourquoi certaines mères ne sont jamais dispo pour les sorties scolaires alors que c’est si important ».

Ce qui est fascinant, c’est qu’elles peuvent être aussi radicalement opposées aux exemples précités : les pick me daronnes peuvent tout aussi bien être celles qui ont une maternité à l’opposé des clichés de la mère dite « parfaite » : elles en rajoutent simplement sur le fait qu’elles sont bien différentes des autres, qu’elles sont absolument relax, totalement chill sur tout ce qui concerne leurs enfants, et que « waw, franchement, faut lâcher du lest hein, c’est pas si compliqué d’avoir des enfants épanouis ». Si, ça l’est.

En prenant ce contrepied, elles essayent simplement de casser la prétendue rigidité de celles qui veulent tout maitriser, en faisant croire qu’elles sont bien à l’opposé de ces schémas, tout en instaurant une nouvelle marche à suivre pour bien réussir sa maternité. Une nouvelle injonction culpabilisante et à l’égard de toutes celles qui ne suivent pas le même chemin, avec jugement.

Ces mères, qui ont besoin de prouver aux yeux des autres qu’elles font leur boulot bien comme il faut, sont pénibles, et elles contribuent à faire peser sur les épaules des autres une pression déjà bien élevée. Quel est le but de tout ça ? Aucun.

Alors oui, on peut penser que personne ne peut s’empêcher de juger les autres, et que ça fait partie de la nature humaine. Vraiment ? Est-ce que, dans le cas de ces pick me daronnes, ce n’est seulement pas encore un énième coup du patriarcat qui veut encore plus nous diviser parce que la sororité les emmerde bien ?

Pourtant, on gagnerait tellement toutes à ne pas se tirer dans les pattes, je vous jure. Encore une fois : à la fin, personne n’a de médaille.


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Les Commentaires

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Avatar de MaiaLea
11 avril 2023 à 11h04
MaiaLea
J'avoue que sur le truc des écrans, je suis la première à juger les mères qui donnent le portable à leur gamin (mais bon à 2 ans, dès le matin, really ?). Et cet article me fait réaliser que c'est mal, d'autant que j'ai pas une expérience de malade de la maternité, puisque ça fait moins de 4 ans que je suis mère et que j'ai que 2 enfants et un mari bien présent.
Sur le reste, je veille bien à m'entourer de personnes non jugeantes. Mes copines et moi sont les premières à se dire qu'on fait CE QU'ON PEUT ! Car après tout, est-ce que tout est histoire de choix ? Je ne crois pas.
Qui n'a pas fait dormir un jour son gamin dans son lit, parce qu'en fait sinon, personne ne dort et que le sommeil, c'est sacré ?
Qui n'a pas acheté une compote industrielle car passer son dimanche après-midi à mixer des pommes du marché, ça va bien 5 minutes ?
Qui a abandonné son allaitement parce qu'après tout, les crevasses aux seins, les nuits de 3H, les fuites et autres joyeusetés, c'est pas sympa ?
Bref, on arrête de juger, on soutient ou on se la ferme. Et j'ai bien une ou deux amies "wondermums" mais en général, il y a toujours un moment ou le bât blesse, et elles sont quand même soutenantes et non jugeantes donc ça reste mes amies.
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