Les femmes peuvent-elles légalement être forcées de travailler en talons ?

Par  |  | 229 Commentaires

À Londres, une jeune femme a été licenciée pour avoir refusé de porter des talons hauts. Elle a porté l'affaire jusqu'aux plus hautes sphères.

Les femmes peuvent-elles légalement être forcées de travailler en talons ?

Mise à jour du 4 mai 2017

Souvenez-vous : en Angleterre, Nicola Thorp a été licenciée car elle ne portait pas de talons. Ce n’était pourtant pas spécifié dans son contrat. (Lire ci-dessous)

Sa pétition à la suite de ce licenciement a été portée jusqu’au Parlement. Résultat…

Oui, on peut légalement obliger les femmes à porter des talons

Ce qui pouvait faire pencher la balance en faveur de Nicola, c’est la loi anti-discrimination interdisant les règlementations moins favorables à un genre qu’à l’autre.

Or, selon le Parlement, il est légitime d’exiger des talons pour les femmes tant qu’on requiert des hommes un degré de sophistication vestimentaire équivalent.

Le problème, c’est qu’une tenue soignée pour un homme est potentiellement inconfortable, rarement dangereuse. Alors qu’une femme montant un escabeau, par exemple, ou portant des charges lourdes en talons risque d’être déséquilibrée.

Cependant, le Telegraph nous apprend que le gouvernement, sans revenir sur cette décision de justice, promet d’apporter des précisions aux entreprises en matière de dress code, afin de respecter la législation anti-discrimination.

À voir ce que donneront ces précisions !

Des nouvelles de Nicola Thorp, licenciée pour avoir refusé de porter des talons

Mise à jour du 16 mars 2017

Elle voulait 100 000 signatures, elle en en a obtenu 150 000.

Nicola Thorp, jeune britannique de 28 ans, avait été licenciée car elle refusait de porter des talons hauts.

Pourtant, selon la loi anti-discrimination de 2010, il est interdit de mettre en place une réglementation qui serait défavorable à l’un des deux genres plus qu’à l’autre.

Grâce au succès de sa pétition, cette femme a obtenu un débat parlementaire. Le Nouvel Obs explique que deux commissions ont mené une enquête sur les codes vestimentaires des entreprises.

Et l’enquête a été un succès car plus de 730 témoignages ont été recueillis rien que la première semaine. Si le gouvernement explique que le fait d’imposer des chaussures à talons aux femmes est illicite, cela reste chose courante dans certaines sociétés.

Porter des talons n’est pourtant pas sans conséquence. Selon le Collège de Podologie interrogé dans le cadre de cette enquête, cela peut causer des troubles articulaires et surtout des douleurs.

Et les chaussures à talons ne sont qu’un élément parmi tous ceux imposés dans certaines entreprises…

Pour l’instant, pas de grands changements donc, si ce n’est que cette affaire a porté ses fruits par le bruit qu’elle a causé.

Aujourd’hui, l’agence pour laquelle travaillait Nicola Thorp a changé son code vestimentaire et n’impose plus de talons aux femmes.

Parfois, ouvrir sa gueule, ça paie.

La pétition de Nicola Thorp avance

Mise à jour du 13 mai 2016

Ça y est, la pétition de Nicola Thorp a dépassé le seuil minimum pour être prise en compte par le Parlement et comptabilise maintenant plus de 125 000 signatures !

Et ce n’est vraiment pas du luxe d’attirer l’attention sur le sujet, puisqu’en parallèle, une maquilleuse canadienne, Nicola Gavins a soulevé un problème similaire à Edmonton (au Canada, donc) :

« Les pieds de mon amie saignaient au point qu’elle a perdu un ongle d’orteil et elle n’avait toujours pas le droit de porter des chaussures plates »

L’occasion, peut-être de profiter de l’attention qu’a généré la mésaventure de Nicola Thorp pour attirer celle des gouvernements et légiférer sur la question une fois pour toutes ?

Une jeune femme licenciée pour avoir refusé de porter des talons

Article initialement publié le 12 mai 2016

Nicola Thorp est une Londonienne de 27 ans qui a plutôt de bonnes idées : en personne futée, elle est allée bosser avec des chaussures plates mais élégantes, rapport que c’est mieux quand on est hôtesse, à piétiner toute la journée.

Sauf qu’en arrivant sur son lieu de travail, chez PwC, personne d’autre n’a eu l’air de penser que c’était une bonne idée. Après lui avoir remis son uniforme, on lui a fait remarquer qu’elle ne pouvait pas porter ces chaussures-là.

À lire aussi : Le code vestimentaire professionnel, entre mystère et sexisme

Quand elle a dit ne pas en avoir d’autres, on lui a gentiment (non) suggéré d’aller acheter des chaussures à talons dans un magasin à proximité puis de revenir travailler.

Quand elle a fait remarquer que ses collègues masculins portaient des chaussures plates, on lui a ri au nez

Nicola a alors souligné le fait que ses collègues masculins, eux, portaient des chaussures plates. La réaction de son interlocuteur ? Rire !

C’est vrai que vouloir travailler dans une tenue au confort suffisant c’est quand même idiot, au moins autant que de réclamer d’être traitée de la même manière que ses homologues masculins

Nicola a donc refusé tout net de porter des talons et a été invitée à rentrer chez elle (sans avoir été ni payée, ça va de soi, hein). À la suite de cette belle journée, elle a raconté sa péripétie sexiste dans une vidéo de la BBC, qui s’est également fendue d’un article : est-ce légal de forcer les femmes à porter des talons hauts pour travailler ?

Un indice sur la réponse à cette question fumante

Mais Nicola Thorp a surtout lancé une pétition pour que le Parlement rende illégal cette exigence des entreprises à ce que leurs employées portent des chaussures à talons. La pétition lancée lundi a déjà recueilli plus de 80 000 signatures : à 100 000, elle sera « prise en considération pour un débat au Parlement ».

De son côté, le porte-parole de PwC a précisé que ce règlement ne venait pas de PwC mais du prestataire auquel l’entreprise fait appel pour ses hôtes et hôtesses d’accueil, Portico. Et Portico de répondre que Nicola Thorp « avait donné son accord pour suivre les indications concernant la tenue vestimentaire, qui sont monnaie courante dans le secteur ».

Le sexisme se porte bien. Belle journée à vous aussi !

big-sexiste-epuise

8 surprises choisies par la rédac
18.90€ + 4€ de livraison

Chloé P.


Tous ses articles

Commentaires
Forum (229) Facebook ()
  • Clemence Bodoc
    Clemence Bodoc, Le 5 mai 2017 à 8h17

    Lowell
    @Chloé P. j'ai un doute sur la syntaxe du titre (de la mise à jour), en revanche le verbe "être" s'écrit toujours "être" sans s.
    OUSPIE :red: merci !! <3

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!