Vos meilleures participations à l’atelier écriture

Les madmoiZelles ont du talent, c’est un fait. Et chaque semaine, elles trouvent le moyen de m’épater un peu plus avec leurs participations à l’atelier écriture ! La semaine dernière je leur ai proposé un thème vraiment difficile, inspiré par le roman La disparition de Georges Perrec. Pour résumer, le but de l’exercice était d’écrire […]

Vos meilleures participations à l’atelier écriture

Les madmoiZelles ont du talent, c’est un fait. Et chaque semaine, elles trouvent le moyen de m’épater un peu plus avec leurs participations à l’atelier écriture !

La semaine dernière je leur ai proposé un thème vraiment difficile, inspiré par le roman La disparition de Georges Perrec. Pour résumer, le but de l’exercice était d’écrire un texte sans utiliser une seule fois la lettre E.

CloWe aurait peut-être dû faire castrer son chat :

Moi j’ai un chat. Pardon, j’avais un chat. Un matou noir, aux longs poils. Il faisait son roi, dans ma maison. Il gambadait, si snobinard… Un vrai pacha ! Il vivait sans aucuns soucis, car moi, j’aimais mon chat. D’un amour fort, pur, profond. Parfois, il grimpait sur moi, faisant l’inquisition d’un bisou. Parfois aussi, il sortait, flânant, chassant. Il rapportait son butin, crânant. Il ronronnait alors, montrant sa satisfaction. Mon chat grimpait, sautait, jouait, oui… Mais surtout, mon chat miaulait…
Oui voilà, j’avais un chat qui miaulait. A tout instant il miaulait. La nuit surtout… Il miaulait trop. Maudit matou bruyant ! Vilain minou ! Fatiguant, lassant… Il miaulait pour tout, trouvant toujours l’occasion d’un « Miaou » angoissant. J’aurai fui, si j’avais pu, mais j’aimais trop mon chat pour ça.

Un soir, il miaula. Fort. Si fort. J’ignorais son bruit. Ma maison brûla. Aujourd’hui mon chat vit. Moi pas.

louna69 venge Jeanne d’Arc et son coeur brisé :

« I’m coming back soon, mon amour, m’a-t-il dit.
– Quand ? dans un mois ? un an ?
– I don’t know, look, I gotta go, ciao ! »
Il prit son pantalon, son t-shirt, puis disparut.
Son nom ? John, mon anglais à moi. Il m’a fait la cour durant trois mois, trois mois si parfaits qu’ils m’ont paru incroyable. Il fut si chamant, un garçon fascinant, viril mais doux, plaisant à voir, un amant tout droit sorti d’un roman. Au bout des trois mois, nous fïmes l’amour; il partit pour mon plus grand chagrin à Birmingham aussitôt. J’avais 17 ans, lui 23.
Cinq ans plus tard, John m’apparut dans un bar. Toujours aussi plaisant à voir, toujours aussi charmant. Connard.
J’offris un scotch au connard; ravi, il m’accompagna jusqu’à mon studio. Là-bas, il bu aussi un scotch. Il paru moins plaisant à voir qu’avant, mais alors pas du tout. « Bah alors, ça va pas, l’anglais ?
– What did you do ? Ahhh !
– Du poison! Hahahaha! à mort l’anglais ! Hahahaha !
– Ahh ! You crazy bit…
Il n’a jamais fini son mot. Il avait qu’à revenir. Connard.

_lilou_ se la joue brigand :

« Trapu. Soif. Parcours si long. Sans bout. Sais plus si ça vaut la consomption. Faim. But si lointain. Ils m’ont occis la main. Ils ont dit fais 100 pas, 1000 fois, back à toi un doigt. Ils ont dit fais 100 pas, 1000 fois, back à toi doigt suivant. Compris ?
Du sang, partout. Oubli. J’ai fait 100 pas, vu un brin à moi. Pourri, ils ont rit. Rompu. Sais plus si l’appât vaut la mouvance du croupion. J’ai fait 100 pas, 1000 fois. Flop total. Tant pis. Sans doigts, ni lois, mourir dans un soupir. »

Et Navajo a fait ce texte pour s’amuser pendant les cours. Là, je dis respect !

Nous trinquions ici, vivants idiots, amusants compagnons. Vois-tu l’avili trottoir qui fut ton futon, futon où tu gisais quand l’amour finissait ? Puants crépis, malodorants lavis, là où tout building fait hangar, là où il n’y a plus d’abri. Ouïs-tu aujourd’hui l’inouï signal annonçant la fin du tout du grand tout ? Moi j’ai fait fi du cri, ça paraissait plus accommodant. J’ai craint la conclusion, priant pour un bis, pour la coda qui nous aurait affranchis, avant l’accord colossal do mi sol, sol mi do. Un insignifiant sursis – prolongation d’un mauvais toc. Alors j’ai couru jusqu’au bourg, loin d’un alarmant ici, m’approchant d’un moins affolant pays, mais toi, mon ami qui n’a pas fui, tu moisis, tu pourris, tu rancis.

Je t’invite également à jeter un coup d’oeil au super projet lancé par les madmoiZelles qui consiste à écrire des lettres (théoriquement une par jour) à une liste de personnes telles que « La personne que vous souhaiteriez être », « Quelqu’un qui a changé votre vie » ou encore « Votre reflet dans le miroir ».

Miss-Dolly, pour sa première participation a décidé d’écrire à la personne qu’elle souhaiterait être :

Mademoiselle Parfaite,

Je me permets de vous écrire cette lettre car il me faut de l’aide et vous êtes sûrement l’unique personne à pouvoir me la fournir.
Je me nomme Incomplète, j’ai 15 ans. Je me débrouille dans pas mal de domaines comme la cuisine, le dessin, le sport, les cours, la musique … mais je n’excelle pas. En fait, je n’ai pas ce plus qui fait qu’on remarque mes travaux. Je ne suis pas celle qui a fait LE gâteau au chocolat à tomber par terre, ni celle qui a fait chanter tout le monde en jouant du piano. On peut aussi le remarquer dans la vie quotidienne : je suis la fille un peu fade, sans grande personnalité. Je n’ai pas droit à ces beaux compliments qui touchent. On ne me remarque pas, tout simplement. Je ne veux pas qu’on crie mon nom partout mais un peu d’attention, ça ne fait pas de mal. Quand il m’arrive de réussir à attirer l’attention, cela ne dure jamais bien longtemps. C’est de ma faute, j’ai tellement peur d’échouer donc j’échoue. Quand il m’arrive d’en parler autour de moi, c’est toujours la même réponse : « personne n’est parfait ». Mais comment peuvent-ils savoir que, parmi les 6.5 milliards de terriens, il n’y a pas un seul être parfait ? Alors, je l’ai cherché. Est-ce vous ? Si oui, je vous envie. Tout le monde parle de vous même si vous êtes inconnue. Je vous en veux parfois, d’être toujours la vedette. A cause de vous on se rabaisse, on se sent mal et incompétent. Oui, je vous en veux. Mais au fond, j’aimerais être vous. Allez, pour m’aider, révélez-moi votre secret . Je veux vous ressembler.

Incomplète.

Le thème de la semaine est L’addiction, si tu souhaites participer à ce thème ou à un thème précédent, tu peux t’inscrire et lire les consignes du forum écriture ! On a hâte de te lire !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Noodle_george
    Noodle_george, Le 20 juillet 2010 à 14h53

    J'aime beaucoup celui de Clowe aussi, j'aime aussi celui de Navajo.
    Mais celui de Louna69 je ne comprends pas, son texte est aussi censé ne pas avoir de "e" ? Car j'en ai compté 4 et ils ne sont pas discrets, alors de l'anglais et en plus un non respect de la règle...

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