« Je sortais avec mon violeur » : l’actrice de Little Miss Sunshine raconte son histoire

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Abigail Breslin explique avoir été violée mais elle n'a pas porté plainte. Dans un post Instagram poignant, elle annonce les raisons qui l'ont poussée à garder le silence.

« Je sortais avec mon violeur » : l’actrice de Little Miss Sunshine raconte son histoire

Abigail Breslin s’est fait connaître en jouant la petite fille de Little Miss Sunshine. Elle est aujourd’hui âgée de 21 ans, et ce n’est pas son actualité cinématographique qui a fait parler d’elle il y a deux semaines.

Le 11 avril, à l’occasion du mois consacré à la lutte contre les violences sexuelles, l’actrice décide de parler ouvertement du fait qu’elle a été violée.

Elle poste sur son compte Instagram une photo où l’on peut lire le message suivant :

i knew my assailant. #SexualAssaultAwarenessMonth #breakthesilence

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« Vous n’avez pas l’obligation d’avoir des relations sexuelles avec la personne qui partage votre vie.

Sortir avec quelqu’un ne veut pas dire consentir.

Se marier avec quelqu’un n’est pas consentir. »

Le commentaire qu’elle écrit à côté de ce texte est sobre mais direct :

« Je connaissais mon agresseur. »

À lire aussi : Je connais un violeur, et vous aussi, sans doute

Quand Abigail Breslin explique les statistiques des viols à ses followers

Suite à cette publication, Abigail reçoit énormément de messages de soutien et d’amour. Elle remercie d’ailleurs ses fans à ce sujet dans une vidéo postée le jour de son anniversaire, le 14 avril dernier.

Neuf jours plus tard, le 23 avril, elle décide de partager un graphique qui explique que sur 1000 viols, 310 sont rapportés à la police et que six affaires seulement mèneront le criminel en prison.

#knowthefacts.

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Et c’est sur cette publication que quelqu’un lui aurait laissé le commentaire ci-dessous :

« Les viols déclarés à la police sont les seuls qui comptent. »

Quand Abigail Breslin se justifie de ne pas avoir dénoncé son violeur

Ce commentaire était peut-être l’œuvre d’un troll, mais l’actrice décide de s’en emparer afin de ne pas laisser passer cette idée reçue.

Elle explique dans un nouveau post pourquoi elle n’a pas parlé de son viol plus tôt et pourquoi elle n’a pas porté plainte.

*trigger warning⚠️*

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« Je n’ai pas porté plainte suite à mon viol pour plusieurs raisons.

La première, c’est que j’étais choquée et dans le déni le plus total. Je ne voulais pas me voir comme une victime alors j’ai efface ce souvenir et fait comme s’il ne s’était jamais rien passé.

La deuxième, c’est que je sortais avec mon violeur, et que j’avais peur de ne pas être crue. J’avais aussi peur que mon cas ne mène à rien. Alors mon agresseur pourrait me retrouver et me faire encore plus de mal.

Enfin, je savais que ça ferait beaucoup de mal à ma famille et à mes amis d’apprendre que j’ai été victime d’un viol. Je ne voulais pas leur faire vivre ça. »

À lire aussi : La sidération psychique en cas d’agression sexuelle décryptée

Sur une deuxième photo (présente sur le même post), Abigail Breslin explique qu’on lui a diagnostiqué un état de stress post-traumatique il y a un an et demi.

Si elle va mieux depuis, elle continue à faire des cauchemars et à ne pas supporter qu’une personne la touche sans prévenir.

« Dire que les seuls viols qui comptent sont ceux contre lesquels on a porté plainte laisse penser que les victimes de viols qui n’ont pas parlé de ce qu’elles ont vécu n’ont aucune importance.

C’est injuste, faux, et ça n’aide en aucun cas. (…)

Les viols qui n’ont pas été signalés à la police comptent. Ceux qui l’ont été comptent aussi. Fin de l’histoire. »

Un message qui devient rapidement viral à en croire les nombreux articles qui sont sortis à ce sujet, comme celui de Buzzfeed.

Parler d’un viol n’est pas toujours aisé

Il n’est pas toujours possible de prouver qu’un viol a été commis. Notamment en l’absence de preuves matérielles, lorsque c’est la parole de l’un contre celle de l’autre, ce qui est souvent le cas quand il s’agit de viol conjugal, c’est-à-dire de viol au sein d’une relation de couple.

Il faut dire que les idées reçues sur le viol ont la vie dure.

En mars 2016, l’association Mémoire Traumatique et victimologie révélait dans une étude que de nombreux préjugés sexistes validant des agressions sexuelles étaient toujours très actuels.

On y lisait par exemple cette idée préoccupante : pour un•e Français•e sur cinq, beaucoup de femmes qui disent non à une proposition… voudraient en fait dire oui.

Ce genre de propos est du même acabit que le commentaire qui a poussé Abigail Breslin à témoigner publiquement de son viol, à faire de la pédagogie autour du consentement.

Ils démontrent que la route est encore longue pour faire reculer les violences sexuelles dans la société, tant les notions de consentement et de viol sont mal enseignées donc mal comprises.

À lire aussi : Culture du viol, consentement et « zone grise »


Anouk Perry

Anouk est rédactrice Sexe, Société et Feel Good ! Sa devise dans la vie ? YOLO. Si elle a l'air d'avoir un balai dans le cul, ne vous inquiétez pas. Il s'agit en fait d'un aspirateur.

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Voici le dernier commentaire
  • Mariche
    Mariche, Le 29 avril 2017 à 15h27

    Erreur pour la première réponse...
    J'ai tenu à m'inscrire spécifiquement pour réagir à cet article. Je souhaitais vous dire merci, merci de l'avoir publié. J'ai été agressé sexuellement en 2009 et je suis sorti par la suite avec mon agresseur. Un vrai enfer cet relation. Il me dénigrait tout le temps. Je n'ai pas réussi à comprendre pourquoi je n'avais pas fui ce garçon. Je n'avais pas porté plainte car nos familles se connaissaient et ne voulais pas faire souffrir ma famille comme Abigail. Ça fait du bien de savoir que d'autres personnes ont connu ces situations, cela me réconcilie avec moi-même. Se dire en quelque sorte "je ne suis pas folle".

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