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Une personne enroulée dans un drapeau lgbt aux couleurs de l'arc-en-ciel // Source : alessandrobiascioli
Sexo

Je suis asexuelle, et j’aimerais bien qu’on me foute la paix

La journée mondiale de l’asexualité se tient le 6 avril 2023. Pour l’occasion, voici le témoignage de Mélissa qui se sent beaucoup plus épanouie depuis qu’elle a compris être asexuelle. Le seul hic ? Le regard et le jugement des autres.

Je me suis toujours sentie différente ; d’abord pour être restée longtemps sans petit ami, ensuite parce que j’étais obligée de me forcer pour aller les voir.

Je pensais n’être, comme on me l’avait souvent dit, « sortie qu’avec des cons » ! J’arrivais même à m’en convaincre alors qu’ils n’avaient jamais rien fait de mal…

Et puis un jour, je suis sortie avec un garçon très gentil. Il était parfait.

Une relation de couple… qui bloque

Sauf que j’avais beau me sentir mieux avec ce garçon qu’avec les précédents, les questions qui m’avaient fait rompre avec les autres repassaient de nouveau dans ma tête…

Pourquoi est-ce que je l’aimais uniquement loin de moi ? Pourquoi je ne supportais pas ses mains sur mes hanches ? Pourquoi je n’avais l’impression de ne faire plaisir qu’à lui quand on faisait l’amour ? Pourquoi je me sentais sale après alors que je ne faisais rien de mal ? Pourquoi je n’étais pas intéressée par les discussions sur le sexe avec mes copines ? Pourquoi je n’avais pas envie de griffer le dos de Ryan Gosling mais plutôt d’aller manger une glace avec lui ?

Le mot est apparu : j’étais asexuelle. Ce fut comme une libération !

Je ne comprenais pas. J’ai beaucoup souffert et beaucoup fait souffrir mon compagnon qui ne savait plus quoi faire pour que je ressente quelque chose. J’en étais arrivée à un point où je pensais à me casser un bras ou une jambe pour finir à l’hôpital afin d’éviter d’aller chez lui… Ce qui n’empêchait pas le fait que j’aimais passer du temps avec lui — juste pas dans son lit.

D’ailleurs j’ai réalisé que jusque-là j’étais toujours tombée amoureuse de garçons inaccessibles… comme si inconsciemment mon corps ne voulait qu’être proche de la personne sans avoir une relation amoureuse avec !

Alors je me suis mise à faire des recherches, à regarder des vidéos YouTube et même à faire tout un tas de tests débiles. Je suis notamment tombée sur le site Avencette vidéo ou encore celle-ci (en anglais).

Le mot est apparu : j’étais asexuelle. Ce fut comme une libération ! Je n’étais plus une fille bizarre incapable de ressentir des choses, je pouvais enfin ranger mon orientation sexuelle dans une petit case (parce que malheureusement, il y en a encore !).

L’asexualité, qu’est-ce que c’est ?

J’avais enfin compris qui j’étais, tous ces « pourquoi ? » avaient disparu et tout semblait enfin faire sens. J’ai pu comprendre cet aspect de moi.

J’ai compris que ça serait plus dur que je ne le croyais.[/quote]Je ne ressens pas d’attirance sexuelle pour quiconque : je ne fais pas ça pour une croyance ou une religion, et je ne considère même pas « faire » quelque chose. C’est juste moi — ou du moins une partie de moi.

La beauté ou l’attirance que je peux éprouver pour quelqu’un ne passe pas par son corps : c’est uniquement sa façon de penser et d’être qui est « séduisante ».

J’ai compris pourquoi un garçon qui au premier abord me plaisait et avec qui je sortais devenait un fardeau voire une angoisse quand il s’agissait d’aller chez lui, dans sa chambre. Je n’étais pas « tombée que sur des connards », je n’étais pas « coincée ». Je n’ai pas eu de mauvaises expériences, ni d’enfance difficile ou de parents abusifs comme on a pu me le demander.

Je sais que ça paraît fou, mais je n’ai simplement pas besoin de sexe. Je dirais même plus : je n’aime pas ça. Vous n’aimez pas brocolis ? Eh bien, je n’aime pas « faire crac-crac » comme dirait ma petite sœur (je n’ai pas de petite sœur, c’est un prétexte pour utiliser cette expression).

Pratique, me direz-vous peut-être ! Et bien pas tant que ça dans une société hyper-sexualisée… et dans le couple.

Quand j’en ai parlé à mon copain en espérant avoir un peu de soutien, je me suis tout de suite rendu compte qu’on a plus de mal à trouver quelqu’un quand on est asexuel•le… Il m’a rétorqué « il y a sûrement un traitement pour ça, ça se soigne ! » et même un « tu pourrais faire un effort ! ». J’ai compris que ça serait plus dur que je ne le croyais.

Notre relation n’a pas duré, mais je ne l’ai pas regretté : je suis fière de ce que je suis et en accord avec moi-même.

Vivre en harmonie avec son asexualité

Cela fait maintenant deux ans que j’ai enfin percé l’abcès. Aujourd’hui j’ai 21 ans et j’ai beaucoup plus confiance en moi. J’ai même rencontré un asexuel australien avec qui j’ai fait un super road-trip en Europe. Il m’a beaucoup aidée à m’accepter et c’est un de mes meilleurs amis.

Je n’ai jamais été aussi épanouie que depuis que j’assume mon asexualité. Tous mes amis sont au courant, même quelques membres de ma famille, et je compte continuer à en parler pour faire connaître cette non-sexualité qui existe bien.

Je m’amuse ! Je n’ai jamais autant voyagé et fait de choses totalement folles !
J’ai beau être bien avec cette dernière, des amis continuent cependant à vouloir « m’aider », me faire rencontrer des garçons, me faire porter des décolletés parce que « tu es trop bien foutue, regarde moi cette grosse poitrine ! » « c’est du gâchis ce sac à patate ! » « mets-toi en avant ! » « pourquoi es-tu si frigide ? Éclate-toi, tu es jeune ! »…

Mais je m’amuse ! Je n’ai jamais autant voyagé et fait de choses totalement folles ! On n’a juste pas la même conception de « s’éclater ».

Je m’étais cachée toute ma jeune vie sous des vêtements amples pour ne pas attirer le regard des hommes, mais j’ai appris à porter ce que j’aime sans penser aux autres, j’ai fait beaucoup de progrès. Et je sais que je ne veux attirer personne qui n’est pas asexuel, encore moins le séduire : j’aimerais trouver quelqu’un comme moi.

J’ai l’intention de parler de cet aspect de moi à chaque nouvelle personne qui entre dans ma vie : je veux que les gens sachent ce qu’est l’asexualité parce que c’est une part de moi. Je suis née comme ça et je suis bien dans ma peau depuis que je me suis comprise.

Qu’on m’aime comme je suis

Mais tout le monde ne veut pas le comprendre, et j’aimerais qu’ils soient plus tolérants… Que les gens comme mes amis arrêtent de vouloir « le meilleur » alors qu’ils ne prennent pas en compte ce qui rend réellement heureux les autres. J’aimerais qu’ils s’informent, ou du moins qu’ils soient plus ouverts d’esprit.

Ils ne se rendent pas compte qu’en essayant de donner leur avis, ils ne m’aident pas. J’aimerais qu’ils arrêtent de vouloir me caser avec le premier venu car je « dois être triste toute seule ».

Aujourd’hui, j’aimerais qu’on arrête d’essayer de me changer et qu’on m’aime comme je suis.

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Les Commentaires

32
Avatar de christhall
6 octobre 2017 à 16h10
christhall
Merci GabyMoose, je vais voir ça =)
2
Voir les 32 commentaires

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