La solitude, à la fois l’amie et l’ennemie des madmoiZelles

La solitude, est-ce une amie ? Une ennemie ? Fait-elle du mal ou du bien ? Mymy vous a posé ces questions et vous avez eu beaucoup de choses à répondre !

La solitude, à la fois l’amie et l’ennemie des madmoiZelles

La solitude, est-ce une problématique qui touche les jeunes ? Quand je pense « isolement », je pense surtout à des personnes âgées, à des mères célibataires, à des gens en situation de handicap et/ou de précarité.

Une enquête de 2017 estimait que seulement 6% des 15-30 ans n’ont aucun « réseau de sociabilité » (famille, amis, collègues, camarades de classe) et 12% n’en ont qu’un.

Pourtant, quand j’ai demandé sur l’Instagram de madmoiZelle si vous estimiez que la solitude est un sujet qui concerne les 18-25 ans, 92% des réponses, soit 1664 personnes, disaient « oui ».

Du coup… parlons-en !

La solitude VS se sentir seule

Il me semble important de définir les termes, notamment de tracer une ligne entre « être seule » et « se sentir seule ».

Être seule, ce n’est pas connoté négativement ni positivement, ça peut même être très agréable ! Se sentir seule, c’est ressentir un sentiment d’isolement, et ça peut être douloureux.

Il n’y a pas besoin d’être seule pour se sentir seule, d’ailleurs. Vous avez été nombreuses, sur Instagram, à rappeler qu’« on peut se sentir seule même au milieu d’une foule ».

L’enquête de 2017 par la Fondation de France, citée plus haut, appuie ce point :

« Un jeune peut être sans réseau et ne pas se sentir seul.

En effet, les plus fragiles (isolés ou socialement vulnérables) ne se sentent pas beaucoup plus seuls que les autres : 28% éprouvent régulièrement un sentiment de solitude (vs 24% pour l’ensemble des 15-30 ans). »

Dans cet article, je parlerai de ces deux facettes : la solitude et le sentiment d’isolement, qui ne vont pas toujours de pair.

Les causes de la solitude chez les jeunes

Qu’est-ce qui peut mener une personne ayant environ la vingtaine à se retrouver seule ? Principalement la vie étudiante et professionnelle.

Après le bac, on part, on quitte sa bande de potes ou ses amies de longue date, pour se retrouver parfois très loin, sans forcément arriver à nouer de nouvelles relations.

Si les études sont prenantes, si on doit bosser à côté ou bachoter tous les soirs, il est difficile d’entretenir une vie sociale ou même de la créer.

Cassandre, community manager chez madmoiZelle, témoigne :

« On est une génération plus mobile que jamais. On se réinvente constamment : nouvelles études, nouveaux jobs, nouvelles villes…

Et donc nouveaux cercles ? Nouveaux potes ?

Pas forcément, car s’il peut être facile de quitter une ville ou une situation, c’est plus dur de quitter les gens qu’on aime.

À 23 ans, j’ai vécu dans 5 villes et 2 pays. J’ai des amis et de la famille de partout, donc forcément des moments où je suis seule car mes potes sont ailleurs.

Je n’ai jamais 100% des êtres que j’aime avec moi. »

Quand la différence crée la solitude

Sur Instagram, beaucoup d’entre vous m’ont expliqué que votre sentiment de solitude venait aussi de votre décalage avec les autres.

Vous êtes nombreux et nombreuses à vous sentir à part, incomprises, à avoir peur d’ennuyer les autres si vous leur parlez de vous…

Si tu te reconnais là-dedans, ça tombe bien, je t’ai écrit il y a quelques mois : Personne ne t’aime vraiment ? Tes potes t’ignorent ? T’es paumée ? Cet article est pour toi.

Il peut y avoir des causes précises à ce sentiment d’isolement, par exemple une méfiance née du harcèlement scolaire, une neuroatypie comme l’autisme, une phobie sociale…

Je tiens à rappeler qu’aller voir un ou une psy n’est en aucun cas une honte et peut aider à reconstruire un rapport sain aux autres !

La solitude me fait peur

Alix, de madmoiZelle, est plutôt dans une dynamique de rejet quand il s’agit de la solitude :

« La solitude c’est, je pense, ma pire angoisse. Je déteste être seule avec mes pensées parce que ça devient vite déprimant et je tourne complètement parano.

Je déteste vivre seule, alors quand je suis partie de chez mes parents où le bruit régnait en maître, j’ai pris un chat pour me tenir compagnie et lui raconter mes journées.

J’aime avoir mon espace personnel, passer des soirées seules devant Netflix me ressource, mais si je passe un week-end sans voir personne, c’est une spirale infernale et j’ai l’impression que le monde entier me déteste. »

Comment ne pas saturer des autres, sans se noyer dans ses propres larmes de seum parce qu’on n’a pas vu âme qui vive depuis 48h ? Alix a la solution !

« Vivre en coloc avec mes meilleurs potes en ayant ma chambre SÉPARÉE ! »

La solitude et la pression sociale

L’enquête de la Fondation de France indiquait que :

« 52% des jeunes estiment « honteux » de ne pas avoir d’amis. […]

Le manque de confiance s’exprime aussi vis-à-vis des autres. Ils s’estiment en décalage avec les gens de leur âge : seulement 35% d’entre eux se sentent à l’aise (vs 52% pour les 15-30 ans). […]

La fragilité sociale va de pair avec un sentiment d’inutilité : 60% des jeunes vulnérables se sentent inutiles (vs 51% des 15-30 ans). »

Vous avez aussi été un bon nombre à me dire qu’Internet et les réseaux sociaux mettent en avant le fait d’avoir un groupe social, même si c’est superficiel, même si on ne montre que le bon côté des choses.

Dans la vidéo ci-dessus, un youtubeur se retire des réseaux sociaux pendant 30 jours.

Selon lui, nous essayons de combler notre « appétit » social via les applis, alors que ces interactions sont bien moins enrichissantes qu’un moment passé IRL avec d’autres gens.

La vraie connexion humaine dont nous avons besoin ne pourrait pas se faire avec des 0 et des 1, mais bien avec la voix, le toucher, bref : le lien physique.

Parfois, avoir une vie sociale, ça devient une obligation. L’une d’entre vous m’a écrit sur Instagram que :

« Il FAUT avoir des amis, c’est impossible d’échapper à ce diktat. »

Dès le collège voire la primaire, j’entendais « sans-amis » comme une insulte (souvent dirigée envers moi — j’étais très timide, intello et peu sociable).

Pourtant, il existe des gens qui s’épanouissent dans la solitude, mais socialement ça reste compliqué à assumer. Encore un diktat duquel s’affranchir : si tu es bien toute seule, eh bah… kiffe, et nique les rageux !

Moi, j’aime la solitude

Je te le disais plus haut : être seule, ça peut être très agréable, voire nécessaire.

Mélody, graphiste chez madmoiZelle, se livre :

« On peut aimer être seule, apprécier sa propre compagnie sans avoir besoin forcément d’un autre être humain pour se sentir bien.

Perso, je chéris ces espaces de solitude : je me sens plus « libre », j’ai le temps de faire un peu d’introspection, d’écrire dans mon carnet, marcher dans Paris…

Ce sont des périodes de « self-care » dont j’ai besoin et qui me permettent d’apprécier d’autant plus les moments où je suis avec d’autres gens ! »

Beaucoup de réponses sur Instagram considéraient qu’il est indispensable, vital d’avoir des bulles de solitude pour se recentrer sur soi, s’écouter et s’analyser oklm.

Se connaître et apprécier sa propre compagnie, c’est indispensable pour grandir : comment devenir une adulte épanouie si on ne sait même pas vraiment qui on est, une fois à l’abri des regards ?

La solitude pour mieux choisir son entourage

Ces moments de solitude peuvent aussi permettre de prendre du recul sur nos relations et ce qu’elles nous apportent.

Ne serait-il pas temps de te détacher de tes parents ? Ne serais-tu pas à la frontière d’une relation toxique ? Une rupture amicale ne serait-elle pas à considérer ?

Comme dit le dicton, « mieux vaut être seule que mal accompagnée ». Bonne nouvelle, prendre le temps d’être seule peut t’aider à ne pas être mal accompagnée !

La solitude n’est pas une fatalité

Si, comme Alix, tu pètes un boulard dès que tu n’as personne à qui causer, il existe certains tips pour apprendre à aimer la solitude.

Comment apprendre à aimer la solitude ?

Tu peux par exemple te mettre à la méditation, qui te guidera dans tes pensées via des chemins balisés et des exercices de respiration.

Tu peux aussi faire des activités en solo, que ce soit chez toi (sport en intérieur, tricot, cuisine…) ou dehors (aller au cinéma toute seule, voir une expo, voyager seule…) !

Un carnet à couvrir de tes pensées peut t’aider à ne pas tourner en rond et à te libérer de tes préoccupations, comme une Pensine mais en moins BG, tu vois l’idée.

Comment sortir de la solitude ?

Si à l’inverse tu en as soupé de la solitude et que tu aimerais bien avoir des potes maintenant, rien n’est perdu, rassure-toi.

Se faire des amis à l’âge adulte, c’est un peu moins évident qu’au lycée mais c’est loin d’être insurmontable !

Les associations étudiantes, les clubs de sport, les groupes de loisirs comme le jeu de rôles grandeur nature ou les bars à jeux de société, le bénévolat sont autant de moyens de rencontrer des gens en-dehors de ton cercle habituel.

Sur Internet aussi, tu peux nouer de vraies amitiés… sur le forum madmoiZelle par exemple, de belles histoires sont nées !

Cette solitude, est-elle réelle ou ressentie ?

Je me permets de finir avec un conseil : demande-toi si tu es vraiment seule, ou si un petit effort pourrait te permettre de créer du lien.

Pendant longtemps, j’ai annulé mes sorties, raccroché dès que mon téléphone sonnait, ghosté des potes et laissé des gens en « vu »… tout en chouinant parce que ouin ouin personne ne m’aime.

Mon tempérament d’oursonne était tout simplement la zone de confort dans laquelle je me prélassais, et il a suffi que je me sorte un peu les doigts pour me rappeler du nombre de gens disponibles en un ou deux messages.

Mathilde, de madmoiZelle, s’est longtemps définie comme solitaire, mais aujourd’hui elle m’explique :

« J’ai pris le pli de faire l’effort de nouer et nourrir de nouvelles relations avec les gens que j’apprécie.

J’ai pas envie de rester à déprimer parce que je me sens seule alors qu’il y a plein de gens chouettes pas très loin et joignables facilement ! »

Big up Mathilde, c’est cool d’avoir un tel recul sur soi-même !

Voilà pour ce tour d’horizon de la solitude, de ses multiples facettes, de ses bons comme ces mauvais côtés.

De quel côté de la Force te situes-tu, toi ? Être seule, c’est un kif ou une souffrance ?

À lire aussi : Comment sortir de la solitude, grâce aux conseils d’un adorable vieil homme

Mymy

Mymy

Mymy est la rédactrice en chef de madmoiZelle et gère la rubrique masculinité (dont fait partie son podcast, The Boys Club). Elle est aussi dans la Brigade du Kif du super podcast Laisse-Moi Kiffer. Elle aime : avoir des opinions, les gens respectueux, et les spätzle.

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