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Féminisme

Le parlement européen défend l’IVG (et met les conservateurs en PLS)

Un rapport adopté jeudi 24 juin par les députés et députées européennes rappelle que les droits sexuels et reproductifs (contraception, IVG, etc) sont des droits humains fondamentaux. N’en déplaise aux conservateurs à Malte, en Pologne ou ailleurs…

On n’a pas souvent des bonnes nouvelles féministes à se mettre sous la dent. Alors, quand le Parlement européen adopte un rapport qui déclare que l’accès à l’Interruption Volontaire de Grossesse (IVG) est un droit humain fondamental, on ne boude pas notre plaisir !

Après une campagne d’intimidation des députés socialistes et démocrates qui portaient le rapport (à base d’envoi de fœtus en plastique et de mails les comparant à Hitler), le texte — non contraignant, hélas — a été adopté jeudi 24 juin avec 378 voix pour, 255 contre et 42 abstentions, à l’issue de vifs débats.

L’accès à l’IVG est un droit fondamental dans l’Union européenne

Le rapport rappelle que le droit à la santé et en particulier à la santé sexuelle et reproductive est un pilier fondamental des droits des femmes et de l’égalité entre les genres.

Sans les citer, le rapport cible de fait deux pays de l’Union européenne, dans lesquels le droit à l’IVG est très limité. En Pologne, l’IVG est autorisée uniquement en cas de viol ou de menace pour la vie de la mère, et elle est totalement interdite à Malte (même si des cliniques privées le pratiquent sous le manteau).

Pour le Parlement, ces lois très restrictives forcent les femmes à recourir à des avortements clandestins ou à mener leur grossesse à terme contre leur gré, constituant une violation des droits humains. Les députés et députées invitent donc instamment tous les États membres à garantir un accès universel à un avortement sûr et légal, et à assurer que l’avortement sur demande soit légal au début de la grossesse, et en cas de besoin, au-delà, si la santé de la personne enceinte est en danger.

Le texte adopté par le Parlement déclare également que les violations en matière de santé et de droits sexuels et reproductifs constituent une forme de violence à l’égard des femmes et des filles, et entravent la réalisation de progrès en matière d’égalité des genres. Il s’alarme ainsi que la pandémie ait pu compliquer, voire empêcher l’accès à la contraception et à l’IVG eu Europe.

La clause de conscience met en danger les femmes

Le dispositif de la « clause de conscience », qui permet aux médecins de ne pas pratiquer d’IVG en invoquant des valeurs ou croyances personnelles est aussi pointé du doigt par le rapport. Refuser de pratiquer une IVG « pour des raisons religieuses ou de conscience met en danger les vies des femmes et leurs droits », précise le texte.

Parmi les autres prises de position intéressantes du texte, on retrouve la volonté de donner accès à une gamme de méthodes et de produits contraceptifs de qualité et accessibles, ainsi que de fournir des conseils en matière de planification familiale et de contraception.

Le rapport demande aussi aux États membres de faire en sorte qu’une éducation sexuelle complète soit dispensée aux enfants de l’enseignement primaire et secondaire, afin de contribuer à réduire de manière significative les violences et le harcèlement sexuel.

Enfin, les députés et députées européennes ont reconnu que les produits d’hygiène menstruelle étaient des produits de base essentiels, sur lesquels des taux de TVA réduits (ou à 0%) devaient s’appliquer. Le Parlement demande aussi aux États membres de s’attaquer à la précarité menstruelle en veillant à mettre des produits d’hygiène féminine gratuits à la disposition de toute personne qui en a besoin.

Merci au Parlement européen pour cette collection de prises de position courageuses qui vont mettre du baume au cœur de toutes les féministes européennes.

À lire aussi : Pourquoi l’allongement du délai légal de l’IVG bloque en France

Les Commentaires
3

Avatar de Cilijoya
25 juin 2021 à 10h47
Cilijoya
Bonne nouvelle ! Le symbole est important.

Sur la question de la clause de conscience, je suis très contente qu'ielles se positionnent. Y'a encore pas si longtemps que ça, dans mon coin il fallait faire plus de 60 bornes pour trouver un·e praticienne pour les IVG car entre le désert médical, la difficulté de recrutement de l'hôpital du coin pour remplacer un gynéco parti en retraite et les autres gynécos de l'hôpital qui opposaient leur clause de conscience, c'était une belle galère ! Même si concrètement cette prise de position ne va peut-être pas changer grand chose, si elle peut aider à une prise de conscience sur les difficultés que ça engendre, c'est un premier pas.
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Voir les 3 commentaires

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