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Société

Nouvelle offensive contre le droit à l’avortement en Pologne

Le parlement polonais va de nouveau examiner avec attention un texte visant à restreindre le droit à l’avortement.

— Les photos ont été prises par la photographe Gabrielle Malewski, devant l’ambassade de Pologne en France, lors d’une manifestation de soutien.

Mise à jour du 12 janvier 2018 – Un peu plus d’un an après la victoire des femmes polonaises contre un projet qui visait à interdire l’avortement dans leur pays, le combat reprend.

Elles doivent en effet faire face à de nouvelles tentatives de restreindre ce droit.

Le répit aura été de courte durée – si tant est qu’on puisse considérer qu’il y en ait un, au vu de la régression continue des droits sexuels et reproductifs dans ce pays.

À lire aussi : IVG, contraception : les droits sexuels et reproductifs des femmes reculent en Europe

Sébastien Krebs faisait le point sur la situation ce 11 janvier dans Les chroniques du Monde, sur Europe 1 :

Pologne : le gouvernement repart en guerre contre l'avortement

Comme le précise France Info, une nouvelle proposition de loi va être examinée en commission au Parlement polonais, après avoir été débattue dans un contexte tendu.

Le texte, d’initiative populaire, a reçu le soutien de 800 000 signataires et a été déposé par un comité d’associations anti-avortement. Il vise à interdire « l’avortement eugénique », c’est à dire celui qui permet d’avorter lorsqu’on observe une malformation du fœtus.

La quasi-totalité des avortements pratiqués en Pologne entrent dans cette catégorie, et cela reviendrait donc à une interdiction quasi-totale de l’avortement : seuls les avortements en cas de viol, d’inceste ou de danger pour la vie de la mère pourraient encore être pratiqués.

Mise à jour du 6 octobre 2016 — Victoire !!! Le parlement polonais a rejeté le projet d’interdiction de l’IVG par 352 voix contre, 58 pour et 18 abstentions.

Tout n’est pas rose puisque l’accès à l’IVG reste extrêmement restreint en Pologne, mais cette victoire montre au moins que la mobilisation citoyenne paie et qu’il est vital de ne pas relâcher notre vigilance. Les droits qu’on imagine acquis peuvent être mis en danger, et c’est à nous de les protéger.

Mise à jour du 5 octobre 2016 (par Esther) —  À la suite de la mobilisation massive des femmes polonaises, le gouvernement serait en train de faire marche arrière sur le projet d’interdiction de l’IVG auquel il avait apporté son soutien dans un premier temps.

Le Ministre des Sciences et de l’Éducation Supérieure, Jaroslaw Gowin, a déclaré aujourd’hui que cette impressionnante mobilisation « les avait fait réfléchir et leur avait donné une leçon d’humilité. » Une réaction honorable du gouvernement polonais, à l’écoute de sa population malgré le fait que cette victoire des polonaises soit à relativiser.

En effet, la législation en vigueur jusqu’ici n’est pas beaucoup plus permissive : l’avortement n’est autorisé qu’en cas de viol, d’inceste, de risque pour la vie de la mère ou de grave pathologie de l’embryon.

Pour les polonaises, le combat continue.

Article initialement publié le 4 octobre 2016 — Après le scandale en Espagne l’an dernier, les droits des femmes risquent à nouveau d’être bafoués en Europe. Suite à la proposition d’associations catholiques ultra-conservatrices, le droit à l’avortement est sur le point d’être extrêmement restreint en Pologne. Un nouveau projet de loi doit être voté par les député•es, interdisant l’avortement sauf s’il met en danger la vie de la mère.

Le projet de loi prévoit des peines de prison de cinq ans pour les femmes qui avorteraient ET pour les médecins qui effectueraient l’opération. Imaginez : vous venez de subir un avortement clandestin, et en plus vous finissez en prison. Super la journée.

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Un droit à l’avortement déjà restrictif

La Pologne est déjà l’un des pays les plus sévères en matière de droit à l’avortement. La loi polonaise autorise l’avortement dans trois cas : le viol ou l’inceste, la mise en danger de la vie de la femme enceinte, ou de graves pathologies du fœtus. En clair, si une femme décide d’avorter parce qu’elle considère qu’elle ne veut pas avoir d’enfant, elle n’en aura pas le droit.

D’ailleurs, selon une étude CBOS datant de mai dernier, 80% des Polonais•es sont contre l’avortement en cas de situation matérielle difficile, ou simplement par volonté de ne pas avoir d’enfant.

C’est déjà inacceptable en soi mais si le projet de loi passe, les femmes polonaises ne pourront même pas avorter si elles ont été violées. Qu’on recule sur des droits fondamentaux, en Europe, en 2016, c’est tout bonnement incroyable. Beaucoup de femmes ont décidé de montrer leur fureur en organisant hier une journée de mobilisation nationale.

Sur Facebook, 117 000 personnes ont déclaré qu’elles participaient à la mobilisation. La Pologne n’est pas un pays où on fait beaucoup grève : de fait, beaucoup de femmes ont posé un jour de congé. Quand à celles qui n’ont pas pu se déplacer, elles se sont habillées en noir en signe de protestation.

Ce projet, il ne vient pas de nulle part : l’Église catholique en Pologne est très puissante et peut tenter d’imposer ce genre d’obligations liberticides et archaïques. De plus, le pays souffre d’une baisse démographique alarmante. en interdisant l’avortement, le but serait d’augmenter le nombre de naissance et donc faire face à ce problème.

L’interdiction de l’IVG n’est pas une solution

Sauf qu’on est d’accord qu’interdire l’avortement n’engendrera pas plus de naissances, mais simplement plus de situations à risque. Les femmes se retrouveront à avorter clandestinement, donc dans des situations sanitaires toutes relatives. Ce sera d’autant plus compliqué que les médecins risqueront eux aussi d’aller en prison.

Et pour celles qui en ont les moyens, le tourisme médical est déjà une pratique courante.

Le projet de loi scandalise évidemment au-delà des frontières polonaises. En France par exemple, une manifestation a eu lieu dimanche devant l’ambassade du pays. Une mobilisation modeste mais très symbolique.

manifambassade

« Pro-vie », quel mensonge : vous vous en fichez quand les femmes meurent

La légitimité de la parole des femmes

Vous pensiez qu’interdire l’avortement était suffisamment rétrograde ? Ce n’est pas fini : même la prise de parole des femmes est remise en question. Le ministre des affaires étrangère Witold Waszczykowski, interrogé sur la mobilisation des femmes, il a répondu « Qu’elles s’amusent ! »…

Suite aux protestations, un nouveau projet de loi a été proposé, autorisant l’avortement en cas de viol, d’inceste et en cas de risque pour la vie de la femme enceinte. En revanche, il ne serait pas autorisé en cas de pathologie constatée du foetus.

Et une femme souhaitant avorter parce qu’elle n’a pas les moyens ou pas l’envie d’avoir un enfant n’en aura toujours pas la possibilité.

À lire aussi : Quand les anti-choix instrumentalisent la trisomie 21

Les Commentaires
19

Avatar de Melle Sosostris
8 octobre 2016 à 23h33
Melle Sosostris
On peut ne pas vouloir être mère aussi

Oui Bien sur . Moi je ne veux pas d enfants. Je parles en regle generale.
1
Voir les 19 commentaires

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