La honte d’acheter trop de fringues se répand, et ça a un nom !

Alors que l'urgence écologique s'intensifie, la honte d'acheter grossit. Cette culpabilité est maintenant définie par un terme suédois : le « köpskam ».

La honte d’acheter trop de fringues se répand, et ça a un nom !@bruce mars/Unsplash

La Suède, pays de Greta Thunberg, était déjà à l’origine du néologisme « flygskam », qui définit la honte de prendre l’avion.

Le pays qui a supprimé la Fashion Week de Stockholm en raison de son mauvais bilan carbone a depuis donné un nom à la honte d’acheter : le « köpskam .

Le « köpskam », la honte de consommer

Avec l’urgence climatique actuelle, de plus en plus de gens revoient leurs comportements et leurs modes de consommation en général.

Récemment par exemple, beaucoup sont celles et ceux qui ce sont mis à boycotter l’avion par souci écologique.

La mode est l’une des industries les plus polluantes de la planète, et la fast-fashion est critiquée depuis longtemps.

Un nouveau terme a vu le jour pour qualifier la culpabilité ressentie par certaines personnes après une séance de shopping. Il concerne particulièrement l’achat de vêtements.

C’est le « köpskam », un concept suédois qui d’après le HuffPost définit la « honte d’acheter ».

Le terme « köpskam » est plus précisément utilisé pour évoquer la culpabilité qui découle de : « l’absence de responsabilité écologique des gens lorsqu’ils achètent des quantités excessives de vêtements ».

La fast-fashion, une industrie polluante

Comme le rappelle Gent Side, l’industrie de la mode est à l’origine de 20% des eaux usées mondiales et de 10% des émissions de carbone.

D’après un rapport de l’ONU, il faudrait également 7500 litres d’eau pour faire un jean, soit l’équivalent de ce que boit goulûment un être humain pendant sept ans.

Pour couronner le tout, sur les 80 milliards d’habits produits par an, plusieurs millions de tonnes finissent dans les décharges.

Cela est en partie dû à la multitude de collections qui sortent par an et au fait que beaucoup de vêtements ne se recyclent pas ; ils sont donc jetés au bout de quelques mois de vie.

L’urgence écologique et l’essor des friperies

Aujourd’hui, il est de plus en plus commun de faire les friperies.

L’observatoire économique de la Fédération française du prêt-à-porter féminin a déclaré que le marché de seconde main s’élevait à un milliard d’euros en 2018 dans l’Hexagone.

Il y aurait également un tiers des consommateurs qui affirment avoir acheté des vêtements d’occasion sur des e-shop spécialisés tels que Vinted, rappelle le HuffPost.

C’est ainsi que les soldes sont de plus en plus menacés et que davantage de marques de fast-fashion mettent la clef sous la porte.

Cependant, l’industrie n’est pas exactement en train de s’éteindre….

Lors du Black Friday ou des soldes, des foules énormes de gens continuent à se ruer dans les magasins pour profiter des promos.

La différence, c’est que ce n’est plus fait en toute insouciance. Une culpabilité s’est installée. Le « köpskam ».

Le fait qu’un terme existe pour définir ce concept est selon moi déjà une avancée. Les humains commencent à se rendre compte que la surconsommation pose de sérieux problèmes !

L’avènement des friperies montre que cela va même plus loin qu’une prise de conscience. Les gens n’ont pas seulement honte, ils font plus attention.

Vaincre le « köpskam » ou la « honte d’acheter »

Je ne vais pas t’expliquer comment ignorer l’urgence écologique et t’encourager à acheter sans compter, bien évidemment.

Il peut sembler étrange de lire cet article, écrit de la main d’une rédactrice mode, sur la rubrique mode d’un magazine.

Si tu es familière avec la mode sur madmoiZelle, tu as surement déjà lu les mots que je m’apprête à écrire. Je tiens à radoter.

Car très souvent dans la vie, tout n’est pas tout blanc ni tout noir et il faut apporter de la nuance.

Nos article parlent de marques de fast-fashion, comme tu le sais. Ce qui ne veut pas dire que tu DOIS consommer ce type de produits !

Parfois, tu ne trouves pas ton bonheur en friperies. Les propositions des sélections shopping ne sont pas là pour que tu achètes tout, mais pour que tu trouves peut-être LA pièce que tu cherchais depuis moult lunes ?

Et puis ça peut aussi tout simplement te servir d’inspiration !

Ce n’est pas parce qu’une nouvelle collection sort toutes les deux semaines que tu dois suivre le mouvement.

Il y a aussi le souci de l’inclusivité. Si tu t’habilles dans la catégorie « grande taille », tu risques d’avoir un petit peu de mal à trouver ton bonheur chez les marques éthiques, et parfois même en friperies.

La mode éthique est un domaine qui commence à peine à se développer et ne propose pas toujours une grande variété… Alors qu’en face, certaines marques de fast-fashion offrent de larges panels de taille.

Tu peux faire attention à ta consommation de fringues toute l’année, mais si tu as grandement besoin d’une pièce précise, tu la trouveras peut-être dans l’une de mes sélections shopping.

Consommer la mode consciemment, c’est possible ?

Voici comment personnellement, je consomme la mode, en tant que passionnée.

Cela fait plusieurs années que je me fournis majoritairement en friperies. Mais je ne le nie pas, il m’arrive encore d’acheter en fast-fashion, quand je flash sur quelque chose en particulier ou que j’ai envie d’une pièce que je ne trouve pas ailleurs.

Pour moi, il y a une différence entre faire du shopping toutes les semaines sans réfléchir, et tous les quelques mois sans en abuser.

Bref, se saper consciemment et éviter d’acheter sur un coup de tête, c’est possible. Je t’ai d’ailleurs concocté une vidéo sur comment faire son shopping intelligemment !

Je suis peut-être biaisée sur le sujet, j’en suis évidemment consciente.

Mais à dire vrai, je suis plutôt convaincue par mon fonctionnement, et assez sereine vis-à-vis de ma consommation de fringues !

Le jugement émis envers celles qui font les soldes

J’aimerais profiter de cet article pour partager quelque chose qui me turlupine.

Certes, quand tu vis bien, que tu as tout ce qu’il faut pour vivre dans le confort, il peut paraître déraisonnable de passer tes samedis à faire les soldes et à te battre pour la dernière promo.

En revanche, selon moi, le cliché des personnes qui se ruent dans les boutiques à l’ouverture du Black Friday et s’arrachent les articles des mains est très probablement à reconsidérer.

Dans le lot, il y a sûrement des personnes qui vivent dans la précarité, ça me paraît assez évident.

Certaines personnes n’achètent peut-être rien de toute l’année, et attendent les soldes pour pouvoir s’offrir des choses dont elles ont besoin.

Tout ça pour dire qu’il n’est pas toujours bon de généraliser, selon moi.

Quand tu vois un groupe de personnes sortir d’un centre commercial les mains pleines de sacs, voici ce que tu peux faire avant de juger (et je me compte dedans, car j’ai aussi besoin de m’en rappeler)…

Dis-toi que certains d’entre eux sont végétariens, ne prennent plus l’avion, n’ont pas acheté de bouteilles en plastiques depuis cinq ans, sont engagés dans toutes sortes d’associations, ont adoptés 3 chiens en refuge, etc.

En fait, tu ne sais jamais ce qu’il se passe dans la vie d’autrui et que tu ne peux pas le deviner à son aspect : cet iPhone dernier cri est peut-être un cadeau, ce manteau de luxe chiné en friperie !

Car finalement, il faut choisir ses combats. Mais développer cette précédente phrase serait dériver vers un autre sujet d’article qui me trotte d’ailleurs également en tête.

Quel est ton rapport avec ta consommation de vêtements ? Te sens-tu concernée par le « köpskam » ?

À lire aussi : Les avancées de la mode en 2019 : écologie, body-positive, unisexe…

Carotte

Carotte

Carotte est rédactrice Mode. Elle aime tout ce qui est les chiots, les graines et l'automne. C'est aussi elle qui écrit cette description à la troisième personne.

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Commentaires

abou333

C'est drôle, parce que je viens justement de faire une petite commande de vêtements et j'ai ressenti le köpskam avant de savoir que ça avait un nom! Mais sérieusement, je sais que c'est une chose que j'ai à améliorer, mais à ma défense, j'ai pris un peu de poids cette dernière année et des vêtements que j'adorais me serrent maintenant les fesses et les cuisses, et comme je suis juste entre les tailles standards et les tailles plus, je trouve pas mon bonheur partout en terme de bas. C'est bien vrai, dès qu'on tend à habiller un peu plus grand, c'est compliqué, et sincèrement, oui je peux trouver des trucs dans ma ville, qui pourtant ne compte pas beaucoup de magasins, mais toujours est-il que parce que je porte du US14, je devrais me contenter de jeans ou pantalons qui font, mais mal coupés et qui ne me vont pas bien? Alors je commande en ligne. Je ne me souviens plus d'un pantalon que j'aurais acheté en magasin. Alors ceci dit, en friperie, c'est la galère pour les pantalons et ça l'était même quand je portais du US12, c'est pas faute d'avoir essayé! Mais ce n'est pas une excuse de ne pas réessayer les friperies pour les tops et les jupes dont les tailles et les coupes sont plus flexibles.

D'un côté, j'aime les nouvelles fringues, et de l'autre, je peux user à la cordes certains vêtements que je vais porter tout le temps et que je ne voudrai pas jeter même une fois complètement usés. J'ai une jupe achetée justement en friperie pour 3$, que j'ai portée pendant 6 ou 7 ans, jusqu'à ce qu'elle commence à faire des mini trous par usure, ou un t-shirt hoodie que je porte depuis encore plus longtemps, et qu'on commence à voir au travers!

Comme l'article le dit, ce n'est pas d'arrêter complètement les achats de fast fashion, mais d'essayer d'abord des alternatives plus éthiques, avant de se dire qu'on va acheter du neuf, peut-être en ligne, peut-être du fast fashion. Ça fait réfléchir. Parce que bien que certains de mes derniers achats étaient des jeans et pantalons dont j'avais besoin pour cause de fesses qui ont grossi (et que j'ai du mal à trouver autrement qu'en ligne), j'ai aussi acheté des t-shirts et autres morceaux dont je n'avais pas réellement besoin...
 

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