Je recommence à tenir un journal intime à 22 ans

Après être retombée sur les mémoires de son adolescence, Philou a décidé du haut de ses vingt-deux ans de se remettre à tenir un journal initime.

Je recommence à tenir un journal intime à 22 ans

Il y a quelques temps, pendant le confinement, alors que j’étais en proie à une terrible insomnie, mon esprit a décidé de s’octroyer une petite balade dans les méandres de ma mémoire et a fait remonté le souvenir d’une de mes premières relations amoureuses au lycée.

À ce souvenir s’est ajouté celui, plus précis, d’une lettre que j’avais écrite à ce fameux ex.

Curieuse mais surtout heureuse de m’extirper de l’attente sans fin du sommeil, j’ai allumé toutes les lumières de ma chambre et suis partie à la recherche de ladite lettre.

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Les boîtes à souvenirs

Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours chéri les souvenirs, aussi infimes soient-ils.

À tel point que j’ai en ma possession quatre énormes boîtes de souvenirs (une primaire, une collège, une lycée et une post-bac) dans lesquelles je stocke depuis des années un peu tout et n’importe quoi.

Du ticket de cinéma d’un film que j’ai vu 5 fois au billet du train qui m’avait menée pour la première fois chez mon premier amour, aux lettres que j’ai reçues et écrites à Pierre, Paul ou Jacques, rien ne me met plus en joie que de me replonger dans ces souvenirs à intervalles plus ou moins réguliers.

Cela faisait des années que je n’avais pas ouvert ces boîtes et partir à la recherche de cette lettre m’a fait retomber sur des éléments de mon passé qui avaient complètement failli à ma mémoire.

Mais le clou de cette échappée belle dans les souvenirs a été de retomber sur mon journal intime tenu entre mes 12 et mes 16 ans.

Mon journal intime

Commencé au début de mon année de cinquième, mon journal a recueilli mes pensées et états d’âme de pré-ado, notamment mes histoires de cœur qui me semblent si innocentes avec du recul.

J’y ai couché mes premiers chagrins d’amour, mes premiers questionnements quant aux relations amoureuses et les relire m’a émue autant que fait rire aux larmes.

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Après une pause d’un an (mon année de troisième), j’avais repris mon journal lors de ma quinzième année et y avais raconté ma première relation sérieuse d’adolescente.

Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est la façon dont j’avais écrit à l’époque. Je m’adressais à la moi du futur, déclarant parfois :

« Tu dois sûrement rire en lisant cela, mais ne sois pas trop dure avec moi. Car toi tu as grandi, mais je te rappelle qu’au moment où j’écris cela, ça compte beaucoup pour moi ! »

How cute, right??

Le récit de mon année de seconde

Le récit de mes journées de seconde m’était coooomplètement sorti de la tête et le relire m’a remis en mémoire des événements que j’avais totalement oubliés.

J’ai dévoré les dizaines de pages de journal d’une traite, trop excitée à l’idée de me replonger dans cette période quand, au moment de lire le récit d’une soirée (que j’ai encore en mémoire six ans après tant elle avait été importante pour moi à cette époque), le journal s’est brusquement arrêté.

Je n’avais jamais fini d’écrire et avais laissé mon journal dans un coin jusqu’à cette fameuse nuit d’insomnie.

Non, mais je ne te raconte pas la frustration ! Presque digne d’un cliffhanger de fin de saison de ma série pref !

Même si je me souviens de la majorité des événements de cette année-là, qui avaient été particulièrement marquants pour l’ado que j’étais, je crevais d’envie de lire la moi de quinze/seize ans qui racontait ce qu’elle vivait avec sa plume innocente, ses fautes d’orthographe et son authenticité.

Ma décision de reprendre un journal intime à 22 ans

Le lendemain de cette fameuse nuit, après avoir raccroché avec ma meilleure amie de l’époque pour lui faire la lecture de l’année que j’avais partagée avec elle, je me suis mise à réfléchir.

Et si je reprenais un journal aujourd’hui pour raconter ce que j’ai vécu ces derniers mois pour pouvoir m’en souvenir dans quelques années ?

Car c’est vraiment cela que j’ai aimé : la possibilité de revivre un moment en partie effacé de ma mémoire grâce à un récit à chaud.

Je le répète, j’adore, J’ADORE les souvenirs et me remémorer les moments qui ont filé.

Mais plus que de chérir les souvenirs, je dois avouer que je crains particulièrement l’oubli. J’ai peur que le temps efface de ma mémoire des choses que je voudrais me rappeler toute ma vie.

J’aime la possibilité de regarder de nouveau un événement avec mes yeux de jeune fille qui a grandi.

J’aime me souvenir de la personne que j’étais et de la façon dont elle vivait, voyait et ressentait les choses.

J’aime aussi la possibilité de recul que me permet le fait d’écrire ce que j’ai sur le cœur et l’exutoire que devient mon journal. C’est très libérateur.

Bilan deux mois après avoir recommencé un journal intime

Voilà bientôt deux mois que j’ai repris l’écriture de mon journal, dans le même carnet aux couvertures épaisses arborant des papillons pastel.

J’y narre les événements récents que je juge dignes d’intérêt, comment je les vis et comment je les envisage.

J’ai repris le concept instauré par la moi de quinze ans qui consiste à s’adresser à la moi du futur.

Je m’adresse à elle comme si je parlais à une amie, lui faisant des private joke que moi seule peux comprendre et lui posant même parfois des questions.

Tu te souviens de ça ? Je suis sûre que oui, c’est trop ouf pour que tu l’aies oublié.

Tiens d’ailleurs, je me demande si tu es toujours en lien avec cette personne. Est-ce qu’elle tape toujours des actions aussi chelou ?

Je ne sais pas combien de temps je vais tenir mais j’espère longtemps cette fois, même si je n’écris pas à intervalles très réguliers.

Je marque des pauses d’écriture de plusieurs dizaines de jours parfois et passe ensuite des heures à tout rattraper quand j’en ai le temps et l’envie. Et je n’ai aucun regret quant au temps que j’y consacre !

Car je meurs toute simplement d’impatience de relire ces mois de ma vie (dont les semaines confinées chez moi) quand je les aurai en partie oubliés dans quelques années !

Est-ce que toi aussi tu pourrais te laisser tenter par le fait de reprendre un journal intime à l’âge adulte ?

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Philippine M.

Philippine M.


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Commentaires

Libellule dansante

J'ai commencé à écrire un journal quand j'avais 8 ans et je n'ai jamais arrété... Quand j'étais enfant je n'écrivais pas très régulièrement, depuis quelques années j'ecris au moins une fois par mois, plutôt 2 ou 3 en général. Il ne s'est pas passé plua de 3 mois sans que j'écrive depuis que j'ai 12 ans.
C'est au point que j'ai l'impression que les choses ne sont pas pleinement vécues si je ne les ai pas écrites (même très brievement) dans mon journal.
J'ecris souvent de façon factuelle, mais je cherche aussi à noter l'évolution de mon rapport à moi, aux autres, aux choses, les émotions que j'ai pu ressentir lors d'un événement, mon etat moral du moment...

En tout cas ça fait du bien de lire des témoignages de gens qui relisent leur journal, j'aime beaucoup le faire mais je me sens très égocentrique quand je le fais :red: Mais j'ai l'impression que ça m'aide vraiment à me construire, voir "d'où je viens" pas seulement avec mes souvenirs.
 

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