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J’ai testé pour vous : avoir des enfants et un job à plein temps

Comment font les mères qui travaillent à plein temps et qui ont des enfants ? Chloé, notre rédactrice pleine d’humour, nous file quelques pistes (non).

Quand je suis devenue mère, j’ai eu envie de continuer à travailler à plein temps. Je me disais : c’est facile, ils iront à la crèche ou à l’école pendant la semaine et moi, je bosserai, basta tutti.

Autant vous dire que je me fourrais le doigt dans l’œil jusqu’au coude et les obstacles de la petite enfance qui se dressent entre ma carrière et moi sont nombreux. Pour mon plus grand épanouissement personnel. Non.

Obstacle #1 : la fatigue et la gueule de bois en toute sobriété

Les enfants sont réputés pour ne pas trop vouloir dormir. Cette réputation est amplement méritée. Je pense que personne ne réalise à quel point, avant d’y être directement confronté. Vous vous souvenez quand on allait bosser après s’être collé une cuite monumentale entre collègues la veille ? Et qu’on avait envie de crever, mais que quand même, on avait bien rigolé ? 

La maternité, c’est tout pareil. La seule différence, c’est que je n’ai pas passé ma fin de soirée enfermée dans le placard à fournitures avec Jean-Baptiste, le béarnais ténébreux du service contentieux. 

Et que le seul qui a rigolé cette nuit, c’est mon fils, un insomniaque mélomane qui a passé un long moment à hululer des chansonnettes issues de son répertoire personnel. 

Heureusement, certaines choses ne changent jamais : par exemple, j’ai toujours autant envie de crever après une nuit blanche et je sens que je ne vais rien foutre aujourd’hui.

Obstacle #2 : les virus, ces chiens de la casse

Je suis extrêmement surprise que notre espèce ait perduré à travers des siècles dépourvus d’antibiotiques. L’enfant humain est fragile. Par exemple, l’autre jour, j’ai pris le train avec mon fils. 

En 1822, la petite escapade l’aurait expédié direct au royaume de Dieu. En admettant qu’à l’époque, il y ait eu des trains et surtout cette saloperie d’air conditionné. Mais comme on est 200 ans plus tard, ça s’est juste fini avec de l’Augmentin que l’enfant nous crache systématiquement à la tronche, inconscient de la précarité de son pronostic vital. Et bien entendu une éviction de la crèche. 

On a l’habitude, la semaine dernière, c’est ma fille qui n’a pas eu le droit d’aller à l’école. En cause ? Une bactérie contagieuse, que l’on trouve initialement dans le conduit nasal, mais qui a réussi à infecter son menton. 

C’est compliqué. La semaine d’avant, mon fils avait décidé de sortir 6 dents d’un coup et comme ça, on remonte jusqu’en janvier 2018. D’ailleurs, je vais devoir interrompre la rédaction de cette chronique, car je dois aller chercher en urgence mon dernier né dont l’oreille coule abondamment.

Obstacle #3 : la maîtresse n’est pas surhumaine

Me revoilà, une semaine, une otite et une bronchite familiale plus tard. Reprenons.
Sur le plan personnel, je n’ai rien à reprocher à la maîtresse. 

Au contraire, c’est une sainte : elle arrive à canaliser 20 gosses fous furieux alors que moi, même deux, j’en ai un qui finit systématiquement par boulotter toute la pâte à modeler de l’autre avant de se faire frapper violemment pour de sombres histoires de loi du Talion. 

Le problème, c’est que si la maîtresse est une sainte, elle n’en reste pas moins une humaine qui fréquente quotidiennement 20 sacs à germes morveux. Autant vous dire que même avec un système immunitaire en titane, cette pauvre institutrice n’a aucune chance. 

Conséquences, ce n’est pas parce que pour une fois dans toute notre histoire familiale, personne n’est malade, que ma fille pourra aller à l’école. Et moi travailler.

Obstacle #4 : Mon mari dont le travail est essentiel à la survie de l’humanité

Relents de société patriarcale, j’ai toujours rêvé d’être la compagne d’un homme brillant. Un éminent scientifique qui travaillerait sans relâche pour régler la question du réchauffement climatique, un leader mondial expert dans le démantèlement de conflits armés, en bref un homme qui exercerait un métier indispensable à la survie du monde tout entier. 

Et c’est ce qui m’est arrivé ! Du moins si j’en crois les excuses de monsieur papa qui m’assure qu’il ne peut pas du tout prendre sa journée pour gérer les enfants. S’il ne va pas au bureau aujourd’hui, ses clients devront attendre 24 heures supplémentaires avant de pouvoir commander leur stock annuel de fournitures de bureau. 

Et ça, c’est tout bonnement impossible. Alors que moi, je suis en télétravail, donc je peux les surveiller d’un œil pendant que je bosse, non ?

Obstacle #5 : Mon télétravail et le pétage de boulon subséquent

Si j’en crois mon feed Instagram, en tant que mamoune je suis une super-héroïne, car je suis capable de gérer plein de choses de front. Je préférerais être une femme normale qu’on laisse travailler en paix. 

D’ailleurs, je jure sur la tête de mon engeance que si j’entends encore une fois le générique de Macha and the bear alors que j’essaye juste de finir ma phrase depuis 2 heures, je vais tuer quelqu’un. Probablement ce pauvre ours.

Résultat des courses, l’ours est mort, mais ma phrase n’est pas toujours pas finie à 17 heures.
Alors que le professeur émérite ès éponges pour tableau blanc débarque dans le salon, je lui jette l’enfant du jour. 

Déjà épuisée, j’entame ma deuxième journée qui ne s’achèvera qu’à 23 heures sur un article finalisé, mais médiocre, qui me fait me penser que l’envol de mon avenir professionnel n’est pas encore pour cette année.

Bon courage les mamounes. Force et courage.

Crédit photo image de une : cofotoisme pour Getty Images

À lire aussi : Le débat féministe du moment : faut-il allonger le congé maternité ?

Les Commentaires
3

Avatar de Liligreen
7 juin 2022 à 13h43
Liligreen
A quel moment c'est acceptable que ce ne soit jamais le papa qui s'y colle à garder les enfants malades? Je ne vois pas comment on peut télétravailler et garder des enfants en bas âge sans sacrifier son boulot (à la rigueur pourquoi pas), le bien-être de ses enfants ou sa santé mentale...
1
Voir les 3 commentaires

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