J’ai survécu à cinq mois de nuit en Finlande

Philou a vécu pendant presque un an en Finlande. Elle te raconte comment elle a survécu à la nuit sans fin pendant l'hiver nordique.

J’ai survécu à cinq mois de nuit en FinlandeVincent Guth sur Unsplash

Pour ma troisième année d’études, j’ai fait le choix de partir étudier pendant une année scolaire en Finlande.

Dès l’instant, où j’ai parlé de cette décision à mes proches, j’ai ressenti leur perplexité.

« Pourquoi la Finlande ? Tu vas te cailler, en plus il fait nuit tout le temps ! »

Et oui, en effet, je me suis caillée les fesses, et la nuit a été très présente pendant tout mon séjour, mais ça a été de loin la plus belle expérience de ma vie.

Pourquoi la Finlande ?

Si je devais t’expliquer mon choix de destination, je te dirais que je voulais terriblement partir dans un pays (européen puisqu’il s’agissait d’Erasmus) qui m’offrirait une expérience aussi éloignée que possible de ma vie en France.

Alors au moment de prendre une décision, mon choix s’est très naturellement porté sur la Finlande.

Il s’agissait d’un pays dont je ne connaissais rien et qui pourtant me fascinait.

Ce froid, ces paysages, cette culture… Tout me plaisait.

Quelques mois plus tard, j’étais dans l’avion direction Helsinki.

Le froid, un ennemi facile à combattre

S’il est possible, en réalité, de mater le froid grâce aux techniques suivantes :

  • Se couvrir davantage (adieu style, bonjour chaleur).
  • Emprunter les « rues » souterraines de la ville pour ne pas affronter le temps glacial.
  • Profiter du chauffage de chaque boutique, transports ou maison…

C’est l’obscurité quasi-permanente qui s’est révélée difficile à supporter. 

L’obscurité, un ennemi des plus redoutables

Pour te remettre dans le contexte, l’hiver nordique dure entre trois et cinq mois et pendant ce temps la lune ne laisse presque quasiment pas la place au soleil.

Celui-ci ne se lève que quelques heures par jour mais même lorsqu’il est présent, il se cache souvent derrière les nuages à peine au dessus de l’horizon.

Il m’arrivait donc souvent de passer plusieurs jours sans voir le soleil puisque j’étais en cours (où en train de me remettre de la soirée de la veille dans mon lit) pendant les seules heures d’ensoleillement.

Il m’est aussi arrivé d’expérimenter le kaamos, en Laponie, c’est à dire la nuit polaire où le soleil teinte le ciel d’orangé pendant une heure environ avant de disparaitre de nouveau.

L’angoisse.

Je suis donc devenue une noctambule malgré moi et, je ne vais pas te mentir, ça a parfois vraiment joué sur mon moral.

Mais pourquoi donc ?

Le manque de lumière et le TAF

Cette nuit permanente m’a rendue tristoune ou vidée d’énergie plus d’une fois.

Et je ne suis pas la seule.

Ce blues dû au manque de lumière porte un nom : le trouble affectif saisonnier (ou TAF).

Le TAF c’est quoi ?

Le site passeportsanté.net définit la dépression saisonnière de cette façon :

La dépression saisonnière, ou trouble affectif saisonnier (TAF), est une dépression liée au manque de lumière naturelle.

Pour que l’on parle médicalement de dépression saisonnière, il faut que cette dépression surviennent au même moment chaque année, en automne ou en hiver, pendant au moins 2 années consécutives, et qu’elle dure jusqu’au printemps suivant.

Je t’invite à te renseigner davantage si le sujet t’intéresse, car je ne suis pas la mieux placée pour t’expliquer les détails de ce trouble.

Personnellement, je pense que parler de dépression saisonnière dans mon cas est excessif, mais j’en ai, en effet, ressenti les symptômes.

Flemme de tout, grande fatigue, humeur instable, manque de plaisir ou d’envie…

Le bon mood bien naze que je déteste.

Pourquoi le manque de lumière fait déprimer ?

Mais à quoi sont donc dû ces symptômes ?

Eh bien, sache que la lumière joue plusieurs rôles importants.

D’abord, dans la régulation de l’horloge biologique interne qui est notamment à l’origine des cycles d’éveil et de sommeil, mais aussi sur l’humeur !

Voilà comment, d’après passeportsanté.net :

Après avoir pénétré dans l’oeil, les rayons lumineux se transforment en signaux électriques qui, une fois envoyés au cerveau, agissent sur les neurotransmetteurs.

Un de ceux-ci, la sérotonine, parfois appelée « l’hormone du bonheur », régularise l’humeur et gouverne la production de la mélatonine, une autre hormone responsable des cycles éveil-sommeil.

La sécrétion de mélatonine est inhibée durant le jour et stimulée durant la nuit.

Les dérèglements hormonaux causés par un manque de lumière peuvent être suffisamment importants pour entraîner des symptômes liés à la dépression.

Comment palier le manque de lumière ?

D’après les médecins qui se sont exprimés sur passeportsante.net, il existe plusieurs solutions pour palier le manque de lumière et pour lutter contre le TAF.

1 – Avoir recours à la luminothérapie

Comme expliqué plus haut, la lumière a un vrai impact sur certaines réactions chimiques du cerveau, et ce, même si elle n’est pas naturelle.

La luminothérapie est donc une pratique efficace qui consiste à s’exposer devant une lampe qui reproduit la lumière naturelle du soleil pour aider le corps à sécréter sérotonine et mélatonine !

2 – Bouger son corps

Tu le sais, pratiquer une activité physique régulière est toujours une bonne idée. Mais c’est d’autant plus le cas pendant l’hiver.

En effet, le sport aide le corps à produire des endorphines qui sont connues pour provoquer le plaisir et l’euphorie ou encore soulager la douleur.

Bref, à se sentir bien dans son corps et dans sa tête !

3 – Adapter son alimentation

L’absence de lumière peut provoquer un véritable manque de vitamine D.

Or, tu peux palier ce manque en prenant des vitamines ou en adaptant son alimentation.

La vitamine D est notamment présente dans les poissons gras tels que le saumon, les sardines ou encore le thon en boîte, mais aussi dans le chocolat noir, le lait ou encore les oeufs.

Comment palier le manque de lumière d’après mon expérience personnelle ?

Personnellement, pendant tout mon hiver à Helsinki, je n’ai pas vraiment appliqué ces solutions.

Pour ce qui est de la luminothérapie, je n’en ai jamais suivie à proprement parlé mais j’ai habité dans des appartements qui étaient pourvu d’ampoules spécialement choisies par mes propriétaires pour reproduire la lumière du jour.

Pour ce qui est du reste, je ne mangeais pas très équilibré et ne faisais du sport qu’en me déhanchant sur le dancefloor des boîtes de nuits de la capitale.

Et pourtant, je n’ai que très peu souffert du manque de lumière, alors comment j’ai fait ?

1 – Accepter la nuit et apprendre à composer avec

Mon premier conseil, qui est sûrement le plus précieux, est simplement d’accepter l’omniprésence de la nuit sans se décourager.

Comme je ne pouvais rien contre l’obscurité, j’ai simplement appris à composer avec, en arrêtant d’associer, par exemple, « tombée de la nuit » à « fin de journée ».

Je me suis rendue compte qu’en changeant quelques habitudes (notamment mes horaires de lever, de repas ou de coucher) et mon état d’esprit, la nuit m’est progressivement devenue moins désagréable.

2 – Trouver des activités en intérieur

Mon second conseil est un conseil très facile a mettre en application : trouver des activités diverses et variées à faire en intérieur !

Si l’obscurité te déprime trop, rien ne t’oblige à quitter la chaleur (et la luminosité !) de ton chez-toi ou de celui de tes amis.

Pour ma part, je me suis servie de la nuit comme excuse pour binger des centaines de séries, faire des siestes à toute heure de la journée, faire du shopping dans d’immenses centres commerciaux ou encore organiser des repas (et surtout des apéros) chez les uns ou chez les autres, avec mes amis !

3 – Sortir !

Mais je tiens à nuancer ce second conseil en te poussant à ne pas te laisser décourager par la nuit et à sortir quoi qu’il arrive !

Dans mon cas, je me suis rapidement rendu compte qu’Helsinki n’était jamais plongée dans l’obscurité complète.

Les finlandais, bien conscients de l’absence de lumière en période hivernale, semblent avoir adapté la capitale pour qu’elle soit très lumineuse quelque soit le moment de la journée.

Lampadaire, vitrines, guirlandes : tout est pensé pour qu’il soit agréable de s’y promener même lorsque le soleil s’est enfui, et donne une ambiance féérique à la ville (encore plus quand il neige !).

4 – Voir du monde

Enfin mon dernier conseil est de ne pas rester seule « à passer sa journée dans le noir »…

Car si malgré tous tes efforts, l’obscurité et le froid te dépriment comme never, garde bien en tête qu’il est plus sympa de s’en plaindre avec des amis que seule dans son coin !

Et toi, ma lumineuse lectrice, comment vis-tu l’absence de soleil en hiver ?

Quelles sont tes solutions pour y remédier ? Raconte moi tout en commentaires !

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Philippine M.

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Commentaires

chicadele

Salut, j'ai aussi passé ma troisième année d'étude en Finlande, mais plus au nord entre Tampere et Helsinki.
Je n'ai pas trop ressenti cette "dépression" durant l'hiver. J'ai juste moins bougé pendant le mois de janvier, où les journées étaient les plus courtes. De plus, j'ai également changé d'entourage durant cette période, dû à la fin de l'Erasmus de beaucoup de mes amis, et ce ne fut pas la période la plus facile pour rencontrer de nouvelles personnes, mais cela s'est fait en prenant son temps, et avec plus de soirées dans l'un de nos appartements, plutôt que dans la ville (à environ 3km à pied).
J'ai fait aussi moins de sport durant ce mois-ci, n'ayant plus trop la motivation d'aller au gymnase aussi régulièrement.
Enfin, je ne me rappelle pas vraiment "la nuit finlandaise". Il faisait jour pendant 6h durant le mois de janvier, mais je continuais à vivre ma vie comme au premier semestre.
 

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