Je ne me pensais pas digne d’être aimée, jusqu’à rencontrer l’amour

Très complexée par son corps, cette madmoiZelle s'est toujours fermée à l'amour. Jusqu'à ce qu'elle saute le pas à un concert de folk metal.

Je ne me pensais pas digne d’être aimée, jusqu’à rencontrer l’amour

J’avais entre 15 et 16 ans quand j’ai rencontré mon chéri, et il faut savoir que je n’avais jamais eu de relation amoureuse avant.

Pour la simple et bonne raison qu’en tant qu’adolescente boudeuse et complexée, je DÉTESTAIS l’amour et il me terrifiait (un bisou ? Beurk…)

Ma vie d’adolescente complexée, avant de rencontrer l’amour

À cette époque, je ne me sentais pas digne d’être aimée, et surtout pas digne d’être vue. Je détestais mon corps, purement et simplement, de la tête aux pieds.

Je détestais mes yeux trop bleus (si si, c’est possible), mon nez trop droit, mes lèvres trop fines, mes seins pas de la bonne forme (tantôt trop petits, tantôt trop gros), mon ventre jamais assez plat et le pire de tout : ma vulve que je considérais comme étant une monstruosité infâme (au moins) !

Passons les périodes de doutes identitaires de l’adolescence et la recherche de soi : c’est une période relativement dure pour pas mal de monde je crois, et en l’occurrence pour moi, c’était une période durant laquelle je n’envisageais pas l’amour.

Ma rencontre avec le garçon qui a changé ma vision de l’amour

Puis est arrivé mon chevelu. Je l’ai repéré très vite dans mon lycée, en début de seconde.

Grand roux aux longs cheveux bouclés, des grands yeux bleus/gris/verts (d’une couleur franchement indéterminée mais pas moins belle). Avec un look tout à fait métal, des New Rocks ornées de dragons rouge vif aux pieds ! Autant dire qu’il savait se faire remarquer par son look.

Mais au début, quand bien même il m’avait tapée dans l’œil, je n’ai rien voulu tenter. Déjà, lui était en terminale. Ensuite, je me sentais tout à fait insignifiante. Et enfin, rappelons-le, JE NIAIS L’EXISTENCE MÊME DE L’AMOUR.

Alors j’ai résisté pendant des mois, jusqu’à ce que l’on se croise à un concert de folk métal.

Ce fut le coup de foudre. Déjà, son air surpris quand je l’ai croisé en sortant des toilettes du festival me rendit étonnamment fière de moi : il m’avait remarquée ET reconnue. Je ne l’ai plus quitté des yeux ; je n’ai rien capté au concert, par contre, j’ai tout retenu de lui ce soir-là.

Sont ensuite passés plusieurs mois encore jusqu’à ce que j’ose revenir vers lui, le temps de faire le point avec moi-même et d’admettre que j’étais (malheur !) bel et bien amoureuse. Mais un jour, prise sans doute par une grosse crise de folie, j’ai craqué.

Dans un élan ridiculement fougueux j’ai fait une glissade sur le côté, claqué des doigts et lui ai lancé alors ma plus belle phrase d’approche :

« Salut ! J’ai vu que tu me regardais avec tes yeux …! »

Je compris alors que je venais de balancer LA PIRE phrase de drague de la planète. Tout a commencé comme ça. On s’est mis ensemble deux mois après, le 21 juin 2016.

Petit à petit, j’apprends à aimer et être aimée

À ce jour, cela fait 3 ans que nous sommes ensemble, et cette relation est pour moi tellement importante !

Je suis quelqu’un de compliqué, qui intellectualise beaucoup et qui pense trop. Je dois réfréner ma jalousie, travailler sur ma confiance en moi, être à l’écoute de l’autre, mais aussi et surtout de moi. Cette relation m’aide à me construire.

Parce que sans mon chéri, au moment où il est arrivé dans ma vie, peut-être que je n’aurai pas appris à m’aimer comme je le fais maintenant. Il a aimé mon visage, mes seins, mon ventre, ma vulve, toutes mes « imperfections », et m’a fait redécouvrir un corps que j’ai appris à accepter et à apprécier petit à petit.

Il a été patient. Il a pris le temps qu’il fallait pour m’embrasser, me caresser, me câliner, me faire l’amour… Pour dire, la première fois qu’il m’a embrassée, je suis restée cachée dans son cou pendant une bonne dizaine de minutes, parce que cette expérience m’avait effrayée et m’avait fait sortir de ma zone de confort.

Cela étant, il a toujours attendu que je sois prête, sans jamais me mettre la pression. Je suis heureuse, et je ne le remercierai jamais assez d’avoir été (et d’être encore aujourd’hui) aussi bienveillant. Il est ouvert sur beaucoup de sujets, il aime le lait, les olives et mes poils ! Que j’ai fini par laisser pousser avec ses encouragements.

Mais il est aussi grognon et impulsif, et j’ai dû apprendre, tandis qu’il se dépatouillait avec mon hypersensibilité, à accepter ses petits défauts, et par conséquent à construire notre relation et entretenir notre amour, tel un petit potager.

On a fait comme on pouvait, tout n’est pas parfait, tout n’est pas tout rose, pourtant je crois que nous sommes tout les deux très heureux et grâce à son soutien, j’ai accepté l’amour avec beaucoup de joie.

Comment mon couple me fait réfléchir sur la fidélité

De plus, cette histoire d’amour m’a fait me poser beaucoup de questions… Sur le polyamour, les relations exclusives, les fantasmes de chacun, la notion de consentement, les limites entre la fidélité et l’infidélité… BEAUCOUP DE QUESTIONS dont les réponses m’ont beaucoup aidée.

Aidée à quoi ? À m’assumer. À assumer mes idées et mes sentiments. Parce que j’avais peur d’être à la ramasse avec mes « vieilles idées ». J’avais peur, parce que je n’assumais pas mon envie d’une relation exclusive.

Cela peut paraître étrange comme réflexion, mais à l’heure où l’on entend de plus en plus parler de polyamour ou de relations libres par exemple, je pensais passer pour une vieille conservatrice, je me sentais has-been.

Je n’ai pas compris tout de suite que j’avais le droit de vouloir une relation exclusive. J’en ai longuement parlé avec lui, et c’est lui qui a fini par m’apprendre qu’il n’existait pas qu’une seule vérité dans le monde de l’amour.

C’est lui qui m’a fait comprendre que, NON, je ne l’enfermais pas dans une relation exclusive, que NON, il ne se sentait pas prisonnier et que si il était avec moi c’est parce que j’en valais la peine, qu’il m’aimait et qu’il acceptait les limites que je lui imposais.

Cette relation amoureuse qui m’aide à me construire chaque jour

Si j’en parle aujourd’hui, c’est déjà pour prouver au monde entier que OUI, on peut avoir une relation amoureuse magnifique MÊME SI celle-ci commence avec une approche absolument ridicule.

Ensuite, c’est parce que j’en suis fière. C’est quand même pas rien de se construire aux côtés de quelqu’un. C’est pas rien de faire face aux questions relatives à l’amour, et c’est pas rien non plus d’apprendre à s’accepter.

Si nous devions nous séparer, lui et moi, je serais quand même extrêmement heureuse de savoir qu’il a fait partie de ma vie, parce que c’est quelqu’un d’extraordinaire et de généreux. Et parce que je pense que peu nombreuses sont les relations dans une vie qui nous poussent à ce point-là à nous aimer nous-mêmes et à nous assumer.

Je peux affirmer sans rougir que OUI il a changé ma vie, que je suis fière de lui, de nous, et aussi de MOI.

Aujourd’hui, j’ai 18 ans. Je m’apprête à commencer une nouvelle vie, dans une nouvelle ville, pour faire de nouvelles études (je vais entrer en Prépa pour faire une école d’Animation 2D)… Que de nouveautés ! Et tout ça en compagnie de mon chéri.

En bref, l’amour, c’est quand même cool 😉

À lire aussi : Mon rapport amour-haine à mon corps, nourri par mes relations amoureuses

Commentaires

Meldep

merci pour ce témoignage ! Au delà de la question de l'âge ça fait du bien de voir l'évolution de cette Mad de la peur / la méfiance / le "ce n'est pas pour moi" à la confiance, l'apprentissage et l'amour, c'est plein d'espoir je trouve, et même pour une fille de plus de vingt ans comme moi <3
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!