Mes gros seins ont fait de ma vie un enfer

Mélia a 21 ans, et depuis le collège, elle subit le regard des autres sur ses gros seins. Un regard loin d'être toujours bienveillant...

Mes gros seins ont fait de ma vie un enfer

Article publié le 26 juin

Depuis que je suis en troisième, quelque chose en moi me dérange à un point tel que cela a un impact considérable sur ma vie de tous les jours.

Je suis petite (157 cm), fine (43 kilos), et tout chez moi est petit.

Tout, sauf mes seins.

Je fais du 75D, voire E selon les marques de sous-vêtements. Et c’est mon plus gros complexe.

Avoir des gros seins, ma hantise

Depuis que je suis toute petite, donc bien avant ma puberté, je suis traumatisée par les grosses poitrines.

Ma mère a des seins de taille standard, équilibrés par rapport à son corps, et il en va de même pour ma grand-mère.

La seule personne de ma famille ayant une grosse poitrine était mon arrière grand-mère, qui devait carrément se faire faire des soutiens-gorge sur mesure.

Pour rigoler de ma peur d’avoir des gros boobs, ma famille me faisait souvent des blagues :

« Ne bois pas ça, ou tu auras les mêmes seins que mémé. »

Ha, ha, ha.

Mes seins ont commencé à pousser et se sont arrêtés, pendant environ un an, à une taille tout à fait convenable.

Je les trouvais proportionnés, beaux, je les regardais tout le temps dans le miroir : j’en étais fière. Mes vœux avaient été exaucés.

Et là… c’est le drame. En un an, en pleine période de collège, j’ai évolué d’un bonnet B à un D.

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Le regard des gens à immédiatement changé : mes amies commençaient à me regarder de travers, m’envoyer des réflexions du style : « Ah mais c’est sûr que tu rembourres tes soutifs », etc.

Les garçons me regardaient clairement dans les seins, m’envoyaient des commentaires gras.

Le pire était que je n’avais « pas le droit » de me plaindre, parce que « j’avais trop de chance d’avoir des gros seins » surtout en étant fine…

Je faisais donc des caprices en complexant dessus.

Mes gros seins et ma sexualité

J’ai pleuré pendant des années dans les cabines d’essayage des magasins. Je trouvais mon corps immonde.

Une fois, une vendeuse m’a dit :

« Désolée, mais votre corps est bizarre. Vos seins sont trop gros pour votre taille. Vous ne trouverez rien ici. »

J’avais l’impression d’être un monstre.

Pendant longtemps, cela a impacté ma sexualité : je ne couchais avec personne parce que j’étais persuadée que je ne le méritais pas.

Je savais très bien que mes seins allaient rebondir ou se retrouver dans des positions où ils sembleraient encore plus gros, ou moches, tout étalés par exemple.

J’avais également très peur que le premier gars avec qui je coucherais les trouve laids, et dise à tout le monde que j’avais des seins dégueulasses.

Mon seul « atout » n’en serait donc plus un… Oui, niveau estime de moi c’était le gouffre.

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À l’époque, la quasi totalité des mecs que j’attirais voulaient VRAIMENT voir mes seins, vu que c’était ce qui leur plaisait chez moi, et que j’étais la seule de mon entourage à avoir une telle morphologie.

Je savais qu’ils allaient se focaliser dessus alors que j’aurais préféré qu’ils voient le reste.

J’ai arrêté d’aller à la plage, au lac. Ça m’a éloignée de mes amies.

Les clichés sur les gros seins

J’ai commencé à accepter petit à petit mes seins… jusqu’à arriver dans le monde professionnel, où tout a recommencé de plus belle.

Elle a des gros seins DONC elle est conne.
Elle a des gros seins DONC c’est une salope.

J’entendais parfois mes collègues murmurer sur mon passage.

J’étais « la petite blonde aux gros seins » et rien de plus.

J’ai décidé de me faire opérer des seins

J’ai essayé d’accepter mes seins, vraiment. Mais ils vont finir par me causer des problèmes de dos, mon squelette supportant difficilement leur poids.

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Alors, j’ai décidé de me faire opérer.

Actuellement j’économise car ça coûte très cher.

Quand j’avais 16 ou 17 ans je suis allée voir un chirurgien avec ma mère pour que l’on voit si j’étais éligible à une opération remboursée.

Le docteur était un homme âgé, et j’étais extrêmement mal à l’aise devant lui, même la manière dont il me parlait me dégoûtait…

Il a pris des photos de moi torse nue derrière un paravent, et à chaque photo, il décrivait mon sein alors que ma mère était à côté.

Il a palpé mes seins, les a pesés avec ses mains, il y a passé du temps.

J’étais encore vierge, au summum du complexe, et le premier gars à me toucher les seins était un vieux Marseillais qui me donnait envie de vomir.

À la fin, quand je lui ai demandé si je pouvais être assurée, il m’a répondu :

« Ils sont très bien vos seins, des milliers de femmes tueraient pour les avoir ! Ils ne sont pas assez gros, pas assez moches ! »

Je suis partie du cabinet plus mal dans ma peau que jamais, et surtout désespérée par la situation. Je n’y suis jamais retournée.

Le choix de la réduction mammaire pour aller mieux

Pour ma mère, c’est chacun pour soi.

Si je veux me faire opérer, je me débrouille, mais je ne dois pas compter sur elle. Ce n’est pas si grave : dans quelques mois j’aurai le budget pour ma réduction.

Je ne lui ai pas encore annoncé que j’approchais du but, parce que ça fait maintenant plusieurs années que je lui parle de ce projet, et je pense qu’elle ne croit pas que j’aurai les moyens de le faire un jour.

Mais si j’ai écrit ce témoignage, c’est pour que tout le monde se rende compte que ce n’est pas parce qu’on a des gros seins qu’on en est fière.

Avoir des seins plus gros que la moyenne n’est pas facile au quotidien, et le regard et les remarques des autres peuvent empirer un complexe déjà existant.

S’accepter et apprendre à s’aimer est important, cependant ce n’est pas grave de modifier son corps si on en ressent le besoin.

Avoir recours à la chirurgie ne fait pas de moi, ou de toi une personne qui n’a juste pas réussi à faire la paix avec elle-même.

Pour moi c’est aussi une manière de m’occuper de mon bien-être.

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Commentaires

oui miss

c'est l'histoire de ma vie sauf que j'ai la chance d'etre grande et maintenant un peu grosse donc ça choque pas autant.J'ai appris a vivre avec mais je comprends que tu aies envie de passer par une réduction, c'est horrible de se dire que ça te bloque professionnellement! Je ne sais pas si ça a été dit mais meuf s'il te manque des sous pour financer l’opération je participe avec joie à une cagnotte!
 

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