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Malgré mes seins qui tombent, j’ai réussi à abandonner le soutien-gorge

Le no-bra, le fait d’arrêter de porter des soutiens-gorge, a le vent en poupe. Difficile, cependant, de sauter le pas quand on a des seins qui tombent, bien différents de ceux des magazines. Difficile… mais pas impossible !

Le 9 avril 2019

Vers l’âge de 11 ans, le premier grand bouleversement de ma vie est apparu au collège au cours d’une matinée ensoleillée : mes règles. Et qui dit règles, dit apparition de deux petites poires sur ma poitrine : mes seins. Et qui dit seins, dit brassière, avant de passer au soutif !

Aujourd’hui j’ai 21 ans, mes seins tombent (quoi, à 21 ans, no way) et je ne porte quasiment plus de soutien-gorge.

Prendre du poids, prendre des seins

Quand j’étais plus jeune, les brassières sont devenues mes meilleures amies sans trop que j’y réfléchisse. On sait tous et toutes que les collégiens et collégiennes ne sont pas tendres, alors autant te dire que je ne voyais pas mes deux seins en forme de poires comme des compagnons de route désirés…

Pauv’ tites poires
Pauv’ tites poires

Au fur et à mesure, mes seins (essentiellement constitués de gras, rappelons-le) ont pris en volume, et je suis passée aux soutiens-gorge avec baleines.

Parallèlement, j’ai aussi pris pas mal de poids en peu de temps.

À l’âge de 17 ans, j’ai décidé de faire un régime assez drastique pendant les vacances d’été, à base de deux heures de sport par jour et de peu de nourriture avalée, malgré la tentation des glaces.

Résultat : perte de poids flagrante. J’ai perdu le gras de mes seins, ma peau s’est détendue et ma poitrine a commencé à tomber.

Comme après beaucoup de régimes initiés par soi-même, beaucoup trop drastiques et faits sans aucun suivi médical… j’ai repris le double du poids perdu en trois ans. J’ai donc découvert d’autres joies du corps : les vergetures, le ventre flasque, les cuisses qui se touchent et bien sûr les seins qui se re-remplissent de gras.

Sauf que cette fois, mes deux petites poires étaient devenues deux petits gants de toilettes !

Le jour où j’ai enlevé ce satané soutien-gorge

Pendant toute cette période, il était hors de question pour moi de ne pas porter de soutien-gorge : je n’ASSUMAIS pas ces seins que je trouvais moches.

Et puis, un jour, je me suis sentie mal à l’aise, engoncée dans ce soutif peut-être trop petit. J’ai dégrafé mes bretelles, détaché l’arrière et je l’ai enlevé.

Ce fut un jour heureux : l’un de mes premiers pas vers la liberté de mon corps !

Je prenais conscience que c’était bon, que c’était bien et que je ne voulais plus en mettre, de soutif.

À certains moments, je me demandais si je ne devais quand même pas remettre un soutien-gorge, lors d’entretiens d’embauche, enterrements, ou sous une robe par exemple…

Mais en voyant que dès que je rentrais chez moi, mon premier réflexe était d’enlever ces baleines qui me rentraient dans la peau, et en constatant à quel point je me sentais libre de l’intérieur, j’en ai déduit qu’il fallait que je m’écoute.

Mes seins qui tombent, je les assume, même sans soutien-gorge

Maintenant, restait le problème de l’assumer en plein jour : marcher avec des seins qui bloblottent, courir pour prendre le tram…

Seins qui bloblottent (fig.1)
Seins qui bloblottent (fig.1)

J’AVAIS PEUR. Peur d’assumer mes seins qui bougent sous un maillot lambda. Peur de choquer des enfants et/ou leurs parents. Peur d’être vulgaire. Peur d’être prise pour une salope, une aguicheuse.

Combien de fois j’ai enfilé un soutien-gorge à la dernière minute pour aller en cours ? Je ne les compte plus. J’avais honte de mes seins qui sont loin d’être parfaits ! C’était comme si je me sentais obligée de demander la permission avant de pouvoir sortir librement…

Je ne porte plus de soutien-gorge, et si ça ne plaît pas, tant pis

Aujourd’hui je me sens plus heureuse et plus confiante. Certains disent que mon acte est « féministe », ou que c’est à la mode, mais j’ai envie de dire que je n’ai pas à me justifier de vouloir m’habiller comme je le souhaite.

Je n’ai pas envie qu’on se concentre sur mes seins mais plutôt sur qui je suis intérieurement !

Pour ma famille, et ma mère notamment, le changement a été un peu brutal et source de quelques disputes. Mais avec du recul, je pense que tout ça n’était que de la bienveillance d’une mère envers sa fille. Elle ne voulait pas que je me fasse emmerder ou remarquer.

La réaction de mes amies a été mitigée — certaines s’en fichent, d’autres me soutiennent, d’autres encore ont été surprises. Mais dans l’ensemble ça a été bien accepté.

Depuis septembre, je marche dans la rue la tête haute, les gens regardent s’ils ont envie, grand bien leur fasse, je ne changerai pas.

Je n’ai pas eu une seule remarque déplaisante, déplacée, insistante, perverse. Et pour tout dire, aujourd’hui j’ai reporté un soutif. Spoiler … ça ne m’a pas plu !

À lire aussi : Critiquée pour ses tétons apparents, Léna Situations s’insurge à nouveau contre le bodyshaming

Crédit photo : RF._.studio / Pexels

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Les Commentaires
36

Avatar de lilith_ever
24 septembre 2021 à 06h47
lilith_ever
Coucou. Je lis tous vos commentaires, et c'est super de voir que beaucoup ont abandonné cet objet de torture. Par contre, comment vous faites pour le boulot ? Perso, c'est inconcevable à mon taf de se pointer sans soutif.
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Voir les 36 commentaires

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