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Daronne

Enora Malagré parle de ses fausses couches : « L’odeur du sang me traumatise encore »

05 avr 2022
Alors que la libération de la parole autour des fausses couches prend plus d’ampleur, l’ex-chroniqueuse Enora Malagré, atteinte d’endométriose, s’est exprimée sur ses fausses couches à répétition.

Alors que le mouvement « Fausse couche, vrai vécu » enjoignait les instances publiques la semaine dernière à agir au sujet des fausses couches, aussi appelées arrêts naturels de grossesse, c’est la comédienne et autrice Enora Malagré qui vient de prendre la parole à ce sujet sur le média aufeminin, dans une vidéo où elle détaille les souffrances vécues.

Depuis plusieurs années déjà, Enora Malagré s’exprime sur l’endométriose, cette maladie handicapante qui peut déclencher de terribles douleurs. En 2017 déjà, alors chroniqueuse pour TPMP, elle déclarait :

« J’ai fait jusqu’à trois fausses couches par an : ça m’a bouffé la vie ! Quand je suis en crise, je peux être HS pendant quarante-huit heures. »

Dans la vidéo poignante publiée sur le média aufeminin, la comédienne détaille les souffrances endurées pendant ces sept fausses couches et raconte particulièrement la dernière.

Un récit intime et utile

Enora Malagré raconte ses fausses couches à répétition, qu’elle a presque ritualisées. Elle dit s’être habituée à la souffrance, en précisant :

« C’est terrible de se dire qu’on va accoucher de rien. »

Elle n’omet pas les détails, dans cette prise de parole libératrice pour elle et bénéfique pour toutes :

« J’ai l’impression d’être une marre de sang permanente. Et du coup, l’odeur du sang qui m’accompagne tout le temps me traumatise encore aujourd’hui. Cette odeur de sang caillé fait partie de moi. »

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(© Capture d’écran Instagram/Enora Malagré)

La comédienne raconte sa dernière fausse couche où elle est allée dans un hôtel, dans un quartier qu’elle n’aime pas trop à Paris, car elle voulait que ce soit impersonnel. Elle a étalé des serviettes dans la salle de bain, en prévision de la perte importante de sang. Elle a pris un bain, pendant la fausse couche qu’elle a senti venir :

« Quand j’étais allongée sur le sol, sur cette serviette pleine de sang, j’ai imaginé toutes ces femmes qui étaient en train de vivre la même chose que moi, ou qui l’ont vécue ou qui vont la vivre. »

C’est aussi pour cela qu’elle a voulu raconter ces événements douloureux, pour lever les tabous, et mettre en branle la sororité, afin que les femmes, nombreuses à vivre cela, se sentent moins seules.

« J’ai envie de parler de tous ces sujets tabous autour des douleurs que les femmes ne racontent pas. »

Cette prise de parole nécessaire et courageuse fait partie d’un mouvement plus vaste sur la libération de la parole à propos des fausses couches.

Le combat contre le tabou des fausses couches

La fausse-couche touche une grossesse sur quatre au premier trimestre. 200 000 femmes traversent cette épreuve chaque année en France. Une femme sur dix risque de subir un arrêt naturel de grossesse au cours de sa vie. Ces chiffres sont très importants et pourtant ce sujet reste tabou.

Un collectif de personnes, nommé « Fausse couche, vrai vécu », veut libérer la parole et faire en sorte que les arrêts naturels de grossesse soient mieux pris en charge. Elles viennent de publier une tribune dans Le Monde et une pétition que l’on peut signer.

La tribune propose également huit mesures pour aider les femmes à vivre ces événements douloureux, que vous pouvez retrouver dans cet article. Est notamment demandé, la mise en place d’un arrêt de travail 100 % rémunéré d’au moins trois jours, ainsi qu’un suivi psychologique. Ce serait la base…

Pour ce collectif, la terminologie est également importante ! Le terme « fausse » donne l’impression que ce n’est pas réel, pourtant la souffrance liée a un arrêt non désiré de la grossesse l’est. Elles proposent donc plutôt de parler de « d’arrêt naturel de grossesse ».

De plus en plus de prises de parole médiatiques mettent le sujet des fausses couches sur le devant de la scène, comme la journaliste Sandra Lorenzo qui racontait son expérience dans le livre Une Fausse Couche comme les autres (illustré par Mathilde Lemiesle du compte Mes presque riens).

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Pour vous procurer Une Fausse couche comme les autres, c’est par ici !

La libération de la parole doit s’accompagner d’une déculpabilisation des femmes sur le sujet des fausses couches, mais aussi sur le fait de ne pas avoir d’enfant, que ce soit choisi ou non. Enora Malagré l’explique très bien en énonçant les pressions subies et les souffrances engendrées.

En finir avec la culpabilité et les pressions sur l’utérus

Les femmes ne sont pas responsables des fausses couches qu’elles subissent. On ne le dira jamais assez. Enora Malagré ne pouvait pas malgré tout s’empêcher de se blâmer, alors qu’elle n’y était pour rien. Elle raconte :

« À chaque échec en fait, je me demande ce que je n’ai pas bien fait, ce que je n’ai pas assez fait. »

Elle s’adresse aussi à toutes les personnes qui lui demandent pourquoi elle n’a pas d’enfant, si ce n’est pas trop dur de ne pas avoir d’enfant, etc. pour leur dire la souffrance engendrée par ses questions permanentes

« Ça me renvoie à mes échecs de grossesse, à mes fausses couches. »

La question de la maternité ne devrait pas faire l’objet de pressions :

« J’ai le droit de ne pas vouloir avoir d’enfants. Ça ne fait pas de moi une non-femme, ou une femme bizarre ou une femme moins valable. »

On n’aurait pas mieux dit !

À lire aussi : Arrêtons de dire « fausse couche », et 8 autres mesures concrètes à adopter d’urgence

Image en une : © Compte Instagram Enora Malagré


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