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Féminisme

Cette étude montre à quel point les violences conjugales concernent aussi les ados

Emprise, dénigrement, violences sexuelles… les adolescentes et jeunes adultes subissent aussi des violences, parfois dès leurs premières relations amoureuses. C’est ce que montre un sondage adressé aux 12-24 ans.

Ça n’arrive pas qu’aux autres. C’est souvent ce qu’on lit à propos des violences au sein du couple.

Mais les campagnes de sensibilisation et les témoignages montrent rarement les vécus d’adolescentes et de jeunes adultes qui auraient subi des violences conjugales.

Pourtant, ces violences sont parfois là dès la toute première relation amoureuse, dès la première fois que l’on est en couple, quand on n’a pas forcément les ressources et les armes pour comprendre ce que l’on subit.

C’est le point de départ du sondage sur les violences affectives et sexuelles mené par la journaliste Chloé Thibaud avec l’association En avant toute(s) : montrer que les jeunes femmes, les adolescentes peuvent être elles aussi touchées par le phénomène, et que cela n’est pas sans conséquences dans la façon dont elles vont se construire et envisager leurs relations, leur couple, leur sexualité.

Les violences conjugales chez les ados, un phénomène massif

3127 personnes ont participé au questionnaire en ligne, et certaines réponses sont édifiantes.

9 filles sur 10 ont déjà vécu des violences conjugales dans leur couple. Des violences verbales, qui passent par des insultes, mais aussi « des attitudes ou des phrases méprisantes » : elles sont 46% à déclarer avoir déjà été rabaissées par leur partenaire.

Et cela n’a rien d’anodin, car on n’identifie pas tout de suite ces actes comme des signes de violences, comme l’explique Louise Delavier de En avant toute(s) :

« Il ne faut surtout pas banaliser les insultes, même lorsqu’elles sont dites “sur le ton de la blague”. En réalité, on est déjà dans de la violence. »

Le violentomètre, une charte pour repérer la violence dans son couple
Le violentomètre, un précieux outil pour repérer les comportements inquiétants

Les chiffres concernant les violences sexuelles donnent aussi un aperçu glaçant du phénomène : plus d’une jeune filles sur deux s’est déjà « sentie obligée d’avoir des relations sexuelles ou d’effectuer certaines pratiques ».

Les résultats pointent également l’emprise sous laquelle les jeunes femmes peuvent tomber dans le cadre du couple, phénomène trop souvent banalisé :

« 39% des jeunes femmes hétérosexuelles affirment que leur partenaire a déjà obtenu d’elles des comportements qui ne leur ressemblaient pas. »

Les jeunes lesbiennes, bisexuelles et pansexuelles sont elles aussi concernées par cette problématique : 38% des homosexuelles et 44% des bisexuelles ou pansexuelles affirment elles aussi avoir subi ce type de pressions dans le cadre de leur couple.

Un moyen de lever les tabous sur les violences affectives chez les jeunes femmes

La glamourisation de relations toxiques et torturées est monnaie courante ; les adolescentes et jeunes adultes ne sont donc pas toujours en mesure de percevoir les situations où s’exercent des abus.

« Il faut bien faire la différence entre conflit et violence », insiste Louise Delavier, qui précise :

« Si tu ne peux pas dire ce que tu as à dire, que l’autre dicte tout et que tu n’as pas d’autre existence qu’à travers l’obéissance, c’est un énorme problème. »

Et le tabou perdure. Les répondantes sont nombreuses à faire part de leur honte et à chercher à dissimuler les comportements violents de leur partenaire : elles sont 64% à avoir déjà « caché ou minimisé leurs problèmes par peur que leur entourage voie leur partenaire différemment ».

62% des personnes interrogées ayant subi des violences au sein de leur couple en ont parlé à quelqu’un.

Autant de données qui montrent que la lutte contre les violences conjugales ne doit pas seulement concerner la répression des auteurs, mais aussi l’éducation et la pédagogie pour que les enfants dès le plus jeune âge aient la capacité de distinguer ses comportements.

À noter enfin : l’enquête a été réalisée dans le cadre des Petites Glo, newsletter destinée aux adolescentes, issue de la newsletter Les Glorieuses, dont la fondatrice Rebecca Ansellem a tout récemment été mise en cause dans une enquête d’Arrêt sur Images qui s’appuie sur des témoignages de harcèlement moral et d’exploitation d’anciennes salariées et stagiaires.

À lire aussi : Surprise (non), c’est chez les femmes et les jeunes que la pandémie a fait le plus de dégâts côté santé mentale

Crédit photo : Kyle Broad

Les Commentaires
3

Avatar de Marinanvox
5 janvier 2022 à 23h17
Marinanvox
Ces violences peuvent avoir des répercutions sur les enfants. Les garçons peuvent prendre cette habitude et grandir avec quant aux filles, elles peuvent être traumatisés toute leur vie
0
Voir les 3 commentaires

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