« C’est pour quand le bébé ? » et autres questions pénibles


Même si elles partent souvent d'une bonne intention, certaines interrogations peuvent agacer les vingtenaires et trentenaires. Voici un petit florilège, avec des pistes pour apprendre à mieux poser des questions à son entourage.

« C’est pour quand le bébé ? » et autres questions pénibles

Qu’elles viennent des potes, de la famille élargie ou des collègues, certaines questions mal formulées ont tendance à me courir sur le haricot. (Meilleure expression de la terre, n’est-ce pas ?). Voici pourquoi et comment les éviter.

1 – C’est pour quand le bébé ?

Pourquoi c’est pénible ?

Formulée ainsi, cette question sous-entend que faire un enfant est un passage obligé dans la vie, comme si on n’envisageait même pas l’hypothèse que cette personne ne veuille pas d’enfant. Et il risque de lui falloir pas mal de courage pour répondre “JAMAIS” à cette question,   parce qu’elle imagine fort bien qu’elle va devoir ensuite passer X minutes à justifier son choix de ne pas vouloir d’enfants.

Mais le pire, c’est que cette question peut vraiment retourner le couteau dans la plaie chez des personnes en situation d’infertilité. Et qu’il y a peu de chances qu’ils aient ensuite envie de discuter de leurs gamètes avec la personne qui leur a demandé entre la poire et le fromage « c’est pour quand le bébé ? ».

Enfin, sache que les personnes sans enfant qui ont entre 20 et 40 ans entendent cette question SANS ARRÊT (elle est donc peu originale, en plus d’être relou).

Qu’est-ce qu’on peut dire à la place ?

Si tu as vraiment envie de parler de parentalité avec les gens, je te suggère de leur demander plutôt : “est-ce que tu aimerais avoir des enfants un jour ?” L’avantage de cette question, c’est qu’elle ouvre le champ des possibles, sans exprimer de jugement ou d’injonction à faire des enfants.

Et la personne en face de toi se sentira libre de te répondre :
– Oui, on aimerait, mais pour l’instant, cela ne fonctionne pas.
– Oui, un jour, mais pas tout de suite.
– Oui, j’aimerais, mais mon ou ma partenaire non.
– Je ne sais pas. (Qui est une vraie bonne réponse).
– Non merci.
– Etc.

Variante : C’est pour quand le mariage ? Quand est-ce que tu vas devenir propriétaire ?

Là aussi, l’injonction à rentrer dans le rang et à suivre une certaine norme sociale est forte, même si la personne qui pose la question ne s’en rend pas forcément compte ou n’est pas mal intentionnée. Comme pour les enfants, il vaut mieux poser des questions plus ouvertes pour que les personnes avec qui tu discutes se sentent libres d’exprimer leurs opinions, sans avoir peur d’être jugées.

2 – Alors, les amours ?

Pourquoi c’est pénible ?

C’était déjà relou en repas de famille à 15 ans, ça l’est toujours autant à 30 ans (sinon plus). OK, ça part souvent d’une bonne intention à base de : « je m’intéresse à cette personne et à sa vie sentimentale » mais ça peut être reçu comme “ohlalala, j’aimerais vraiment que cette personne soit heureuse et pour cela je pense qu’il faut absolument qu’elle rencontre quelqu’un”.

Sauf que SCOOP : On peut être heureux/heureuse en étant célibataire, et très malheureux/malheureuse en couple.

Et on n’a peut-être pas envie que ça soit la première question que nous posent les potes, tatas ou tontons qu’on n’a pas vus depuis longtemps, comme si notre statut amoureux était la chose la plus importante à savoir à propos de nous.

Si ta pote a rencontré quelqu’un depuis la dernière fois, il y a des chances qu’elle réussisse à le caler dans la conversation. Si elle n’a rencontré personne et que ça lui pèse, peut-être qu’elle n’a pas envie de devoir une nouvelle fois reparler de son célibat. Et enfin, si elle n’a rencontré personne et que c’est un non-sujet pour elle, bah… autant parler d’autre chose, non ?

Qu’est-ce qu’on peut dire à la place ?

« Comment tu vas en ce moment ? » est une bonne entrée en matière je trouve. Assez ouverte, pour que tes potes puissent te dire s’il y a du neuf côté coeur,  ou te parler des autres choses qui se passent dans leur vie en ce moment. Et puis, c’est toujours chouette de savoir comment vont nos proches, non ?

Bon, le seul écueil, c’est si tes potes font partie des gens qui comme moi répondent systématiquement « ça va, un peu fatiguée » à cette question.  Tu ne seras pas plus avancé·e qu’avant, mais t’inquiète, laisse-nous un peu de temps pour laisser tomber les barrières, on va finir par se confier.

3 – Toujours au chômage ? Alors, t’as retrouvé du boulot ?

Pourquoi c’est pénible ?

Même si au fond de toi, tu t’intéresses sincèrement et avec bienveillance à l’avenir professionnel de cette personne, sache que ce n’est peut-être pas la meilleure manière de s’en enquérir.

Le chômage est une période pas toujours simple à vivre parce que la société porte un regard peu tendre sur les chômeurs (fainéants, parasites, et j’en passe…). Et les périodes de chômage peuvent être très stressantes : peur de ne pas retrouver un emploi, auto-dévalorisation suite à des candidatures sans réponses ou des refus, problèmes financiers, etc.

Je pense que ça vaut donc le coup d’y mettre les formes pour soutenir ton ou ta proche dans cette situation et qu’il ou elle ne se sente pas jugé·e par ta question.

Qu’est-ce qu’on peut dire à la place ? 

Je te conseille de demander plutôt à ton ou ta proche : « comment ça se passe ta recherche d’emploi ? » Une question neutre et ouverte qui lui permettra soit de te parler de bonnes nouvelles (« j’ai eu un entretien pour un super poste ! »), soit de te confier ses difficultés (« c’est dur en ce moment, je me sens démotivée… »).

Variante : « Tu vas faire quoi après ? »

Quand une personne de ton entourage démissionne, fait une rupture conventionnelle ou plaque tout pour partir voyager, tu as peut-être envie de savoir ce qu’elle a prévu de faire ensuite.

Peut-être même que tu te dis que c’est un pari risqué, que toi tu n’aurais pas fait, et que tu as donc envie d’être rassuré·e pour cette personne. Mais tu n’as pas à projeter tes peurs sur ton ou ta proche. (D’autres personnes s’en chargent probablement déjà, crois-moi).

Si cette personne n’a pas de plan bien défini, ta question risque de la gêner, ça vaut le coup de demander plutôt : « tu sais ce que tu vas faire après ou tu te laisses le temps d’y réfléchir ? ».

Et toi, c’est quoi les questions pénibles que tu en as marre qu’on te pose ? Tu trouves que je prends trop de pincettes ? Viens en parler dans les commentaires.

Clémence Boyer

Clémence Boyer


Tous ses articles

Commentaires

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!