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Société

L’impact psychologique négatif de l’avortement n’est pas celui que croient les anti-choix

Le recours à l’IVG a-t-il un impact psychologique négatif ? C’est l’argument phare de nombreux mouvement anti-choix… Deux études viennent contredire cet argument, en apportant un éclairage intéressant…

Les opposants au droits à l’avortement, ces mal-nommés « pro-vie » qu’on préfère plutôt appeler « anti-choix » (ce qui résume mieux leur position), invoquent souvent un argument majeur quand il s’agit de défendre leur point de vue : l’impact psychologique négatif qu’un avortement aurait sur les femmes qui y ont recours.

Une nouvelle étude publiée dans JAMA psychiatry le 14 décembre vient pourtant contredire le bien-fondé de cet argument : selon les chercheurs, les femmes ayant choisi d’interrompre leur grossesse ne sont pas davantage touchées par la dépression ou les troubles anxieux, et leur estime d’elles-mêmes ou leur satisfaction générale n’est pas affectée non plus.

À lire aussi : Réponse à Monseigneur Pontier sur le délit d’entrave numérique à l’IVG : informer n’est pas tromper

Les obstacles au droit à l’avortement ont un impact négatif

En revanche, les femmes n’ayant pas pu avoir recours à l’avortement indiquent une anxiété plus forte ainsi que des niveaux de satisfaction générale plus bas dans la semaine qui suit leur demande. Ces différences s’estompent tout de même au fil du temps (ces femmes ont été suivies sur une durée de cinq ans suite à leur demande d’avortement).

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Le délai de réflexion obligatoire a un impact négatif

Dans le même temps, une autre stratégie des anti-choix vient d’être visée par une autre étude : le délai obligatoire de réflexion qui était encore en place jusqu’en janvier 2016 en France, et qui l’est toujours dans nombre d’états américains.

Les défenseurs de cette mesure estiment que cela est essentiel pour donner aux femmes le temps de réfléchir.

À lire aussi : À ces députés anti-choix : faites un meilleur usage de la liberté d’expression, plutôt que d’entraver mon droit à l’IVG

Pourtant, les femmes interrogées par les chercheurs de l’Université de Californie qui avaient dû respecter un délai de 72 heures entre leur demande d’avortement et l’acte en lui-même tiennent un tout autre discours.

Elles expliquent en général que devoir attendre est difficile, notamment parce que cela donne l’impression de ne pas avoir de contrôle sur son propre corps, sur sa propre vie. Citée dans Broadly, une femme ayant participé à l’étude explique :

« Savoir que j’allais devoir attendre après avoir pris ma décision et ne pas avoir le contrôle sur ma propre vie et mon corps m’a rendue folle. »

Le délai d’attente a provoqué selon l’étude des niveaux d’anxiété plus hauts sur les femmes ayant du attendre alors que seulement 8% d’entre elles ont changé d’avis… en sachant que beaucoup parmi celles-ci s’étaient rendues au premier rendez-vous sans avoir encore pris de décision. 2% de ces femmes seulement auraient réellement changé d’avis.

Comme le souligne Slate, qui relaie les conclusions de l’étude, ces chiffres contredisent directement l’esprit de ces lois d’entrave à l’IVG, aux États-Unis. Ce n’est pas l’avortement qui entraîne un impact psychologique négatif pour celle qui a recours, mais plutôt l’entrave à l’avortement :

« Ces résultats vont à l’encontre des lois qui restreignent l’accès à l’avortement en se fondant sur l’idée que l’avortement est nocif pour la santé mentale des femmes», écrivent les auteurs de l’article.

Les anti-choix ont tendance à défendre leur position en disant que même si seulement 2% des femmes changent d’avis, pour eux, c’est déjà ça. Il reste donc du chemin à faire, même si cette étude peut au moins permettre aux pro-choix de leur opposer l’argument du bien-être de la femme…

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Les Commentaires
14

Avatar de Softlove
29 décembre 2016 à 16h21
Softlove
@Softlove "anti choix" car ces personnes veulent retirer la capacité de choisir en rendant l'IVG illégale
Ahhhhhh c'est plus clair merci!
0
Voir les 14 commentaires

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