5 lectrices racontent comment elles shoppent de la seconde main en « grandes tailles »


Parce que la mode de seconde-main n'est pas toujours inclusive, cinq lectrices nous ont raconté leurs expériences : les déceptions, les astuces, et comment elles font pour shopper (ou non) des fringues d'occasion en « grandes tailles ».

5 lectrices racontent comment elles shoppent de la seconde main en « grandes tailles »

* Les prénoms ont été modifiés

En partenariat avec Kiabi (notre manifeste)

Depuis quelques années déjà, nous sommes tous et toutes appelées à rendre nos pratiques individuelles plus éco-responsables. Et, en ce qui concerne la mode et les vêtements, le message est clair pour nombre d’entre nous : il est grand temps de cesser de surconsommer.

Pour un dressing plus vert, la seconde main est souvent présentée comme la solution miracle. Mais comme nous l’affirmions lors de l’appel à témoignages qui a permis cet article, pour celles et ceux qui portent des grandes tailles, cela n’a rien d’une évidence.

Quand on fait plus qu’un 46, s’habiller peut être une route semée d’embûches. Il n’est pas seulement compliqué de trouver des pièces qui nous vont, encore faut-il trouver des pièces qui nous plaisent. Alors, se vêtir en seconde main quand on porte du plus-size, c’est possible ? Vous avez été nombreuses à répondre à l’appel, et à partager avec nous vos frustrations, mais aussi vos techniques, astuces et bonnes adresses !

La fast-fashion comme une revanche

Pour Laure*, la question des vêtements plus-size en seconde main est encore trop peu abordée. Elle confie son enthousiasme en lisant l’appel à témoignage, et raconte :

« Je fais actuellement une taille 50, et il faut savoir que la plupart des marques, notamment en fast-fashion, s’arrêtent au 44. Certaines d’entre elles vont jusqu’au 48 en parlant de “plus-size”, mais uniquement sur une sélection de vêtements.

Dans l’année écoulée, j’ai dû acheter une dizaine de vêtements, dont un seul en seconde-main… Parce que je ne trouve pas ma taille. Ça me déprime, au point que j’évite de mettre les pieds dans des friperies. »

Elle explique tenter l’aventure des boutiques de seconde-main de temps en temps, par conviction écologique et sociale ou quand on lui dit du bien d’un lieu. Mais la plupart du temps, les portants à sa taille sont bien peu garnis.

« J’ai l’impression qu’on y trouve surtout des vêtements démodés, ou des vêtements pour homme. Alors certes, c’est subjectif : ce qui me paraît démodé sera au goût de quelqu’un d’autre, et porter des vêtements pour homme ne pose pas de problème à tout le monde. Mais moi, je trouve ça légèrement offensant : ça me fait ressentir que je n’ai droit qu’aux “restes”.

Aujourd’hui je m’habille quasiment qu’en fast-fashion – à l’opposé de mes convictions – car c’est uniquement là que je trouve ma taille. J’y trouve même un esprit un peu revanchard : Kiabi et Primark veulent bien de moi, eux ! Bien sûr, c’est stratégique de la part des enseignes de fast-fashion, mais quand tu manques de pleurer de soulagement dans une cabine d’essayage parce que tu trouves enfin un pantalon joli et à ta taille, ça joue. »

Faire ses vêtements, une solution pour les plus douées d’entre nous

Ce manque de choix est une véritable source de frustration pour les lectrices qui témoignent. En plus de rendre la tâche de s’habiller plus difficile pour les personnes grosses que pour les personnes aux corps plus normés, cette situation révèle aussi un message pernicieux de la part de l’industrie de la mode : tous les corps ne pourraient pas porter ce qu’ils souhaitent de la même manière. Daphné* l’explique en ces termes :

« C’est soit trop cher, soit avec un style “mémère”, soit uniquement noir. En gros, quand on est grosse, il faut se cacher derrière des vêtements amples, noirs, et surtout pas se mettre en valeur. »

Pour être en accord avec ses valeurs écologiques, elle a fini par décider de faire ses propres vêtements, mais la question de l’inclusivité du matériel de couture est restée la même :

« J’en suis venue à coudre mes vêtements, mais le problème était le même. L’offre pour les patrons de couture s’arrêtait à l’époque au 44, voire 46 quand on avait de la chance. J’ai donc dû apprendre par moi même à patronner et créer un vêtement de A à Z sans formation. »

Les boutiques en ligne pour plus de liberté

Parce que coudre ses vêtements soi-même n’est pas possible pour tout le monde, et parce que certains magasins physiques manquent à l’appel de l’inclusivité, vous êtes nombreuses à vous tourner vers le shopping en ligne. Pour Amélie*, en première ou seconde main, c’est la meilleure solution.

« En neuf ou en seconde main, on ne peut acheter presque qu’en ligne : les chaînes n’ont que pas ou peu de rayons grande taille en “réel”, et les petites boutiques de marques écolos et durables ne conviennent clairement pas à tous les budgets. Ces limites de l’achat en neuf se retrouvent aussi sur le marché de seconde main…

Echaudée par le peu de trucs dispos en neuf, je n’ai jamais cherché de vêtements en boutique de fripes : je me suis dit que j’allais m’épargner cette peine. J’ai testé Vinted, et ce n’est pas toujours facile de trouver des vêtements sympas, essentiellement parce que les gens sont infichus de classer correctement les vêtements qu’ils vendent dans la bonne catégorie de taille…. Mais quand même, avec quelques efforts pour les recherches, on peut trouver ! »

C’est aussi ce que pense Sophie*, qui s’habille presque exclusivement sur internet depuis une dizaine d’années.

« Pour des questions humaines et environnementales, je me pose de plus en plus la question de la « responsabilité » face à la fast-fashion. Je ne connais pas encore de marque qui proposerait des produits variés et éthiques et pour des grandes tailles… Sans que le prix ne double par rapport aux tailles classiques ! Certes, je suis prête à payer un peu plus cher pour des vêtements “responsables” . Mais les tailles “plus-size” coûtent déjà plus cher en moyenne, et je ne peux pas me permettre de mettre plus de 100 € dans chaque pull !

La seconde main serait donc une solution mais…où ? J’ai trouvé un début de solution avec le site Vinted. En fouillant beaucoup, et souvent, on trouve des choses. Mais les pépites sont très rares ! Je cherche donc l’enseigne miracle qui regrouperait des produits de seconde main grandes tailles, et pourquoi pas des marques éthiques, où on aurait le choix en termes de produits et de prix. Une utopie, certainement… »

Alterner entre les enseignes

Anne-Lise s’intéresse à la mode depuis très jeune, et elle aime mettre de l’inventivité dans son dressing. Avoir un dressing à son goût et à sa taille lui a pris beaucoup de temps, et elle alterne aujourd’hui entre les types enseignes, selon ses besoins. 

« Dernièrement, les marques ont commencé à étoffer leur panel sur Internet, et parfois en boutique. Cela devient donc plus facile pour faire des achats “mode”. Mais parallèlement, ma conscience de la surconsommation s’est développée et j’ai cherché des solutions pour équilibrer mes achats, aidée par la mode du vintage.

Je fais de plus en plus de recherches de vêtements seconde main, mais quand on veut de la grande taille, cela nécessite beaucoup de temps !
Au final, aujourd’hui mes achats mode s’équilibrent entre :

  • La fast fashion pour les pièces modes pointues ou pour les styles à courte durée
  • Des marques plus durables (Levis, La Redoute, Boden…) pour les vêtements classiques avec une durée de vie plus longue
  • Les sites de vente de seconde main pour… tout. Je lance des recherches à ma taille sur une marque, un style, une forme ou une couleur, et vérifie tous les jours, en achetant principalement des marques que je connais
  • Instagram, où je suis des comptes dédiés aux vêtements vintage grande taille, encore trop peu nombreux à mon goût
  • Les boutiques de rue pour tout ce qui est chaussures et accessoires
  • Les boutiques de vintage où je n’achète quasiment rien car trouver un modèle sympa en grande taille relève plus du hasard.

J’aimerais vraiment que la mode grande taille se développe dans les boutiques vintage et sur les sites de revente afin de pouvoir acheter moins de neuf ! »

Vous êtes donc toutes passées par la seconde main, avec plus ou moins de succès et d’enthousiasme. Et ce qu’on en retient, c’est qu‘il est temps que l’offre de vêtements de seconde main en grandes tailles se développe, tant en qualité qu’en quantité… Mais que vous soyez acheteuse occasionnelle d’occasion ou que vous ayez complètement banni le neuf, l’important est que vous vous sentiez bien dans vos baskets !

Et ça tombe bien : Kiabi, que vous avez été nombreuses à citer pour vos achats neufs, lance sa plateforme de revente de vêtements de seconde-main ! Si l’on en croit la réputation de la marque, il devrait y en avoir pour tous les goûts, et pour toutes les tailles. Et plus vous serez nombreuses à la rejoindre, plus vous pourrez échanger vos perles en « plus-size », alors n’hésitez plus !

À lire aussi : Comment acheter des vêtements grande taille en ligne sans avoir le seum quand on les reçoit

La Rédaction

La Rédaction


Tous ses articles

Commentaires

Banana

Dans le domaine du vintage, je possède un petit shop en ligne sur lequel j'essaie de proposer des articles le plus inclusifs possibles, avec des toutes petites tailles, des tailles plus "communes", des grandes tailles et des très grandes tailles. En ce moment je mets justement en ligne un stock de pièces 80s/90s XXL et XXXL. C'est un peu "niche" car ce n'est pas ce que je vends le plus, mais je tiens vraiment à proposer un éventail de tailles très large et je ne m'arrête jamais à la taille lorsque je trouve un vêtement cool, j'ai envie que chaque morphologie puisse se faire plaisir chez moi. Du coup je ne mettrai pas le lien ici, je ne poste pas beaucoup comme je lis principalement en sous marin, et je ne souhaite pas que ma démarche passe pour une auto-pub déguisée. Mais si ça intéresse quelqu'un je partage volontiers le lien en MP !
 

Cet article t'a plu ? Tu aimes madmoiZelle.com ?
Désactive ton bloqueur de pub ou soutiens-nous financièrement!