Cinéma, street art et food truck – Carte postale de Los Angeles

Lucile s'est envolée aux États-Unis il y a quelques mois. Alors, ça fait quoi de vivre à Los Angeles ?

Cinéma, street art et food truck – Carte postale de Los Angeles

En ce moment, quand on parle de Los Angeles on pense soit à un repère de pervers sexuels soit à des incendies gigantesques.

Mais L.A. ce n’est évidemment pas que scandales hollywoodiens et odeur de brulé. C’est pourquoi j’ai décidé de partager ma vision de la ville, que j’explore au fur et à mesure depuis mon arrivée quelques mois plus tôt.

Pourquoi partir à Los Angeles ?

En mars dernier, je rencontrais un garçon fabuleux autour d’un verre à Paris après plusieurs semaines de chat sur OkCupid (au passage, big up à Mymy pour m’avoir fait découvrir cette appli !). Il était intelligent, il était gentil, il était drôle… et il était américain.

J’étais en stage de fin d’études à Paris, m’emmerdant prodigieusement dans le département marketing d’une grande entreprise de médias français. Lui était assistant de production, s’emmerdant prodigieusement dans une boîte de production bossant principalement sur des publicités.

On s’est rencontrés, on s’est aimés, ça a fait clic dans ma tête. Et un jour il m’a dit :

« Tu sais, je vais quitter mon job et partir à Los Angeles. Je veux travailler dans le cinéma et ici je ne trouve pas ce que je veux. Alors voilà, je pars dans trois mois. »

Gros questionnement de mon côté. J’avais pour projet de trouver un job outre-manche à la base, mais long-story-short, me voilà à répondre «Ok je te suis».

Et je l’ai suivi. Après moultes recherches et galères de visa j’ai enfin trouvé un stage (oui un stage, même en tant que jeune diplômée et sans convention c’est possible aux USA). L’Alliance Française de Los Angeles voulait bien de moi pour y faire la réception, l’administratif, la communication et la gestion du site internet (oui oui, tout ça).

Alors en août dernier, je me suis envolée pour la Californie du sud.

L’arrivée aux Etats-Unis, ou le choc des cultures

Absolument tous les sites que j’avais regardés conseillent de bien prendre le temps d’envisager sa vie aux Etats-Unis avant de faire le grand saut, de bien réfléchir et de bien se projeter.

Manque de chance, je n’ai trouvé mon stage que fin juillet et, avec mon billet d’avion déjà réservé pour fin août, je n’ai pas eu le loisir de me projeter où que ce soit.

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Bien sûr j’avais lu les basiques sur le pays de l’oncle Sam et j’étais déjà venue une fois ou deux en vacances pour visiter. Mais visiter un pays et y vivre sont deux choses bien différentes.

Pourtant, je m’étais dit qu’avec mes précédentes expériences à l’étranger (deux séjours de 6 mois en Europe) j’étais parée et prête à m’adapter n’importe où ; sans compter qu’à l’Alliance Française je me retrouvais plus ou moins en terrain connu (c’est une école de français et un centre pour la culture française… pas de quoi trop me dépayser a priori).

Spoiler Alert : Non.

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Los Angeles est une ville très chouette (j’en parle un petit peu plus loin) mais c’est une ville américaine avant tout et bien que la culture américaine soit omniprésente en France, beaucoup de petites choses viennent te rappeler constamment que tu n’es plus sur le vieux continent.

Sans préparation correcte à venir vivre dans une nouvelle culture, ce genre de différences retarde pas mal l’adaptation à une nouvelle vie.

Du dépaysement, en veux-tu en-voilà

En cadeau, voici un petit florilège de trucs qui piquent plus ou moins au quotidien.

Pour commencer : les conversions. Rien n’est mesuré avec la même unité qu’en France. Ça peut sembler trivial, mais ça oblige à une certaine gymnastique quotidienne…

Les kilos ? Ici nous avons les pounds. Les mètres ? Pourquoi faire quand on a les feet ? Les kilomètres ? Non, gardons les miles. Les centimètres ? Comptons plutôt en inches ! Et je parle à peine des degrés Fahrenheit (sachez qu’une pizza cuit très mal à 200°F) ou des mesures de cuisine qui se comptent en onces ou en cups.

Autre corde sensible : LA CLIMATISATION. PARTOUT. Comprenons-nous bien, quand il fait 35 degrés dehors, je n’ai rien contre un bon petit air conditioning des familles qui rafraîchit tout le monde.

Mais quand la clim est partout, tout le temps et surtout par tous les temps qu’il fasse 17 ou 40 degrés à l’extérieur, c’est non seulement excessif mais carrément contre-productif car ça rend tout le monde malade (ou du moins tous les européens mal dégrossis dont je fais partie).

Petit conseil : avoir toujours un pull sur soi, pas dans le cas où il ferait froid dehors (ça n’arrive quasiment jamais) mais pour éviter de se changer en iceberg dès qu’on prend le bus parce qu’il y fait une température polaire.

Il faut aussi prendre en compte les transports. À Los Angeles, rien ne se fait sans voiture. Les lignes de bus, certes existantes, sont assez mal fichues : horaires imprécis voire inexistants, connexions impossibles et retards perpétuels… j’en viens à regretter le métro parisien !

Le trafic est ridiculement abominable, on ne sort pas sans avoir consulté les embouteillages avant… notamment parce qu’il y en a toujours. Un même trajet peut mettre 30 minutes ou deux heures. Et si vous souhaitez prendre le vélo, bonne chance ! Les pistes cyclables sont quasi-inexistantes et les automobilistes très réticents à l’idée de voir des cyclistes ailleurs que sur le Tour de France.

J’ai aussi dû m’adapter à une autre architecture – quoi de plus normal me direz-vous ? Mais quand on a vécu sur le vieux continent, ça choque un peu tous ces trucs carrés et sans vie au premier abord, les rues grandes et rectilignes où il est impossible de flâner et de se perdre.

Et puis, en vrac : les sonneries des voitures de polices et camions de pompiers hyper stridentes et carrément flippantes, les mecs habillés en détectives façon FBI avec de vraies armes dans leur holster apparent qui se baladent dans ton quartier (alors que C’EST PLUS HALLOWEEN BORDEL RANGE TON FLINGUE TU FAIS PEUR), les hélicoptères qui sillonnent le ciel sans arrêt et font un boucan d’enfer…

Avec une bonne dose de mauvaise foi, la mamie ronchonne qui sommeille en moi a donc eu un poil du mal à s’adapter à tout ça.

Surprenante Los Angeles

Mais heureusement pour moi, entre un travail intéressant et une relation épanouissante, j’ai bien fini par considérer la ville d’un autre œil et arrêter de me sentir agressée par tout ce qui bouge.

Tout n’est pas que climatisation et hélico. Après plusieurs mois à vivre ici, on se surprend à apprécier des aspects insoupçonnés de la ville.

J’ai dit que les bâtiments étaient globalement carrés et moches. C’est vrai. Mais ils sont aussi couverts de street art et les meilleurs artistes se réunissent à L.A. pour nous en faire profiter. Du coup c’est un peu comme une chasse aux trésors permanente pour qui s’y intéresse.

J’habite dans le quartier de Koreatown, qui, comme son nom l’indique, est le quartier coréen. Ici toute la ville est divisée en quartier ethniques : Little Armenia, Chinatown, Koreatown, Little Ethiopia, et j’en passe.

C’est assez étrange au début surtout quand on sait que la majorité des quartiers riches sont des quartiers «de blancs», mais on s’y fait. En attendant, rien que dans mon quartier, il suffit de faire le tour du bloc pour apercevoir de somptueuses peintures murales !

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Engloutir tout ce que je trouve : l’un de mes passe-temps favoris

Et en parlant de rue, il faut absolument mentionner une des plus belles traditions américaines : j’ai nommé, le food truck ! Pour quelques dollars on peut absolument tout manger et dans des quantités astronomiques (l’american size n’est pas un mythe).

C’est probablement là que j’ai dégusté les meilleures quesadillas de toute ma vie.

La nourriture globalement est d’ailleurs excellente surtout en ce qui concerne les plats mexicains et asiatiques car les immigrantes et immigrants (ou leurs descendant·es) vivent à L.A. et y ont importé leurs recettes.

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Vivant à Koreatown, j’ai donc pu découvrir les barbecues coréens aussi bons qu’au pays (paraît-il, en tout cas c’était excellent) et des spécialités asiatiques dans les boutiques du quartier où les produits sont en général bien meilleurs que dans les chaines comme Walmart. Du moins si vous comprenez le coréen, car beaucoup de descriptions de produits ne sont pas traduites !


Ceci est de la farine de sarrasin (« buckweat powder » écrit en tout petit en haut)

Une ville entourée par une nature somptueuse

Un autre aspect merveilleux et surprenant de Los Angeles vient directement de sa situation géographique.

À moins d’une heure de la ville en voiture se situent des montagnes avec des canyons somptueux qui promettent des randonnées magnifiques pour qui voudrait s’échapper un peu du bouillonnement incessant de L.A.

Et encore plus loin, le désert appelle les plus aventureux à se perdre sur de longues routes interminables. Je ne suis personnellement pas encore allée plus loin que les montagnes autour de la ville mais je n’en ai pas besoin : il y a largement de quoi s’émerveiller en pleine nature sans avoir besoin de prendre deux jours de congés !

La diversité de la nature en Californie est assez incroyable. Malgré le climat très chaud de cette partie du pays, on n’a aucun mal à trouver des sources fraîches et des forêts ombragées !

Oh et faut-il le mentionner ? La plage fait partie intégrante de la ville ! Le meilleur moment pour y aller étant surement le mois de septembre car il fait encore très chaud mais la plupart des touristes sont partis et laissent les étendues de sables aux locaux.

Bien que touristique, une balade à vélo sur le bord de la plage (avec une vraie piste cyclable cette fois) est juste un moment magique !

Hollywood, paillettes et cinéma

Et on ne saurait parler magie sans parler d’Hollywood ! La culture américaine veut qu’il y ait des publicités absolument partout et Los Angeles n’échappe pas à la règle. Mais ici ce sont en grande majorité des annonces pour les prochaines sorties ciné ou séries.

Impossible de rater la saison 2 de The Crown puisque depuis plusieurs semaines les panneaux Netflix fleurissent avec la date de sortie et côtoient les Downsizing ou Coco un peu partout.

La ville résonne littéralement au son du 7ème art et on trouve très facilement des tournages sur lesquels faire du volontariat pour apprendre le métier.

Grâce à cela, mon copain a pu faire du volontariat en tant qu’assistant de production, second assistant caméra, et même aller sur le plateau d’une série renommée – dont je tairai le nom, confidentialité oblige – pour coacher une actrice en français : bien qu’américain, il est tout à fait bilingue !

J’ai personnellement pu être assistante de production sur un court-métrage. C’était épuisant (nous avons travaillé 14h le premier jour et 12h le second avec juste 45 minutes de pause pour le déjeuner) mais parfaitement passionnant !

Je n’ai malheureusement pas assez de temps avec mon stage pour aller plus souvent sur les plateaux, mais j’ai vraiment adoré cette première expérience ! Et même si nous n’avons pas encore gagné d’argent avec cela si l’on omet le coaching en français, cela donne de l’espoir pour la suite : travailler sur les plateaux permet de rencontrer du monde et de se faire un réseau de contacts dans le milieu.

Apprendre à aimer Los Angeles

Voilà comment j’en suis arrivée à aimer la ville de Los Angeles en plus d’aimer celui qui partage ma vie actuellement.

En revanche il est assez difficile de se faire des amis ici. Malgré l’approche très chaleureuse de beaucoup d’Américains, les occasions sont assez rares de discuter et de réellement apprendre à connaître une personne.

Pour le moment, en plus des gens avec qui je travaille, j’en compte deux que je considère comme des amis : ce n’est pas beaucoup, mais c’est un début !

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Commentaires
  • Léona B.
    Léona B., Le 10 janvier 2018 à 14h48

    @Lucile M. Oui et j'avais pas tellement aimé d'ailleurs :hesite:
    Mais j'ai eu beaucoup de retours de Français ou autres nationalités qui n'avaient pas aimé non plus en tant que visiteurs et avaient apprécié la ville seulement une fois qu'ils s'y étaient installés, ça leur avait donné le temps de découvrir les quartiers et tout :happy:
    Je déteste conduire et j'adore les transports en commun, donc ça ne serait pas une ville pour moi dans tous les cas, mais j'y retournerai peut-être un jour :cretin:

    Sinon, j'ai fait la Route 66 et c'était ouf, le grand ouest, de la Californie à l'Utah, c'était tellement beau :puppyeyes:

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