Comment j’ai vaincu ma timidité en trois étapes

Naya a longtemps été rongée par une timidité maladive. Depuis quelques années elle a décidé de sortir des sentiers battus pour essayer de combattre cet aspect de sa personnalité qu'elle vivait comme un handicap.

Comment j’ai vaincu ma timidité en trois étapes

Je suis une grande timide. Partout où je vais, je ne peux m’empêcher de l’annoncer avant même de décliner mon identité. J’ai pris cette habitude par peur que les gens me trouvent bizarre ou asociale.

Je préfère donc rapidement mentionner ce détail afin de me protéger d’éventuels jugements hâtifs. De plus en plus souvent, les gens sont étonnés lorsqu’ils prennent connaissance de cet aspect de ma personnalité : « Timide ? Mais ça se voit pas du tout ! »… À ce moment là, j’offre généralement mon sourire le plus crispé à mon interlocuteur, qui est loin de se douter du long travail sur moi-même que j’ai réalisé pour en arriver là.

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Je ne dis pas que la timidité est une tare : on peut très bien vivre avec tout en étant heureu•x•se et épanoui•e. Pour ma part, je ne vivais pas très bien avec ce trait de caractère, qui n’était pas compatible avec la sphère professionnelle dans laquelle j’évoluais, jusqu’à ce que je comprenne qu’il existe des solutions pour y remédier.

Voici donc trois étapes qui m’ont aidée à sortir de ma timidité !

Me lancer sur YouTube

Depuis des années, je regarde de nombreuses vidéos de youtubeurs sur Internet. Pas spécialement fan des blogueuses beauté et des podcasteurs, je m’intéresse d’avantage aux vidéos qui arrivent à mêler culture et humour.

Il y a quelque temps, j’ai vécu une période pas très joyeuse d’errance professionnelle, et je passais le plus clair de mon temps à manger des biscottes et à regarder Au nom de la vérité sur TF1.

Homer

Un peu déprimée et lassée d’envoyer des centaines de CV sans réponses, je me suis dit qu’il fallait que je me bouge. Me lancer sur YouTube était alors pour moi le moyen de répondre à mon double problème : tuer l’ennui et peut-être me faire repérer par un gentil employeur… J’étais rêveuse, mais pas si naïve puisqu’en effet, mes vidéos m’ont rapidement permis de trouver mon job de l’époque !

Dans un premier temps, il fallait que je trouve un concept solide pour mes vidéos. Je devais trouver un sujet qui me passionne pour ne jamais avoir à écrire et tourner dans la contrainte.

Depuis toute petite, je suis fan de séries des années 1980 et 1990. Incollable sur la grille des programmes du Club Dorothée et pouvant facilement classer les génériques des séries par ordre chronologique, je décidais donc de faire de la nostalgie le thème principal de mes vidéos.

Je suis allée acheter ma caméra et je me suis lancée sans conviction dans mes premières tentatives. J’ai commencé à écrire mes textes et à tourner sans micro, sans lumières, sans aide extérieure à part celle de ma petite sœur qui me criait un « ça tourne ! » très professionnel entre chaque prise.

En réalité, mes séances de tournage étaient difficiles puisque ma timidité faisait que j’avais beaucoup de mal à jouer la comédie, même en étant seule dans ma chambre ! Une fois ma vidéo bouclée, j’ai découvert les joies du montage, pour un résultat assez maladroit…

J’étais quand même très fière d’avoir réalisé ça toute seule et d’avoir réussi à cliquer sur le bouton « publier ». D’ailleurs vous pouvez retrouver les vidéos que je réalise encore sous le nom de La Ringarde sur ma chaîne youtube (je te fais une « inception » subtile sous forme de publicité)

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En me jetant dans la gueule du loup, je suis sortie de ma zone de confort. Faire une telle chose était inimaginable il y a quelques années, et aujourd’hui, je suis contente de moi puisque mes vidéos m’ont permis de connaître des gens sympas et d’avancer professionnellement.

Le fait d’être une femme n’a pas aidée à me sentir en confiance au moment d’entrer dans cet univers très masculin. Sur YouTube, les femmes sont clairement en minorité ou quasi-enfermées dans les domaines de la mode et de la beauté. Si vous avez une idée, un concept ou simplement des choses à dire, même sans gros moyens pour tourner, faites comme moi, lancez-vous dans l’aventure YouTube !

Sortir seule

De nos jours, vous êtes souvent considéré•e comme un•e loser, si vous avez l’audace de sortir sans être accompagné•e. Quelle idée saugrenue d’aller faire les magasins seul•e, d’aller au cinéma sans ses ami•e•s… Aller dans un bar seul•e ? Quelle extravagance ! Et pourtant, commencer à sortir seule m’a permis de vivre des expériences intéressantes et de me forcer à établir le contact avec des personnes que je n’aurais jamais abordées si j’avais été accompagnée.

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L’une des pires situations à vivre pour quelqu’un de timide comme moi, c’est de se retrouver seule face à un groupe de personnes qui se connaissent déjà… Il peut alors se produire deux choses.

Soit vous passez une mauvaise soirée, assise dans un coin avec votre meilleur ami — le paquet de chips goût paprika.

Soit, dans un vif élan de YOLO, vous osez sourire à un autre individu qui, comme vous, guérit sa solitude auprès de la nourriture. C’est dans cette optique que j’ai commencé à me rendre à quelques soirées sans mes copines. Pour une femme, sortir seule en soirée peut paraître compliqué : et si vous tombiez sur un mec lourd qui ne vous lâche pas, sans vos ami•e•s pour vous servir d’échappatoire .

Mais pour ma part, j’ai rencontré plus d’avantages que d’inconvénients lors de ces sorties seule avec moi-même !

Greys anatomy

Je me suis imposé au moins UNE sortie seule en territoire inconnu par mois. Après le boulot, je peux aller sur la terrasse d’un café ou dans un bar pour boire un verre. C’est très étrange, mais à chaque fois que je décide de sortir seule, il m’arrive des choses tout à fait inhabituelles et pas désagréables du tout.

Le mois dernier par exemple, j’ai rencontré une jeune infirmière qui venait de se faire larguer par un médecin de l’hôpital où elle travaillait. Elle aussi était seule au bar, nous nous racontions nos déboires sentimentaux comme si nous nous connaissions depuis des années. Aujourd’hui, nous sommes toujours en contact.

Alors, vous aussi, cessez de vous laisser faire par une société qui vous dit que vous n’êtes rien si vous sortez seule, et explorez le monde qui vous entoure !

M’inscrire sur des sites de rencontre

Lorsqu’on est célibataire, hétérosexuel•le et timide, le premier contact avec le sexe opposé peut parfois sembler délicat, même quand on a un caractère affirmé comme le mien. De plus, beaucoup de personnes ont tendance à confondre « fille timide » et « fille sans caractère », voire « fille qui ne sert à rien »…

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Puisque, quand un homme me plaît, je mets des années avant de le lui dire, j’ai décidé de passer à la vitesse supérieure. Je me suis inscrite sur des sites de rencontre afin de pouvoir établir le contact avec des nouvelles personnes, en espérant qu’avec le temps et la pratique, je serais un peu moins apeurée par les premiers échanges.

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Mes premiers rendez-vous organisés par ce biais n’ont pas été très enrichissants. Soit je me suis ennuyée, soit je suis tombée sur des hommes aux intentions peu courtoises.

Après avoir compris qu’il était alors nécessaire de bien trier dans la jungle sentimentale d’Internet, j’ai pu faire quelques rencontres intéressantes. Avec le temps j’étais de plus en plus à l’aise et en confiance, j’osais parler d’une manière naturelle et spontanée à des individus que je ne connaissais que depuis cinq minutes !

Aujourd’hui, j’ai un peu laissé tombé les sites de rencontre. Même si je n’ai pas exploité leur première utilité, ils ont été un très bon exercice pour me forcer à aller au-delà d’une timidité qui m’empêchait de pouvoir établir un contact avec l’autre.

E.T doigt

Et maintenant ?

Aujourd’hui, j’arrive à faire un tas de chose que je n’envisageais pas il y a peu ! Mon expérience sur YouTube et tous les commentaires qui m’encouragent à continuer m’ont donné confiance en moi et ont facilité ma capacité à prendre la parole en public.

Le fait de sortir seule a réduit ma peur de l’autre, et m’a permis de faire la connaissance de personnes que je n’aurais jamais rencontrées si je ne m’étais pas jetée dans l’arène. À défaut de m’avoir fait rencontrer l’homme idéal, les sites de rencontres m’ont permis de faciliter mes premier contacts avec les mecs.

Aujourd’hui, je suis toujours timide, mais beaucoup moins qu’auparavant. C’est un grand pas qui me paraissait irréalisable il y a encore quelques années. Je le redis encore, si vous vivez très bien avec votre timidité, c’est génial. Par contre, si comme moi, vous considérez que cet aspect de votre personnalité est un frein qui vous handicape, à vous de trouver vos propres petites astuces pour pouvoir progressivement le combattre et vous épanouir autant personnellement que professionnellement.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Mlle-Fanny
    Mlle-Fanny, Le 28 août 2015 à 17h27

    Bonjour, je suis une grande timide, actuellement en auto-thérapie aussi, je m'efforce à parler aux inconnus, pour discuter, blaguer ou poser une question telle que "Quelle heure est-il?" même si j'ai mon téléphone portable dans mon sac à main lol, j'ai encore beaucoup de mal mais je progresse lentement.. :):d

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