SolangeTeParle codes de la féminité, et ça fait débat

SolangeTeParle a sorti Pas féminine, une vidéo qui interroge les codes de la féminité de façon plutôt... directe. Sur Internet et au sein de la rédac, ça a fait débat !

SolangeTeParle codes de la féminité, et ça fait débat

SolangeTeParle est un peu un OVNI dans l’univers YouTube… mais n’en reste pas moins une jeune femme victime du sexisme et notamment des injonctions à la « féminité ». Si tu ne connais pas cette vidéaste, clique sur l’image ci-dessous pour découvrir sa longue et passionnante « interview-canapé » !

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Pour être « féminine », il faudrait se maquiller, s’épiler, se coiffer avec soin, ne pas être grosse, porter des talons… tant de codes dans lesquels j’ai parfois envie de balancer un bon high-kick des familles (avant de me rappeler que je suis pas du tout assez souple pour lever mes jambes dignement). Et Solange, ça lui lime menu les ovaires, ces injonctions. Du coup elle a décidé de s’y attaquer.

Elle a publié hier soir, le 15 décembre, une vidéo, Pas féminine, qui commence par ces mots :

« Va y avoir pas mal d’impératif dans cette vidéo, je m’en excuse d’avance. C’est simplement que j’aimerais pouvoir t’envoyer des messages contraires à tout ce conditionnement qui existe autour de nous, qui nous aliène, qui nous asservit. »

Comptabilisant actuellement 70 000 vues, Pas féminine a fait pas mal réagir sur les réseaux sociaux mais aussi au sein même de la rédac. Du coup, on a décidé de compiler nos avis dans un article… pour avoir le vôtre ensuite !

Ont participé à cet article : Clémence Bodoc, Juliette VonGeschenk, Sophie Riche, Amy, mais aussi Juliette (pas la même) & Marilou, nos stagiaires de troisième pour la semaine !

Pas féminine, de SolangeTeParle

Après son petit « avertissement », Solange commence ses phrases par « tu n’as pas à… ».

« Tu n’as pas à être féminine, tu n’as pas à souffrir pour inspirer le désir. »

Là-dessus, je pense que tout le monde est d’accord : on ne devrait pas avoir à souffrir, à correspondre aux codes de la féminité, à vouloir être désirable, même ! Mais Solange enchaîne, comme elle l’avait annoncé, avec de l’impératif.

« Arrête de porter des talons. T’as pas besoin d’avoir l’air pitoyable le soir sur les quais du métro. Les quelques secondes où tu te sens grande et sexy et puissante, est-ce qu’elles ne sont pas immédiatement réduites à néant quand une ado en baskets t’a doublée dans la rue, que toi tu souffres ? Tu t’es esquinté les orteils, les talons, tu mets des patchs anti-ampoules. C’est la honte. »

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« Choisir de ne pas être désirable »

La suite de Pas féminine est une litanie d’impératifs : arrête de porter des talons, te fais plus les ongles, arrête les manucures, tu n’as pas ce genre de temps, te mets pas au régime, arrête de t’inquiéter de tes poils pubiens, de payer les gens pour te fabriquer une sorte d’entrejambe de porno, aime ceux qui aiment ton pubis comme il est, interroge-toi, fais les choix qui te rendent libre. Puis retour du premier mantra : « Tu n’as pas à sourire quand tu es mal à l’aise ». Et enfin : résiste, sois dure à cuire, pas commode.

En conclusion :

« Tu peux choisir de ne pas être désirable. »

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Une injonction… anti-injonctions ?

SolangeTeParle utilise donc l’injonction, l’impératif, pour prendre le contrepied de toutes ces injonctions qui voudraient modeler le corps des femmes, qui leur enseignent que ne pas respecter les codes du féminin, ce n’est pas beau, pas correct, pas propre, pas désirable.

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Ce choix fait débat dans la rédac. Clémence le comprend :

« Solange retourne l’injonction qu’on retrouve par exemple dans la presse féminine, elle explique ce choix dès l’introduction. Personnellement, critiquer la forme de son message me mettrait mal à l’aise ; je ne vais pas dire à Bonjour Tristesse, qui me crie dessus (car c’est son concept), de baisser d’un ton… Elle a le droit de dire qu’elle trouve qu’une femme en talons, le soir, sur un quai de métro, a l’air « pitoyable », ce n’est pas comme si elle érigeait son avis en vérité absolue.

C’est sûr que sous cette forme, le message ne passera pas auprès de tout le monde. Il passera auprès de certaines personnes, en brusquera d’autres, en blessera sans doute d’autres aussi… Mais sur le fond, il ne me pose aucun problème ! Elle ne donne pas de « conseil dangereux », au contraire même : tu n’as pas à, tu as le droit de t’en foutre, pourquoi tu t’emmerdes à… »

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Sophie, elle, est révoltée par cette « méta-injonction ».

Les injonctions, ça craint

« Je m’en fiche, du « renversement des injonctions » : les injonctions, sur la bonne façon d’être et de vivre sa vie quand on est une fille, ça craint. Je déteste qu’on me dise quoi faire PARCE QUE je suis une femme. Je porte des talons (je me sens mieux en talons), je fais du sport et j’essaie d’avoir une alimentation équilibrée, j’aime me maquiller et ne pas avoir de poils pubiens. Et alors ? Je m’aime comme ça. Qu’on vienne me dire que j’ai l’air ridicule en talons, ça me les brise. Je DÉTESTE qu’un homme ou une femme vienne valider ou invalider, en vidéo ou en vrai, ma façon de m’habiller et d’être. »

Un avis que partage Juliette VonGeschenk.

« J’ai jamais été partisane des gens qui tirent certains vers le bas pour en mener d’autres vers le haut, faire couler des têtes ça me plaît pas. On fait partie de ces personnes bâillonnées, opprimées parce qu’on a une vulve, alors pourquoi se tirer dans les pattes ? C’est pas mieux de se serrer les coudes en disant « en fait, fais ce que tu veux » plutôt qu’en remettant une louche d’injonction dans la marmite ? »

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L’avis de Marilou & Juliette, 14 ans

NB : Marilou a joué dans le film Tiens-toi droite, portant sur la féminité dans tous ses états !

Marilou donne son avis sur cette vidéo qui fait décidément réfléchir, et nous parle des injonctions qui la touchent, du haut de ses quatorze ans.

« Je trouve que cette vidéo est mal exprimée. Je me sens rabaissée après l’avoir vue… personne ne me force à être féminine, c’est juste que j’aime ça. Personne ne doit nous dire quoi faire : c’est à nous, et à nous seule d’en décider.

Personne ne me force à être féminine

Il m’arrive de recevoir des injonctions comme : ta jupe est trop courte, c’est trop vulgaire, tu es trop maquillée, etc. Une fois, en cinquième, toutes mes camarades s’étaient rassemblées et avaient décidé de faire une « journée de la jupe ». J’avais dit oui, j’aurais voulu qu’on me fasse un compliment sur la belle jupe que j’avais mise exprès pour l’occasion… mais les garçons ont fait des compliments à toutes mes amies, alors que moi je n’ai eu le droit qu’à une vulgaire phrase : « tu ressembles à une p**** ». Je continue malgré cette insulte de porter des jupes. »

À lire aussi : « La jupe double peine », mais pas celle que vous croyez

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Coucou Marilou !

Juliette partage globalement cet avis. Notez que les deux jeunes filles ne se connaissaient pas avant de se rencontrer dans les bureaux de madmoiZelle.

« Je pense que cette vidéo est mal formulée car Solange dit qu’il ne faut pas porter de talons, de vernis à ongles… Mais certaines femmes se sentent bien comme ça et ne le font pas pour qu’on se dise qu’elles sont féminines, mais parce qu’elles se trouvent belles en talons haut et en vernis à paillettes !

Personnellement, je ne suis pas très exposée aux injonctions parce que je ne corresponds pas à l’idée que l’on a de quelqu’un de féminin, mais j’ai déjà eu des remarques désobligeantes. Dans mon collège, nous n’avons pas le droit de porter des t-shirts trop courts ou des shorts. Je trouve que ça crée des injonctions car ça signifie que nous sommes vulgaires si nous mettons des vêtements trop ceci ou pas assez cela ; ça nous encourage à ne pas montrer notre corps et à ne pas l’assumer. »

À lire aussi : Une lycéenne forcée de porter un « t-shirt de la honte » à cause d’une robe trop courte

La fine nuance entre code intériorisé et injonction

En soi, les codes de féminité sont arbitraires, artificiels. La preuve : bien des choses réservées aux femmes, et étant aujourd’hui des marqueurs de genre féminin, étaient l’apanage des hommes (le maquillage, les talons…).

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Les codes de féminité sont artificiels

S’épiler, préférer les cheveux longs, porter des talons a priori moins pratiques et confortables que des chaussures plates, ce n’est pas « naturel », on ne naît pas ainsi : ce sont des codes que la société plante dans notre cerveau dès notre plus tendre enfance. Cependant, de nombreuses femmes suivent ces règles non pas par obligation, mais par plaisir. Après tout, le maquillage peut être ludique, on peut préférer le galbe de ses mollets dans une paire d’escarpins, et mettre du vernis simplement parce qu’on aime voir ses ongles décorés.

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Selon Clémence :

« À chaque fois qu’on me balance une injonction, ma réaction est « Je fais ce que je veux de ma vie, de mon corps, merci pour rien et bisous ». Donc quand je suis exposée à des injonctions contraires à « la norme », au pire je m’en fous, au mieux je réalise encore mieux à quel point c’est ridicule de prétendre régenter la vie des autres.

Une contradiction profonde

Et si ce qui provoque tant de réactions épidermiques, dans cette vidéo, c’était d’être mise face à cette contradiction profonde : comment peut-on revendiquer un libre choix, quand il consiste à reprendre à son compte les armes de l’oppresseur ? Est-ce qu’on peut se dire qu’on fait ce qu’on veut de notre apparence, quand « ce qu’on veut » consiste à se conformer aux attentes sociales (patriarcales, donc) ? C’est une vraie question, je n’en ai pas la réponse. »

Et si on faisait tomber les barrières ?

Mon avis mixe un peu tout ça. En soi, je suis plutôt d’accord avec celles qui regrettent le ton de cette vidéo. Ce n’est pas celui que j’aurais choisi ; j’ai tendance à me crisper face à l’impératif (et personnellement, je n’ai pas envie de dire à Bonjour Tristesse de se calmer, mais je me trouve incapable de le regarder plus de douze secondes). Je ne me sens pourtant pas franchement concernée : je ne porte jamais de talons, je me maquille rarement, je suis à l’aise avec mes bourrelets… bref, les codes de la féminité ne régissent pas mon quotidien.

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Injonction, injonction, est-ce que j’ai une gueule d’injonction ?

Les codes de la féminité ne régissent pas mon quotidien

Et justement, en fait : quand je me plie aux codes genrés, c’est que j’en ai envie, c’est que ça m’amuse. C’est que ce jour-là, j’avais envie d’ongles de pieds rouge vif, de cils de biche, d’une robe qui me fait un bouli d’enfer. Je ne ressens aucune espèce d’obligation à faire ça : tout comme il y a des jours où j’ai envie d’un sandwich et d’autres où j’ai envie d’une soupe, eh ben y a des fois où j’ai envie d’être plus en accord avec les codes que d’autres. Je n’ai pas envie qu’on me dise : « Arrête de faire ce qui te plaît » !

Au lieu de rejeter les codes de la féminité, moi j’aimerais les élargir. Après tout, je peux sans souci porter des t-shirts « pour hommes », mettre des costards et n’adopter aucun cotillon lié à mon genre : j’aimerais que les mecs aussi adoptent tous les codes qui leur plaisent ! Je préfère qu’on dise aux hommes « tu peux mettre de l’eye-liner, c’est pas réservé aux filles » plutôt qu’on dise aux meufs « si tu veux être libre, ne mets pas d’eye-liner : c’est réservé aux filles ».

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Solange évoque Patti Smith, Virginie Despentes ; mais réduire la féminité « acceptable » à une seule forme, celle du rejet des codes, ça ne fait pas plus avancer le schmilblick que de la réduire à un tube de rouge à lèvres. Je n’ai pas envie d’être dure, rockeuse, de frapper du talon sur les pavés, de hurler ma rage, car ce n’est pas moi. Et tout mon féminisme a un but : que personne ne pense savoir mieux que moi qui je suis.

C’est quoi ça, « la féminité » ?

Marilou & Juliette nous ont donné leur vision de la féminité, ce mot finalement plutôt nébuleux, et d’un concept : « se sentir jolie ».

« La féminité c’est plusieurs choses à la fois, ça peut être selon les manières, les vêtements, le maquillage ou encore au naturel. C’est quelque chose d’imprécis. Être jolie c’est avant tout se sentir jolie. »

Être jolie c’est se trouver belle

« La féminité c’est différent pour chaque personne : on peut très bien se trouver féminine en pantalon ou en sweat-shirt. Pour moi, ce n’est pas forcément la façon de s’habiller, je n’ai pas de critères, toutes les femmes sont féminines à leur manière. Je pense qu’être joli•e c’est se trouver belle ou beau, il ne faut pas toujours écouter l’avis des autres. Pour moi la beauté est un terme éphémère, ça ne veut rien dire, c’est une invention qui sert à se rassurer (ou pas). »

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« Tu peux être mince, tu peux être grosse, selon ce que tu veux être. Tu peux être ce que tu veux. »

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Pas féminine, entre injonction et message utile

Je trouve que Solange diffuse tout de même de bons messages, à la base, dans Pas féminine. Déjà, comme le dit Clémence, elle ne donne aucun conseil dangereux. Ensuite, elle conseille à ses auditrices d’au moins essayer — essayer de ne pas s’épiler, de ne pas se maquiller, de se découvrir « au naturel ». Toute la dernière partie, sur l’injonction à rester souriante et douce, me plaît vraiment beaucoup, car en effet, on peut être une femme et l’ouvrir quand quelque chose ne nous plaît pas, ou tout simplement ne pas nous taire et rester complaisante avec une personne qui nous fait du mal, par exemple.

Amy, qui gère le forum, a nuancé sa première impression :

« Ça part d’une chose bien, le côté « tu n’as pas à », mais ensuite ça méprise les filles « féminines ». Certains termes, comme « pitoyable », me dérangent. Mais en lisant les commentaires, je vois des gens qui prennent du recul sur l’impératif, qui font la différence. Ils et elles présument de la bonne intention de Solange. »

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Solange est une femme sur YouTube : c’est déjà pas facile tous les jours. Parmi les réactions argumentées et mesurées à Pas féminine, on trouve aussi des articles, tweets ou autres emplis de haine, de violence, comme s’il était légitime de répondre à une injonction par des insultes, des souhaits de faire du mal à la personne, physiquement, mentalement.

Merci, Solange, de m’avoir fait réfléchir

Il est arrivé qu’un article sur madmoiZelle parlant d’un contenu problématique mène à des avalanches de messages haineux, d’insultes envers la personne concernée. Je compte sur vous pour que ça ne soit pas le cas ici. On n’a pas eu ce débat et publié ce résultat pour voir défiler des centaines de « SolangeTeParle quelle grosse bouffonne » : personnellement je trouve toujours ça bien de réfléchir sur les codes sociaux, de s’interroger sur sa féminité, sur ce qu’on prend pour acquis.

SolangeTeParle m’aura fait réfléchir, aujourd’hui. Alors je lui dis merci !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Cantor Métrique
    Cantor Métrique, Le 25 mai 2016 à 0h47

    J'ai un peu de mal avec l'idée "je suis libre de me maquiller, porter des talons etc... J'en ai juste envie" "Je le fais pour moi avant tout".
    Honnêtement, je ne pense pas que si la société ne nous avait pas d'emblée habituées à ses critères on aurait eu l'idée de se raser les poils ou autre pour "se sentir mieux". Je pense qu'en tant que femmes on est habituées à plaire (rapport au fait qu'avant, le seul salut de la femme c'était le mariage). Une des caractéristiques c'est que l'on a des attraits sexuels visibles contrairement aux hommes (avec les seins et les fesses), on est donc obligées "d'assumer" quelque part. Et donc, quand on met un décolleté par exemple, on a ce sentiment ambiguë de se sentir à la fois forte d'assumer son corps, et donc son côté désirable, mais avec la peur du regard de l'autre et le dégoût d'être un objet de désir. Je pense qu'on est habituées à se voir à travers le regard de l'autre.
    Il me semble qu'il y a des tests qui ont été fait sur des femmes aussi, observant que pendant le rapport sexuel, elles avaient tendance à penser plutôt à la façon dont l'autre voyait leur corps plutôt que leur propre plaisir.
    Bref je dis "je pense" pour préciser que c'est un sujet de réflexion de ma part et aussi parce que je lis Le deuxième sexe en ce moment et je suis d'accord sur certains trucs dits dans le bouquin, mais on peut ne pas être d'accord. Je fais peut-être de mon cas une généralité :P
    Donc pour moi cette façon d'être "libre de porter du maquillage" par exemple, ne coule pas de source, c'est pas "juste comme ça". Ça part des injonctions, on les a juste intégrées.
    MAIS je suis d'accord avec le fait que l'on peut reprendre ces injonctions à son compte. Si ces codes sont devenus représentatifs de la féminité... Alors pourquoi pas les assumer complètement.
    C'est difficile de choisir entre, être contre toute forme d'injonction, et en même temps, vouloir que la féminité ne soit pas une insulte mais puisse être valorisée. Le problème c'est que ça veut dire intégrer des stéréotypes tout de même.

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