Et si tu étais contrainte de découper tes serviettes hygiéniques… dans du papier journal ?

Les protections hygiéniques ne sont pas accessibles à tout le monde, comme le dénonce une campagne qui veut remédier à ce problème.

Et si tu étais contrainte de découper tes serviettes hygiéniques… dans du papier journal ?

Ne pas pouvoir aller à l’école parce qu’on n’a pas de protections hygiéniques, ou devoir en fabriquer soi-même de manière artisanale, une réalité qui appartiendrait par exemple à l’Inde ?

Pas du tout, et c’est un problème auquel l’entreprise sociale Hey Girls, basée au Royaume-Uni, souhaite remédier.

Au Royaume-Uni, une fille sur 10 n’a pas les moyens d’acheter des protections hygiéniques

C’est Refinery 29 qui aborde le sujet de la « Period Poverty », ou « Pauvreté liée aux règles », en relayant la campagne publicitaire de Hey Girls : un tuto pour découper sa propre serviette hygiénique… dans du papier journal.

Ces actions partent du constat établit par l’ONG Plan International UK, selon laquelle au Royaume-Uni, 10% des filles entre 14 et 21 ans ne peuvent se permettre d’acheter des protections périodiques chaque mois.

12% d’entre elles ont déjà dû « improviser » des protections hygiéniques, avec par exemple du papier toilette, des chiffons, ou du papier journal, justement.

Pour pallier cette situation, Hey Girls s’engage à donner à une jeune fille dans le besoin un paquet de produits hygiéniques pour un paquet acheté. Jusque-là uniquement en vente sur Internet, c’est à l’occasion du lancement de la distribution en supermarché que Hey Girls a monté cette campagne.

Et en France, qu’en est-il de la pauvreté liée aux règles ?

En France, le sujet de l’accessibilité des produits hygiéniques a émergé avec le débat autour de la « taxe tampon » mais aussi avec le lancement de l’association Règles élémentaires en Novembre 2015.

À lire aussi : Offrez des protections hygiéniques aux sans-abri grâce à l’action Luneale x Règles élémentaires

Sa fondatrice Tara Heuzé-S. a lancé des collectes de protections hygiéniques à destination des personnes sans-abri et mal-logées.

Mais le problème semble s’étendre au-delà des personnes à la rue. Dans une interview à l’AFP en mai 2018, une infirmière scolaire affirmait ainsi recevoir près de 400 demandes par an, et c’est un produit régulièrement demandé aux associations telles que les Restos du Cœur.

Comme quoi en France aussi, il demeure des progrès à faire en la matière.

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Au croisement de la rubrique actu et de la rubrique témoignages, elle passe de temps en temps une tête à l’étranger pour tendre son micro aux madmoiZelles du monde entier !

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Commentaires
  • Grimalkinn
    Grimalkinn, Le 25 août 2018 à 23h23

    Concrètement, des cups ou des serviettes lavables, c'est pas du tout l'idéal pour des personnes sans abri, pour les multiples raisons évoquées plus haut... Je pense qu'elles ont bien assez de tracas au niveau sécurité ou nourriture, elles vont pas en plus s'en rajouter en lavant des serviettes et en stérilisant des cups...
    Après, si c'est leur choix bien évidemment qu'il faudrait qu'elles en aient à disposition, mais ça me paraît difficilement applicable au quotidien dans la rue.

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