Et si les Français parlaient de #masculinité, comme les Islandais ?

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En Islande, des hommes utilisent le hashtag #karlmennskan (#masculinité) pour parler de tous ces moments où ils n'ont pas pu être eux-mêmes à cause des codes genrés. À quand la même chose en France ?

Et si les Français parlaient de #masculinité, comme les Islandais ?

Ça veut dire quoi, « être un homme » ?

Selon les cultures et les pays, cette question peut trouver des réponses bien différentes. Mais dans les sociétés occidentales, plusieurs critères se dégagent.

Être un homme, ça veut souvent dire être fort, ne pas pleurer, faire preuve de courage, ne pas demander de l’aide…

Autant de « règles » qui peuvent former un fardeau de plus en plus lourd. Quand les hommes vont mal, ils ne se sentent pas toujours libres de l’exprimer.

C’est une des raisons pour lesquelles il est pertinent de réfléchir à ces critères de masculinité, de virilité, histoire de les remettre en question et de limiter les dégâts qu’ils causent !

À lire aussi : Justin Baldoni (Jane the Virgin) explore sa masculinité dans un formidable TED Talk

Les Islandais se mobilisent pour parler masculinité

Actuellement, ce sont les Islandais qui se saisissent du sujet, notamment sur Twitter.

Comme l’explique The Grapevine, plusieurs hommes ont utilisé le hashtag #karlmennskan (#masculinité) pour évoquer ces moments où les codes genrés les ont empêchés d’exprimer leurs émotions, leurs peurs…

Je ne parle pas islandais, mais certains tweets ont été traduits !

« Après une fausse couche, j’ai commencé à prendre la voiture seul pour pouvoir pleurer.

J’avais besoin de laisser sortir mon deuil. Mais je ne pouvais pas montrer que je pleurais, à cause de la #masculinité. »

À lire aussi : Des hommes en larmes dans un projet photo qui repense la masculinité

« En janvier j’ai révélé avoir été victime d’un crime haineux. On m’avait éclaté l’entrejambe parce que je suis gay.

Des gens m’ont dit d’arrêter de me plaindre comme une fillette. M’ont dit que j’aurais dû être un homme et cogner l’autre, comme un mec, un vrai. »

« Quand mon fils avait 6 ans il m’a fait un beau bracelet de perles. Je l’ai porté au travail le lendemain (mes collègues sont à 99% des hommes).

Ils m’ont demandé si j’entamais ma transition vers le genre féminin. »

« J’ai eu un caillot sanguin pendant que j’étais à l’étranger, et j’ai fini à l’hôpital. Je n’ai pas voulu appeler ma femme ni mes enfants, pas tant que je n’étais sûr de ne pas me mettre à pleurer.

Ça a pris trois jours. »

Un exemple un peu plus léger pour finir cette série :

« Je trouve le Bailey’s délicieux. Mais je n’en commande jamais au bar, à cause de la #masculinité. »

D’où vient le mouvement islandais sur la masculinité ?

Là encore, The Grapevine a suivi le sujet.

Le magazine explique que le mouvement #karlmennskan a été lancé par l’Islandais Þorsteinn V. Einarsson, et que l’idée lui est venue d’une discussion avec la politicienne et féministe Sóley Tómasdóttir.

Ce n’est pas étonnant : le sujet de la masculinité, et de ce que les hommes sont « forcés » d’être, est régulièrement discuté dans les sphères féministes, tout comme la féminité !

Vous aussi, vous voulez parler de masculinité ?

Certes, le hashtag #karlmennskan est en islandais et la plupart des témoignages aussi.

Mais rien ne vous empêche de participer avec des témoignages dans votre langue, rien ne vous empêche d’en parler autour de vous et de générer une discussion en France !

Le hashtag #masculinité n’attend que vous !

Au sujet de la masculinité

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Mymy

Mymy, entre deux bouquins qu'elle chronique parfois en vidéos, est la rédac-chef adjointe/correctrice/community manager de madmoiZelle. Elle aime rester chez elle, les chatons mignons, la raclette du dimanche et les séries télé avec des retournements de situation dedans.

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Commentaires
  • Aconitia
    Aconitia, Le 20 mars 2018 à 9h53

    Je crois que ce que certaines madz veulent exprimer c’est que mettre sur un pied d’égalité les injonctions à la masculinité que les hommes vivent et le patriarcat est impossible.

    Le patriarcat est un système qui a pour but de maintenir les femmes, toutes les femmes, à une place désignée et qui punie toutes celles qui en sorte (moqueries, remarques type « t’as tes règles », remise en question des femmes trans, agressions, viol, féminicides). Comme tout système, le patriarcat profite à un certain groupe d’individu, en l’occurrence les hommes.

    Afin que les femmes restent « à leur place » il faut que cette place soit définie par un certain nombre de comportements ou de critères, dit « féminins » que ne pourront pas adopter les dominants, sous peine d’être rétrogradé de leur position « d’homme » (injonction à la virilité, absence d’émotion, hétérosexualité, etc…). Et évidemment, quand on lutte contre le patriarcat il faut aussi lutter contre ce problème de « revers de la médaille ».

    Par contre il ne faut pas tomber dans l’excès inverse, qui consisterait à « ajouter » des critères qu’il est possible d’adopter pour les hommes (« ok, tu peux pleurer, c’est si beau un homme sensible ») tout en continuant à les dévaloriser pour les femmes (« elle s’est encore mise à chialer, cette pleureuse »)

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