Lettre à Mathilde, 13 ans : Tu sauras faire face à l’adversité

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Quand elle a commencé la seconde, Mathilde a du prendre une décision difficile, envers et contre tous - ou presque. Elle ne regrette rien, le referait si c'était à refaire, et se sent même redevable de la Mathilde de l'époque...

Lettre à Mathilde, 13 ans : Tu sauras faire face à l’adversité
« Lettres à l'ado que j'ai été »Lettres à l’ado que j’ai été, c’est un recueil de lettres publié chez Flammarion, sous la direction de Taous Merakchi aka Jack Parker, contributrice historique chez madmoiZelle.

À notre tour, nous publions une lettre à l’ado que nous avons été. Et toi aussi, si l’envie ou l’inspiration te prennent, n’hésite pas à poster ta propre lettre sur le forum ou via #madmoiZelleArmy !

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Sortie le 14 mars !

Lettre à Mathilde, 13 ans

Hé toi,

Je me souviens bien de ce que tu vis en ce moment.

Tu viens de quitter un collège que tu adorais (ça sert à rien de me le cacher, à moi : je sais que tu as pleuré en partant, le dernier jour, et t’as pas à en avoir honte d’ailleurs). Tu rentres dans un lycée inconnu, tu découvres les joies de l’internat, duquel tu repartiras avec des amitiés incroyables malgré ton caractère taciturne et solitaire.

Mais surtout, tu commences la seconde, et ça se passe super mal. T’as du mal à mettre le doigt sur ce qui cloche.

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Ben oui, tout devrait aller bien : tu es dans une section internationale « espagnol », ce dont tu avais  toujours rêvé. Tu prends ton autonomie, tu découvres une nouvelle ville, une nouvelle vie. T’as de bons résultats.

Tu t’entends pas avec les élèves de ta classe, ils te semblent être d’un autre monde, et tu es un peu mise à l’écart, mais tu n’es pas harcelée pour autant. Et tu retrouves chaque soir des personnes formidables à l’internat.

Ton lycée est magnifique, une cour de 13 hectares avec des pins, des écureuils, un château ! Tu as même arrêté de t’engueuler tous les jours avec ta sœur, rapport que tu ne vis plus avec elle.

« J’m’ennuie… »

Non, vraiment, tout devrait bien se passer. Mais ça va pas.

En fait, tu as une idée de ce qui ne va pas : tu te fais chier. Vraiment. Mais tu mets un peu de temps à te l’avouer.

C’est hyper prétentieux de le dire à tes profs. T’as déjà sauté deux classes, vraiment, arrête de ramener ta science, que tu te dis. Et puis tout le monde te disait « Tu verras, au lycée, surtout dans une section qui te plaît, ce sera pas la même chose, tu vas t’éclater ! ».

Ben ouais mais tu t’éclates pas.

Ok, ils ont mis en place un genre de dispositif pour « élèves intellectuellement précoces », mais tu te fais pas moins chier pour autant.

Les élèves de ta classe ne sont pas méchants, mais t’as l’impression qu’ils n’ont pas la même motivation que toi, pas la même envie d’avancer, d’apprendre vite et beaucoup. Ils sont très dissipés, d’ailleurs, ce que tu ne comprends pas.

Au lycée, on est censé être plus grand et plus mature, non ? Et c’est quoi ce délire de manquer de respect aux profs ? C’est quoi l’intérêt ?

Avec tout ça, tu commences à péter un plomb. Jusqu’à ce que l’idée te vienne de… demander un saut de classe.

Sauter la seconde, où est le problème ?

Ouais, ça ferait le troisième saut de classe. Et tout le monde dit que c’est impossible au lycée – c’était déjà compliqué au collège. Mais comme t’en peux plus, tu balances l’idée, et t’as bien raison.

Tu sais quoi ? Fais fi des gros yeux avec lesquels on te regarde, et qui s’agrandissent à l’extrême quand tu dis vouloir aller en S. Oublie les profs qui refusent de te faire passer les contrôles de première, juste parce qu’ils sont opposés à ton passage au point de refuser de confronter leurs convictions à de simples tests.

Plus tard, tu te diras qu’à ce moment, ils n’étaient peut‑être pas capables d’envisager tout ça.

Pour l’instant, t’as le droit de marcher à la colère, de trouver que ce sont juste des couards fermés d’esprit. T’en profiteras pour leur faire un pied de nez quand t’auras eu ton bac.

T’étais une ouf, t’as vu ?

Fais‑toi confiance : tu sais ce qui est bon pour toi. Je te le dis pour te rassurer, mais quelque part t’as même pas besoin de moi pour ça. T’as été fichue de dire « merde » à ton père à 10 ans, c’est pas une administration de bahut qui va t’empêcher de recommencer.

En vrai, t’es la meilleure meuf.

J’avoue que je t’admire. Parce que, je m’en rappelle très bien, le proviseur de ton lycée t’a clairement fait comprendre que si tu voulais sauter une classe, tu te barrais de son établissement.

« On lui fait passer les épreuves, ok, mais après vous prenez vos dispositions pour la suite si elle les réussit. Nous n’avons pas de place en première inter espagnol, il faudra donc en tenir compte. »

Et toi, clairement, t’as pris ton courage de gamine de 13 ans à deux mains, t’as aussi pris un peu de celui que te donnaient les personnes bienveillantes autour de toi, et t’as foncé. T’as décidé de réussir les examens, et de te barrer.

Et tu l’as fait.

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Le lycée l’a regretté. Rapidement, il t’a fait les yeux doux, comprenant que l’obtention de ton bac deux ans plus tard aurait pu lui faire bonne publicité.

Tu ne t’es pas retournée une seconde, parce que tu étais décidée, et tu as juré de ramener le champagne au proviseur lorsque tu aurais ton bac. Juste pour dire.

Et tu as eu cette chanson dans la tête pendant 2 mois

T’as vraiment géré comme une cheffe. Tu as mûri ta décision, et une fois sûre de toi, tu n’as rien laissé t’arrêter. C’était pas simple, je sais, et aujourd’hui j’aurais aimé pouvoir t’assurer que tu pouvais te faire confiance.

Que tu peux. Toujours.

Je te l’ai déjà dit : tu sais ce qui est bon pour toi. Et, avec le recul que j’ai à présent, moi, je sais que lorsque tu veux quelque chose, tu l’obtiens toujours. Que lorsque que tu as une galère, tu retombes toujours sur tes pattes.

Toujours, je te le garantis. Même les fois où tu penseras que plus rien n’est possible.

Ben tiens, c’est malin, j’ai les larmes aux yeux en t’écrivant ça.

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Tu es formidable, tu mérites d’être aimée… Et de t’aimer

Je te le jure, tu te sortiras toujours des situations les plus terribles, même quand ce sera toi‑même qui les auras causées.

Et tu brilleras. Tu seras capable de déplacer des montagnes, de réaliser des trucs inédits, des projets fous, de changer le monde à ton échelle et selon tes convictions.

Même si t’auras certainement l’impression que ça n’a rien de spécial, même si aujourd’hui j’ai encore l’impression que ce que j’ai réalisé est anodin, je te le dis avec toute la bienveillance du monde pour que tu le saches avant moi : tu es exceptionnelle.

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Littéralement. Tu es toujours l’exception. Tu es chelou et tu t’en fous, et t’as raison, et des gens vont t’aimer pour ça. Ce sera ta plus grande force.

Avec un petit bonus de confiance et de motivation, tu obtiendras tout ce que tu voudras, parce qu’en plus t’es butée comme une mule, et ta persévérance est immensément puissante.

Cependant, sache une chose : tes seules limites sont celles qui tu t’imposes. Cela veut dire que rien ne t’empêchera jamais de retourner le monde… Sauf peut‑être toi‑même.

Fais preuve de courage

Alors ne te limite pas, libère ton potentiel, prends des risques, saute dans le vide parfois, même, parce que tu sauras te sauver, tout comme tu sauras t’entourer de personnes qui seront là pour te rattraper, peu importe les situations.

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Te mets pas trop la pression non plus, hein. Sinon tu vas finir comme moi, à écrire un article pour expliquer combien le fait que Luke Skywalker soit imparfait fait du bien à ton égo.

Sois imparfaite et accepte‑le. Échoue, et accepte‑le. Ris‑en, tu vas voir, lors des moments les plus sombres, c’est ton humour piquant qui t’aidera à patienter avant de retrouver un peu de lumière.

Dernière chose, parce que cette lettre est déjà longue, et que si ça se trouve, mes conseils de pseudo grande sœur te saoulent plus qu’autre chose. T’es déjà si têtue.

Merci, Mathilde.

Je te suis reconnaissante, et redevable

Merci pour le courage dont tu as fait preuve jusque là, parce que je sais combien tu as du te battre.

Merci pour le courage dont tu fais preuve maintenant, parce qu’il m’a certainement sauvée.

Et merci pour le courage que tu déploieras par la suite, car les batailles s’enchaîneront sans cesse, mais dans le pire des cas, tu t’en sortiras avec seulement quelques cicatrices, marques indélébiles qui te rappelleront plus tard combien tu as été forte.

Merci d’avoir fait de moi ce que je suis, avec mes imperfections et mes nombreuses qualités.

Tu sais que nous ne faisons jamais de promesses. Parce que c’est pour toi, j’en fais une aujourd’hui : je te promets de continuer à prendre soin de nous autant que je le pourrai, et de ne pas t’oublier.

On se dit à dans quelques années ?

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À lire aussi : Jack Parker présente les Lettres à l’ado que j’ai été, un recueil émouvant

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Mathilde Trg


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Commentaires
  • Anna Lisa
    Anna Lisa, Le 19 mars 2018 à 15h49

    @Mathilde Trg Oui j'ai déjà pensé au syndrome d'Asperger. Autant il y a des jours où je suis persuadée que c'est ça, autant d'autres jours où je me dis que c'est purement impossible. On va dire que la précocité était la solution "facile", dans le sens où plusieurs personnes m'en ont parlé, que je me reconnais dans les traits et que ça aurait expliqué beaucoup de choses. Mais il va bien falloir que j'aille chercher mes réponses ailleurs !
    Je serais très contente de lire tes articles en tout cas !

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