Ó Patria Amada Brasil : le Brésil par une Franco-Brésilienne

Thaïs est Franco-Brésilienne, et aujourd'hui elle vous fait découvrir son pays maternel, qu'elle adore !

Ó Patria Amada Brasil : le Brésil par une Franco-Brésilienne

Certains naissent avec un don pour la peinture, d’autres avec le quotient intellectuel d’Einstein. Moi, j’ai eu l’incroyable chance de naître avec une double nationalité.

Une mère brésilienne, un père français et une rencontre dans les airs

Ma mère, jeune Brésilienne aux longs cheveux bruns et bouclés, avait quitté sa terre natale après de multiples emprunts et beaucoup d’effort pour réussir à réunir les fonds afin de vivre et travailler à Londres. Mon père, jeune homme d’affaires du nord de la France, parcourait le monde entre réunions et rendez-vous avez des clients étrangers. Un jour, ils se sont retrouvés dans le même avion – un vol Rome/Paris – et mon futur père a aidé ma future mère à hisser sa valise dans le compartiment à bagages.

Quelques années plus tard, je suis née. Et s’il y a bien une chose dont je suis fière, c’est d’avoir en moi un peu de la France et un peu du Brésil, deux cultures si différentes et incroyables que j’aime profondément.

En ces temps où l’on entend de plus en plus parler du Brésil (Coupe du Monde de football, Jeux Olympiques…), je vais essayer, en tant que Franco-brésilienne ayant passé tous ses étés là-bas depuis ses vingt années d’existence, de vous dresser un portrait authentique de ce pays fascinant.

Au Brésil, la famille, c’est sacré

Ma mère est issue d’une famille de dix enfants qui ont chacun eu plusieurs enfants. Autant vous dire que ça fait du monde et que la famille a une très (très, très, très) grande importance. Je suis moi-même extrêmement proche de mes cousins avec qui je garde contact tout au long de l’année et qui comptent parmi les personnes les plus importantes dans ma vie.

Là bas, le dimanche c’est sacré. Tout le monde se réunit autour d’un énorme déjeuner, on voit défiler les oncles et les tantes, les frères et les sœurs, les cousins et les cousines, les parrains et les marraines… Chaque année je découvre un nouveau membre de la famille, une nouvelle grand-tante ou un cousin éloigné. Cette importance donnée à la famille est l’un des aspects que j’apprécie le plus au Brésil et qui me manque beaucoup en France.

Le Brésil est un immense pays à la population très métissée. Mais une chose est sûre : du Nord au Sud, c’est un peuple très chaleureux et accueillant. Une illustration toute simple : l’été dernier, nous avons été hébergés chez une vieille cousine éloignée de ma grand-mère, inconnue jusqu’alors, qui nous a accueillis dans son petit appartement de 60m² à Rio, portant le nombre de personnes à dormir là-bas à 9. Notre charmante hôtesse a trouvé un endroit pour dormir à tout le monde et sa fille a pris deux jours de congé au travail pour nous accompagner lors de nos visites.

Là-bas, c’est un plaisir d’aider, une joie d’accueillir et un bonheur de partager. Les Brésiliens ont l’esprit de fête et ce quel que soit leur âge ! Parfois j’ai même l’impression d’être plus sérieuse que mes oncles alors que je suis la première à sauter sur l’occasion lorsqu’il s’agit de s’amuser.

Entre diversité, métissage et racisme

À côté de cela, il y a bien entendu des aspects un peu moins reluisants, comme partout. Il y a deux ans j’ai même été choquée par le comportement de certains Brésiliens. Je me souviens qu’en classe de Terminale, mon professeur de géographie nous avait affirmé que, malgré la diversité du peuple brésilien, le racisme n’existait quasiment pas. J’ai eu la désagréable surprise de découvrir que c’était totalement faux.

Tout d’abord, il existe un réel racisme anti-noirs. Il est très difficile pour eux d’accéder à des postes importants et le chemin pour combattre les préjugés est encore long. Mais, j’ai été encore plus surprise de constater qu’il existe également un racisme envers certaines régions du Brésil.

Ma mère vient du Nordeste et je passe toutes mes vacances dans le Maranhão, un des États les plus pauvres du Brésil. Lors des dernières élections présidentielles en 2010, j’ai assisté sur Twitter à une explosion de propos racistes envers les habitants du Nordeste. Bien que l’ex-Président Lula ait fait énormément de bonnes choses pour le Brésil, tous les problèmes liés à la corruption ont terni l’image de son parti. Alors, quand Dilma Rousseff, « disciple » de Lula, a été élue, certains habitants des États les plus riches ont estimé que c’était la faute des Nordestinos. Ceux-ci se sont alors faits traiter d’idiots, de pauvres incultes, de misérables noirs qui voulaient continuer à se faire voler, etc…

« Faites une faveur à São Paulo, tuez un Nordestino en le noyant. »

Heureusement, les témoignages virulents critiquant toutes ces insultes ont été plus nombreux que les insultes elles-mêmes et certains Brésiliens aux propos racistes ont été sanctionnés. Ainsi, le racisme au Brésil est une réalité mais la mobilisation pour lutter contre ce phénomène méprisable ne cesse de s’accroître.

Divertissement, telenovelas et pression social

Un des aspects tout à fait particulier des Brésiliens est qu’ils sont très friands de divertissement (un peu comme les Américains). Le journal télévisé transmis sur la plus grande chaîne locale, la Globo, n’est qu’une énorme mise en scène relatant les derniers événements, plus ou moins importants, dans le but d’émouvoir les téléspectateurs avec parfois de simples faits divers.

Cette course à l’émotion se retrouve beaucoup dans les novelas, sitcoms extrêmement populaires et regardées par la grande majorité de la population. Les derniers épisodes d’une novela font souvent autant d’audience qu’un match important de la Seleção. Voici un extrait de la novela ayant fait le plus de succès cette année. Le personnage de Carminha a créé un véritable engouement dans tout le pays, notamment à cause de ses crises de folie.

Toute cette industrie du spectacle a créé chez certain-e-s Brésilien-ne-s l’envie de vivre suivant le modèle des novelas. Il est parfois très difficile d’avoir une vie privée car beaucoup se sentent obligés de juger ou donner leur avis. Dans la plupart des familles, il est très mal vu de dormir chez son copain. Généralement, les jeunes vivent chez leurs parents jusqu’au mariage et le sexe à la maison est souvent perçu comme une mauvaise chose, voire un manque de respect. Et c’est là que se trouve l’un des plus grands paradoxes du Brésil : on voit du sexe partout, on parle sexe, on respire le sexe et pourtant, quand cela nous concerne, il faut rester très discret sur le sujet.

Les jeunes ne font pas l’amour chez eux, ils vont dans les motels qui sont très répandus là-bas et où l’on peut trouver des suites thématiques en tous genres. Par exemple, le motel Le Baron de São Luis propose une suite « avion » :

Si l’envie vous prend, vous pourrez toujours monter au septième ciel en restant bien au sol.

Les femmes portent les plus petits bikinis au monde mais jamais vous ne les verrez topless sur la plage. Si on couche avec quelqu’un sans être en couple avec cette personne, on se fait rapidement insulter par les mauvaises langues. Pourtant, j’ai rarement autant entendu parler d’infidélité qu’au Brésil, et ce quelque soit l’âge des personnes concernées.

La population brésilienne a de multiples facettes et je pourrais vous la décrire pendant des heures et des heures. Simplement, pour la comprendre et l’apprécier à sa juste valeur il faut plonger au cœur de la ferveur de la vie brésilienne.

Le Brésilien est fier, fier de sa culture, de ses combats, de son progrès, de ses richesses, de son pays. Le Brésilien est souvent optimiste, joyeux, décidé, festif et souriant. Le Brésilien sera surtout très heureux de vous accueillir, vous jeune Française avide de découvrir les richesses d’un pays aux mille couleurs, aux mille odeurs, aux mille sons.

À bientôt pour une nouvelle facette de la vie au Brésil !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • NanaCoubo
    NanaCoubo, Le 28 août 2015 à 15h28

    Le Brésil est un pays qui m'a toujours fascinée *-*- ! De plus que j'ai un 16e degré de brésilien (moi qui pensais être 100% portugaise mdr), c'est le destin ? ^^. En plus cette année je l'ai étudié durant ma session DAEU en géographie et ce fut une immense joie pour ma part. Ça donné encore plus envie de visiter le pays ! J'aime beaucoup le clin d'oeil à Carminha de Avenida Brasil, j'adore cette novela et si on me dit qu'ils jouent mal, regardez cette novela ils sont justes géniaux !

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