La fille aux Soufflés, la YoutubeuZ qui décrypte le cinéma

« La Fille aux Soufflés » est une chouette YoutubeuZ qui parle de féminisme et de cinéma. Viens donc découvrir sa chaîne !

La fille aux Soufflés, la YoutubeuZ qui décrypte le cinéma

Comme vous le savez peut-être, on a lancé sur le forum madmoiZelle un réseau d’entraide entre youtubeuses. L’idée ? Essayer d’inciter les femmes à créer sur YouTube et mettre en place une véritable synergie (d’ailleurs, si ça vous tente, rejoignez-nous) !

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On a donc pu découvrir le boulot de Lucie alias La fille aux Soufflés, une cinéphile tout-à-fait passionnante.

Lucie parle de pop-culture et principalement de cinéma. Sa dernière série d’émissions, Cinéphile facile, a une esthétique particulièrement léchée et un fond argumenté. Analysant les films à travers le prisme du féminisme, elle n’hésite pas à mettre en avant des personnages féminins badass et ça fait du bien !

Nous lui avons posé quelques questions pour la connaître un peu plus.

  •  Qui es-tu ? Présente nous ta chaîne ! 

Je m’appelle Lucie, j’ai 18 printemps et je suis donc derrière la chaîne La fille aux Soufflés (nom qui vient de Doctor Who, au passage). Depuis l’été dernier, je propose une émission centrée sur le cinéma qui s’appelle Cinéphile facile. Je ne sais pas vraiment s’il y a un concept, mais j’essaie de parler le plus possible de films qui ont une portée féministe ou militante de quelque sorte que ce soit.

À côté, je parle surtout de films que j’aime et que je veux faire sortir de l’ombre. Par exemple, j’ai parlé du Magicien d’Oz, que j’adore et que les gens ont tendance à oublier. J’analyse donc les œuvres en parlant de leur histoire, de leur sens… C’est un mini-cours de ciné sans trop de prétention.

  •  Qu’est-ce que tu fais dans la vie ? 

J’ai vécu durant un an à Londres sans vraiment y faire quoi que ce soit, d’où la création de mon émission pour trouver de quoi m’occuper, et faire partager ma passion du cinéma. En août 2014 je suis revenue habiter à Paris pour suivre mon année de terminale, et en septembre je vais me lancer dans une licence d’anglais. Donc l’année risque d’être chargée.

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Fille souflée

  •  Qu’est-ce qui t’a donné envie de faire des vidéos ?

J’ai été initiée à YouTube tout à fait par hasard quand je devais avoir 11 ans ; à l’époque je regardais principalement les vlogs de Sarahxxlou, une jeune britannique qui réalisait aussi de petits cours métrages. Ça m’a fascinée de voir à quel point on pouvait utiliser une plateforme comme YouTube pour partager du contenu créatif et pas forcément compliqué à réaliser.

Puis j’ai découvert le YouTube français, et tous ses créateurs principaux. Depuis peu je suis assidûment les vidéos de nos vidéastes, que ce soit e-penser, Unknown Movies, Ginger Force, les ShowRunners ou encore le Fossoyeur de Films. Il y a toujours quelque chose à apprendre, et ça m’encourage à continuer sur cette voie.

  • Comment ton entourage a-t-il réagi ? Est-ce qu’ils te soutiennent ? 

Ma mère est assez impressionnée de me voir autant travailler pour mes vidéos. Elle voit bien qu’il ne s’agit pas juste d’appuyer sur un bouton, de parler et de tout mettre en ligne, donc elle m’encourage beaucoup. J’ai également le soutien de mes amis, qui aiment beaucoup ma chaîne, et ça fait toujours plaisir quand ils me disent que je leur apprends des choses qu’ils ne savaient pas, ou que je leur donne envie de revoir certains films.

  • Quel matériel utilises-tu ? 

Alors à ce niveau-là, ce n’est pas bien folichon, mais j’ai le projet d’améliorer mon matos. Niveau caméra, nous avons un petit Nikon Coolpix P520 assez faible au niveau de la mise au point. Cependant, quand je ne dispose pas de micro pour enregistrer le son je peux compter sur lui, parce que le son caméra est étonnamment bon.

J’ai trouvé la technique d’enregistrer le son avec mon téléphone et de retoucher un peu sur Audacity pour donner l’illusion d’une meilleure qualité, mais ce n’est pas encore ça. Petit Papa Noël, offre-moi un micro s’il te plaît !

  • Combien de temps te prend chaque vidéo (écriture, tournage, post-production…) ? 

Je n’ai pas fait beaucoup de vidéos récemment à cause du bac, mais aussi parce que ça ne coïncidait pas avec mon emploi du temps. Je prends en général quelques jours (moins d’une semaine quand j’ai de l’inspiration) pour rédiger le scénario. Je l’écris en visionnant plusieurs fois le film dont je compte parler, pour ne pas dire trop de bêtises dessus et essayer de voir des choses que je n’aurais pas forcément remarquées plus tôt.

Puis le tournage prend une heure ou deux pour les faces caméra. J’enregistre ensuite les voix-off, que j’ai découpées sur le script. Et enfin, le montage… Sony Vegas Pro, mon meilleur ami (non) ! On sous-estime souvent la durée de montage d’une vidéo sur YouTube, mais en ce qui me concerne ça prend une semaine ou deux pour obtenir un truc propre.

  • Comment est-ce que tu procèdes ? Es-tu aidée par ton entourage à différentes phases ? (Écriture, montage, post-production…)

L’origine de tout, c’est l’inspiration. Si je trouve une idée de sujet à traiter sur un film, je me mets directement au travail. J’ai un schéma à suivre pour ne pas me perdre en rédigeant : synopsis du film, présentation du casting, genèse, puis analyse, mais ça peut varier d’une vidéo à l’autre. En général, je fais relire mes scripts à mon chéri, qui a plus de culture YouTube que moi, et sait me dire quand un passage sonne bizarrement ou quand il y a des longueurs.

Pour le montage, c’est ma petite guerre personnelle : il faut que je sois seule, sinon je n’y arrive pas. Je mets des écouteurs, je me courbe sur mon PC et je galère. En général, quand mes voisins ou mon copain m’entendent hurler à la mort, c’est que Sony Vegas a planté…
Fille-soufflés-youtubeuz

  • Comment gères-tu les commentaires et le fait d’être exposée sur Internet ?

Le fait d’être exposée ne me dérange pas plus que ça, mais j’essaie tout de même de faire en sorte que ce soit une image de moi plus propre que dans la vraie vie, et sérieuse. Je vois beaucoup de gens dire qu’il faut qu’une vidéo soit drôle pour être vue, mais je ne suis pas forcément d’accord. Charlie Danger, des Revues du Monde, propose un contenu fascinant et très instructif, et pourtant il n’y a pas de blagues à tout bout de champ !

Pour les commentaires, tout dépend du sujet de la vidéo : quand je développais le côté féministe de Sucker Punch, soit les commentaires étaient sexistes et peu réfléchis, soit ils m’aidaient à améliorer mon fil de pensée. Je n’ai pas encore eu de commentaires de haters, mais il ne faut jamais dire jamais, non ?

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  • Comment gères-tu la critique ?

Dans la vie, je suis assez parano et anxieuse, donc j’ai tendance à avoir peur à chaque fois que je reçois un nouveau commentaire sur une vidéo. Souvent, ma peur est très vite dissipée, mais l’angoisse est toujours là. C’est un peu inutile d’ailleurs, puisque quand j’y repense après coup je me dis que ce ne sont que des gens derrière un écran, et qu’une simple vidéo ne va pas changer le monde. Donc je travaille sur moi pour me rassurer, surtout quand la critique de parfaits inconnus est positive.

  • Est-ce que le fait d’être une femme sur YouTube est difficile ? As-tu eu des remarques sexistes ou particulièrement violentes en rapport à ton genre ?

Par rapport à mon genre, non. Je pense que beaucoup de viewers anonymes mettent des pouces rouges à cause de ça, mais en tout cas ils ne laissent pas traces écrites. Sur un vieux vlog où je parlais de féminisme, on a commencé à m’insulter sur mon point de vue. C’étaient des hommes pour la plupart, mais une vieille connaissance a elle aussi commencé à me dire que le féminisme était un concept bidon. Chacun son opinion, je suppose ?

Être une femme sur YouTube, ça m’amuse en fait. On a une vision différente des choses. C’est comme si on avait accès à l’autre côté de l’iceberg : mais que peut donc faire une femme sur Internet si elle ne fait pas des tutos beauté ? Plein de choses, mon ami. Plein de choses ! Même si c’est très sympa, les tutos beauté… Ce n’est juste pas mon domaine de prédilection.

  • Quelles sont les chaînes YouTube que tu regardes et qui t’inspirent ?

J’en ai cité quelques-unes précédemment, mais il y a donc les ShowRunners, qui sont de bons amis à moi, le Fossoyeur, Ginger Force, e-penser, Unknown Movies, les Revues du Monde, Dirty Biology, le Ciné Club, Tyllou, Hardisk, les Chroniques de Vesper (une autre amie)…

  • Quels sont tes projets pour la suite ? Vers quoi as-tu envie d’aller ?

Pour l’instant, l’idée serait de continuer à travailler sur le côté technique. J’ai aussi eu une idée pour combler le vide entre chaque Cinéphile facile : une série de vidéos plus courtes qui expliqueraient des termes du jargon cinématographique, des expressions que j’emploie mais qui ne sont pas forcément évidentes pour tout le monde.

Pourquoi pas également des courts-métrages ? Et j’ai également essayé de plancher sur une petite websérie avec une amie. Mais surtout, je veux continuer mon émission de façon plus investie en essayant de dégager du temps pour ça.

Merci beaucoup à Lucie pour cette interview !

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Agapanthe7
    Agapanthe7, Le 20 septembre 2015 à 20h43

    C'est pas mal, par contre parler en pseudo-anglais c'est assez lourd.
    Heureusement que le proposnest intéressant sinon j'aurai décroché.

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