L’égalité filles-garçons à l’école toujours en panne — Appel à témoignage

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L'égalité filles-garçons à l'école, ce n'est toujours pas une réalité, d'après le dernier rapport du Haut Conseil à l’Égalité. Ce n'est pas faute d'agir, côté profs, chacun•e à son échelle.

L’égalité filles-garçons à l’école toujours en panne — Appel à témoignage

Le Haut Conseil à l’Égalité  entre les femmes et les hommes (à l’origine de cet excellent état des lieux de la sexualité des adolescent•es en France) a publié un nouveau rapport le 21 février, concernant l’égalité filles-garçons à l’école. Spoiler alerte : le bilan n’est pas brillant.

Des inégalités qui persistent en milieu scolaire

En premier lieu, le rapport énonce les inégalités qui perdurent dans le système scolaire.

« Les recherches menées en France montrent que les stéréotypes de sexe influencent les pratiques pédagogiques, les évaluations scolaires, les contenus des programmes et des manuels scolaires, les interactions avec les enseignant•es, mais également entre les jeunes, les sanctions et, de manière profonde et révélatrice, les orientations des filles et des garçons. »

C’est donc un ensemble de facteurs qui fait de l’école un lieu qui ne contribue pas suffisamment à l’éducation à l’égalité. Et les professeur•es, sans en avoir conscience, contribuent même parfois à renforcer les stéréotypes de genre.

Cela passe par différents processus, comme le fait d’interagir davantage avec les garçons qu’avec les filles, et sur des sujets différents : les filles sont davantage sollicitées pour rappeler des connaissances déjà vues et les garçons au moment de l’apprentissage de nouvelles choses.

Les manuels eux-mêmes véhiculent encore quantité de clichés à travers la sous-représentation des femmes, qui lorsqu’elles sont représentées, le sont dans des rôles souvent stéréotypés.

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Capture d’écran du rapport du HCE

Ces stéréotypes influencent plus largement la vie des élèves : les garçons sont les plus indisciplinés et auraient tendance à utiliser ce levier pour marquer leur virilité, tandis que les filles sont souvent victimes de comportements sexistes non réprimés :

« Une étude menée conjointement par l’Observatoire Universitaire International Éducation et Prévention (OUIEP) et le Centre Hubertine Auclert (CHA) dans les établissements franciliens de la cinquième à la seconde atteste que les filles sont deux fois plus nombreuses à déclarer avoir été la cible d’insultes sur leur comportement sexuel ou amoureux et 20% d’entre elles déclarent avoir renoncé à une tenue vestimentaire par souci de leur « réputation ». »

Et il va sans dire que l’orientation scolaire est encore largement sexuée, que ce soit selon le modèle garçon/science et fille/art, ou encore au sein des formations professionnelles où les filles sont très majoritaires dans les services et les garçons bien plus représentés dans les filières de production.
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Pour autant, pas question de jeter la pierre aux enseignant•es

Mais souvent, les enseignant•es ne sont simplement pas conscient•es de ces mécanismes, comme l’explique bien Nicole Mosconi, citée par le rapport :

« Les professeur•es n’ont en général « pas conscience de devoir gérer cette dominance des garçons ». »

Pourtant, depuis 2013 et la refonte des Écoles Supérieures du Professorat et de l’Éducation, les formations de sensibilisation à l’égalité sont obligatoires et c’est un volet inclus dans la formation en continue également.

Mais dans la pratique, tout cela est encore très inégal selon le rapport, puisque le cadre qui définit ces formations est très large. Il y a donc de grandes disparités selon les établissements.

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Capture d’écran issue du rapport du HCE.

Comment faire de l’éducation à l’égalité un vrai pilier de l’école ? Appel à témoin

On se rappelle de la polémique créée par l’expérimentation des « ABCD de l’Égalité » dans les écoles en 2014.

Finalement, l’égalité était entrée à l’école sous une forme différente donc, évoquée plus haut, grâce à un « plan d’action pour l’égalité ».

Aujourd’hui, le rapport dresse une liste de recommandations dont pourraient s’inspirer les candidat•es à la présidentielle pour aller plus loin sur les questions d’égalité, car le dispositif actuel n’est manifestement pas suffisant.

Parmi ces préconisations, on compte la mise en place de guide pratique de l’égalité à disposition des enseignant•es, développer un réseau de formateurs à ces sujets-là, faire de l’égalité une connaissance requise pour les personnels de l’Éducation Nationale…

Mais la réalité, c’est qu’il existe déjà des quantités d’outils pour faire la promotion de l’égalité à l’école, et que certain•es enseignant•es n’ont pas attendu qu’on leur demande pour agir.

Alors, si tu en fais partie, on a besoin de toi ! On veut parler égalité à l’école, et surtout, parler avec des enseignant•es qui ont déjà pris conscience de ces biais et veillent au quotidien à contrer les stéréotypes.

Appel à témoin

Tu es enseignant•e ou prof sensibilisé•e aux questions d’égalité à l’école ?

  • Comment as-tu adapté tes interactions avec tes élèves par rapport à cela, et entre eux ?
  • Comment veilles-tu à lutter contre les stéréotypes au quotidien ?
  • Comment gères-tu les stéréotypes parfois véhiculés par les manuels ?
  • As-tu mis en place des actions pour sensibiliser véritablement tes élèves aux questions d’égalité ? Et tes collègues ?
  • Quels sont les obstacles qui tu as rencontrés, ou qui t’arrêtent encore aujourd’hui ?
  • As-tu été formé•e à ces problématiques d’égalité ? Si oui, de quelle manière ?

Tu peux répondre à une, ou plusieurs, ou toutes ces questions (on n’est pas sectaires) par mail à jaifaitca[at]madmoizelle.com, avec en objet « égalité à l’école » si tu as envie de témoigner ! On a hâte de voir toutes vos belles initiatives.

À lire aussi : La culture du viol et le sexisme se portent (toujours) bien dans nos écoles

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Esther

Esther est tombée dans la marmite de madmoiZelle quand elle était petite. Elle n’a pas grandi, mais elle a depuis développé de fortes convictions féministes. Padawan en relations internationales, son passe-temps favori consiste à scruter l'actualité, une tasse de thé rooibos à la main.

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Commentaires
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  • Primula
    Primula, Le 5 mars 2017 à 14h20

    @JAK-STAT : Effectivement, tu as raison. Généralement je les connais assez pour savoir avec qui je peux et avec qui ça passe moins mais c'est vrai qu'il faut faire attention... Il faut que je pense à féliciter davantage.

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