Les nourrissons aussi sont victimes de violences sexuelles
Selon les données publiées par la Mission interministérielle pour la protection des femmes, 614 très jeunes enfants ont été examinés en UMJ en 2024 pour des violences sexuelles. Cela représente 2 % de l’ensemble des victimes mineures reçues dans ces unités spécialisées.
Quand on parle d’enfants, on pense souvent aux écoliers, aux ados, aux jeunes qui prennent la parole. Mais les chiffres le rappellent : les violences touchent aussi des bébés, parfois dans les toutes premières années de vie.
Et parce qu’ils ne peuvent pas s’exprimer, ce sont les professionnel·les de santé (médecins, puéricultrices et sages-femmes) qui identifient les signaux d’alerte et déclenchent les procédures de protection.
Les données du rapport montrent aussi que près d’une victime sur deux de violences sexuelles accueillie en UMJ est mineure, et que les moins de 15 ans sont largement surreprésenté·es.
Une réalité qui surgit aussi dans l’actualité
Cette année encore, plusieurs affaires ont profondément marqué les familles. Dans une école maternelle de Vic-la-Gardiole, une assistante maternelle a été mise en examen pour des viols et agressions sexuelles présumées sur plusieurs enfants de 3 et 4 ans.
Quelques semaines plus tard, c’est à l’hôpital de Montreuil qu’une infirmière et son ex-conjoint ont été mis en examen, soupçonnés d’agressions sexuelles sur des nourrissons.
Des violences massives : 160 000 mineurs victimes chaque année
Selon la Ciivise, 160 000 mineurs subissent des violences sexuelles chaque année en France. Et l’un des chiffres les plus difficiles à entendre, c’est que 22 % des premiers viols ou agressions ont lieu entre 0 et 5 ans.
Les données de la Miprof montrent à quel point ces violences sont ancrées dans l’espace familial :
- 26 % des victimes accueillies en UMJ ont subi des violences sexuelles intrafamiliales, un contexte où les enfants sont particulièrement vulnérables.
- Parmi les victimes mineures, 86 % des violences intrafamiliales concernent des enfants de moins de 15 ans.
Cette proportion donne une idée du danger : la majorité des violences se produisent dans l’entourage immédiat, là où les enfants devraient être protégés.
Pour les parents : que retenir, et comment rester attentif sans sombrer dans l’inquiétude permanente ?
Recevoir ces chiffres comme parent ou futur parent, il est normal que cela serre la gorge. On pense à son bébé, à son enfant, à sa confiance absolue. On se demande comment on peut protéger, comment repérer, comment se fier.
Ce que rappellent les professionnel·les :
- Les violences sexuelles sur nourrissons sont rares, mais elles existent.
- Le rôle des adultes autour de l’enfant (parents, proches, soignant·es) est crucial dans la détection.
- Ce sont des situations très majoritairement repérées par des professionnel·les formé·es, pas par une vigilance permanente des parents.
Rester attentif, ce n’est pas vivre dans la suspicion, c’est savoir que tout changement soudain de comportement, des pleurs inhabituels, un refus de contact, ou simplement un « quelque chose ne va pas » doivent être écoutés. Votre intuition est un outil puissant.
Dépister tôt, former mieux, protéger davantage
Face à ces chiffres, les experts insistent sur trois enjeux essentiels :
- Le dépistage précoce, notamment par les professionnel·les de santé.
- La formation des équipes de crèches, d’hôpitaux, d’écoles maternelles.
- La sensibilisation des familles, non pas pour faire peser une responsabilité supplémentaire, mais pour mieux comprendre les mécanismes de protection.
Le rapport de la Miprof montre d’ailleurs que les UMJ ont accueilli 30 605 victimes de violences sexuelles en 2024, un chiffre en hausse. L’augmentation ne signifie pas forcément plus de violences, mais plus de dépistage, plus de signalements, plus de libération de parole.
En guise de perspective
Parler de violences sexuelles envers les enfants, et en particulier les tout-petits, c’est dur. Mais c’est indispensable pour qu’ils soient mieux protégés. Les 614 nourrissons accueillis en UMJ en 2024 ne peuvent pas raconter leur histoire : c’est à nous, adultes, institutions, parents, d’être leur voix et leur rempart.
S’informer, soutenir la prévention, parler autour de soi, connaître les numéros utiles — ce sont des gestes simples, mais qui contribuent à une société où les violences sont mieux reconnues… et donc mieux combattues.
Si vous avez besoin de soutien ou si vous avez un doute, vous pouvez contacter :
- 119 – Allô Enfance en Danger (24h/24)
- 3919 – Violences Femmes Info
- Les UMJ de votre département




































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