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Peur des monstres sous le lit : pourquoi dire “je vais vérifier” est une très mauvaise idée

La scène est ultra classique. Il est 21 h 17, vous rêvez déjà de votre série et de votre canapé, et là, petite voix dans le couloir : « Maman, papa… tu peux regarder sous mon lit s’il y a un monstre ? ». Le réflexe, par amour, c’est de s’exécuter. Pourtant, selon la psychologue Mathilde Depaulis, ce geste apparemment rassurant n’est pas toujours la meilleure idée. Bonne nouvelle : il y a d’autres façons d’apaiser pour de bon ces peurs nocturnes.

La peur des monstres est une étape normale du développement

Entre 3 et 6 ans, l’imagination des enfants explose. Ils inventent des histoires, peuplent leur chambre de dragons, sorcières… et monstres sous le lit. Sauf que leur cerveau ne distingue pas encore très bien le réel de la fiction. Une ombre, un tas de vêtements, un bruit dans le couloir peuvent se transformer en créature terrifiante.

À cet âge, l’enfant commence aussi à comprendre que le monde n’est pas entièrement sécurisé. Il entend parler de dangers mais n’a pas encore les outils pour les rationaliser. Du coup, il projette cette angoisse diffuse sur une figure concrète : le monstre. C’est dérangeant, mais c’est aussi une manière de mettre en forme ce qu’il ressent. Il ne vous dit pas « je suis traversé par un sentiment d’insécurité existentielle », il vous dit « j’ai peur du monstre dans le placard ».

Mathilde Depaulis l’explique pour le magazine Parents : un enfant qui a peur est un enfant qui se développe. Il explore ses émotions, teste les frontières entre dedans et dehors, imaginaire et réalité. Le but n’est donc pas de supprimer la peur, mais de l’apprivoiser.

Pourquoi fouiller sous le lit entretient la peur

Quand votre enfant vous demande de vérifier s’il y a un monstre, vous avez envie de l’aider. Vous soulevez la couette, vous allumez la lampe, vous regardez sous le lit : « Tu vois, il n’y a rien ». Sauf que, comme le rappelle Mathilde Depaulis, ce geste envoie deux messages un peu piégeux.

D’abord, vous faites comme si la question « monstre ou pas monstre » était légitime. Si vous cherchez, c’est qu’il pourrait exister. Vous ouvrez une porte à tout un univers de scénarios catastrophes que son imaginaire, déjà très fertile, va se charger d’alimenter.

Ensuite, vous lui montrez que pour se sentir en sécurité, il doit passer par vous. Tant que papa ou maman n’ont pas validé la chambre, le sommeil n’est pas possible. Cela peut vite devenir un rituel rigide, avec un enfant qui réclame ce contrôle extérieur tous les soirs, parfois plusieurs fois par nuit.

La psy propose une autre voie : répondre clairement, avec une voix assurée, sans inspection de la chambre. Du type : « Les monstres n’existent pas mon cœur. Tu es en sécurité ici. Tu peux t’endormir tranquillement, je suis là, je t’aime ». L’idée n’est pas de minimiser sa peur, mais de fermer la porte au doute tout en le soutenant.

Aider l’enfant à apprivoiser sa peur

Rassurer ne veut pas dire minimiser. Avant tout, il est utile de reconnaître son émotion : « Tu as eu peur, je comprends. » En nommant la peur, vous l’aidez à reprendre le contrôle. Vous pouvez ensuite ramener doucement à la réalité : la chambre, le lit, le doudou, les routines familières.

Les psys recommandent aussi d’offrir des outils pour s’apaiser seul : une respiration lente, une phrase ressource (« Je suis en sécurité »), une veilleuse qu’il peut allumer quand il en a besoin. Le but est de renforcer sa capacité interne à se rassurer, pas de nier sa peur.

Faire du coucher un moment agréable

Le soir peut réveiller beaucoup d’émotions, même chez les adultes. Se retrouver seul avec ses pensées n’est pas toujours confortable. Mathilde Depaulis invite d’ailleurs les parents à jeter un œil à leur propre rapport au coucher. L’enfant absorbe énormément ce qu’il ressent chez l’adulte.

Transformer le coucher en moment joyeux change tout : une histoire choisie ensemble, un câlin prévisible, une atmosphère douce. Plus le rituel est stable, plus le cerveau se détend.

L’imagination comme alliée

Puisque l’imaginaire est à l’origine de la peur, il peut aussi devenir un outil pour la dompter. Dessiner le monstre pour le rendre ridicule, inventer un personnage protecteur, lire des albums comme « Va-t’en, Grand Monstre Vert ! »… Tout cela permet de déplacer la peur en plein jour, quand l’enfant se sent davantage en maîtrise.

Finalement, quand un enfant parle de monstres, il ne cherche pas une enquête policière dans les coins de sa chambre. Il demande surtout : « Est-ce que je suis en sécurité ? ». Et cette réponse-là, vous pouvez la lui offrir sans jamais soulever le moindre drap.


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