Au 1er janvier 2017, tout le monde devient donneur d’organes par défaut

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Le don d'organes c'est un acte essentiel et pas si compliqué. Au contraire, il devient même plus simple dès le 1er janvier 2017... Explications.

Au 1er janvier 2017, tout le monde devient donneur d’organes par défaut

Mise à jour du 29 décembre 2016 — Dès le 1er janvier 2017, chaque citoyen•ne devient donneur•se par défaut, avec l’entrée en vigueur de la nouvelle loi santé ! On t’explique ce que ça veut dire juste en dessous.

— Article initialement publié le 27 octobre 2016

Pourquoi… être donneuse d’organes, c’est aussi facile qu’utile ?

En matière de sujet, il y a peut-être plus joyeux que le don d’organes, mais rarement plus précieux.

Je ne vais pas te parler du don d’organes par personne vivante, mais tu peux retrouver tous les détails concernant ce type de procédure sur la page dédiée du site du service public.

En revanche, en ce qui concerne le don d’organes par personne décédée, là ça devient un peu plus compliqué et ça mérite des explications. Pour l’instant, cela se déroule en plusieurs étapes, dont deux très importantes :

  • Le personnel médical vérifie que le nom de la personne n’apparaît pas sur le registre national de refus de don d’organes, auquel il est possible de s’inscrire de son vivant.
  • Si le nom n’y apparaît pas, le personnel médical doit ensuite s’adresser aux proches du/de la défunt•e, pour confirmer ou infirmer son consentement. Les proches doivent donc, en gros, parler pour la personne décédée et dire si elle était d’accord ou pas.

Je dis « pour l’instant » parce que ces étapes changent dès le 1er janvier 2017. En France, la législation part du principe que toute personne est consentante pour un don d’organes lorsqu’elle décède, mais la consultation auprès des familles peut en être un obstacle (et pas des moindres).

À lire aussi : Le consentement expliqué par des métaphores toutes simples

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Une nouvelle législation sur le don d’organes à venir très bientôt

En effet, comme l’explique cet article du Monde, on estime que 80% de la population serait d’accord pour être donneuse d’organes en cas de décès, mais dans près de 30% des cas concernés, les proches ont rejeté la demande du personnel médical et empêché le prélèvement d’organes.

Attention, à aucun moment il ne s’agit de juger les décisions des proches qui doivent surmonter le chagrin et faire un choix rapide, mais simplement de montrer que cette décision ne reflète pas nécessairement la volonté des personnes décédées.

Pour résoudre cette difficulté, quelques articles de la nouvelle loi santé votée cette année prévoient une modification de la législation à ce sujet.

La loi santé en question sera effective dès le 1er janvier 2017, et il y est notamment prévu de se passer de l’accord de la famille et de présumer du consentement de la personne décédée (et majeure) :

« Dès lors qu’elle n’a pas fait connaître, de son vivant, son refus d’un tel prélèvement, principalement par l’inscription sur un registre national automatisé prévu à cet effet. »

Le médecin devra alors simplement « informer les proches du défunt, préalablement au prélèvement envisagé, de sa nature et de sa finalité ».

Demander une carte de donneur d’organes est une bonne façon de faire part de sa décision.

En attendant, et pour que tes proches soient en paix avec cette décision, tu peux aussi demander une carte de donneur d’organes. Elle n’a aucune valeur juridique, mais est plutôt une façon de clamer ton consentement au don d’organes.

Assure-toi simplement de l’avoir avec toi autant que possible pour qu’elle soit retrouvée s’il t’arrive malheur.

Et d’ici l’année 2017, n’hésite pas à sonder tes proches pour connaître leur opinion sur le sujet… Ça te donnera une bonne excuse pour leur parler de cet article. Voilà pourquoi.

Pour aller plus loin :

D’autres questions — comme pourquoi ouvrir un Livret Jeune à la banque ? D’autres réponses avec la rubrique Pourquoi la vie d’adulte.

Pourquoi ?

Dans la vie d’adulte, il y a des trucs où tu te dis fuck la logique ou qui sont juste vraiment pas clairs… Avec ce nouveau format d’article, le but c’est d’y répondre. Une question, un article.

Si tu as un pourquoi qui te trotte dans la tête, n’hésite pas à poser ta question en commentaire ou dans le topic Vie d’Adulte dédié.

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Chloé P.


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Commentaires
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  • Fentanyl
    Fentanyl, Le 17 avril 2017 à 20h06

    Honnêtement, je ne pense pas que l'argent aie grand chose à voir là dedans. La greffe d'organe est une procédure très encadrée, L'ordre de priorité est établi par l'Agence de Biomédecine (ça n'est pas un médecin qui décide seul dans son coin que tel ou tel patient sera prioritaire).

    Mais effectivement, une partie des patients continue à avoir le même mode de vie que celui qui a ruiné ses organes. (Et qu'ils soient célèbres ou non, rien à voir...). Des greffés du foie qui continuent à boire, des greffés rénaux qui continueront à ne pas s'occuper de leur diabète (qui leur a bousillé les reins), sans compter ceux qui arrêtent leur traitement antirejet (assez lourd cela dit). C'est un fait, mais heureusement, ça n'est qu'une petite partie des patients. La plupart fera très attention, respectant à la lettre toutes les précautions. Et pourra enfin avoir une vie quasi normale.

    Quand au fait de refuser d'être maintenu artificiellement en vie et de devoir s'inscrire sur la liste des refus, je ne vois pas le rapport... En effet, comme ça a déjà été dit, on ne peut pas maintenir très longtemps "en vie" quelqu’un en mort encéphalique. (parfois on n'y arrive même pas pour quelques heures). Comme le cerveau ne coordonne plus rien, ça devient très vite la catastrophe au niveau métabolique. Il faut maintenir la tension, remplacer les poumons, faire attention à la déshydratation (car ils urinent énormément)...
    Et puis si la personne est en mort encéphalique, les médecins peuvent la débrancher même si la famille refuse, car la mort aura été déclarée. Bon, on le l'a jamais fait, mais il suffit d'arrêter de s'occuper de la tension et de l'hydratation pour que le cœur s'arrête de lui même. (Mais aux yeux de la loi et de la médecine, la personne est déjà morte)
    Et même quand on signe des directives anticipées, pour justement éviter tout acharnement, à aucun moment, ils ne précisent qu'il faut s'inscrire sur le registre des refus...

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