Divine Comedy en concert (Lille)

Le 18 octobre 2006 à l’Aéronef (Lille) Ecouter les discussions du public avant un concert est souvent un bon reflet de la réputation/cote d’amour de l’artiste qui va entrer en scène. On peut glaner des anecdotes sur les éventuelles excentricités ("Paraît qu’elle bouffe de la choucroute sur scène. C’est un copain qui me l’a dit."), […]

Le 18 octobre 2006 à l’Aéronef (Lille)

Ecouter les discussions du public avant un concert est souvent un bon reflet de la réputation/cote d’amour de l’artiste qui va entrer en scène. On peut glaner des anecdotes sur les éventuelles excentricités ("Paraît qu’elle bouffe de la choucroute sur scène. C’est un copain qui me l’a dit."), les évolutions de carrière ("Moi, les Roots of Idle Mass, je les ai vus à leurs débuts, dans une toute petite salle. C’était bien, mais maintenant z’ont pris la grosse tête"), le taux de notoriété etc. On peut voir à quoi s’attend le public en piétinant devant la scène. En l’occurrence, j’ai comme l’impression qu’aller voir un concert de Divine Comedy, c’est attendre un personnage autant (voire plus) qu’une musique. C’était au moins mon cas, et probablement celui des spectateurs qui autour de moi, échangeaient quelques remarques sur les concerts passés de Neil Hannon.

Après une première partie assurée par Duke Special duo piano-percus très chevelu dont le batteur est très doué pour se faire remarquer (comme en témoigne cet extrait du concert de Bruxelles), le personnage en question arrive sur scène, non sans avoir attendu que son escorte de cordes, claviers et percussions se soient installée derrière ses instruments. Le sieur Hannon se pointe lunettes d’aviateur sur le nez, en costard-chemise prêt à être froissé. Les lunettes iront vite voler ailleurs, la veste aussi, d’ailleurs : peu importe, puisque le meilleur accessoire scénique de Neil Hannon, c’est son arsenal de mimiques mi-amusées, mi-désabusées qui vont si bien avec son style de dandy-troubadour.

Au cours de la soirée, il y ajoutera un tomber de veste sur Generation Sex, une choré de twist (qui aurait pu gagner toute la salle comme le monsieur le demandait si la salle en question avait été un peu plus chaudasse du pas de danse), un « je m’asseoie au bord e la scène », un « j’ébouriffe la tête d’un spectateur » et un Threesome (« ménage à trois » en anglais) joué comme il se doit à trois sur le même clavier, l’occasion pour le chanteur d’annoncer fièrement au public : « And now, let’s do a Threesome » (« et maintenant, un petit ménage à trois »). Quel charmeur, ce Neil Hannon. Exactement le cabotin qu’on attend. Et exactement la musique qu’on attend (voix magnifique, envolées de violons, picotis de xylophone) mijotée par des musiciens excellents qui n’hésitent pas à créer du lien avec le public (cf les sourires et les regards appuyés de la violoniste). Se sont succédées ce soir-là tranches de vie douces-amères, mini-épopées gonflées, clins d’œil au cinéma et à la culture populaire, tout cet univers que Divine Comedy met en mots autant qu’en notes au fil des albums. Le bonus pour la route ? Une reprise de Raspberry Beret, de Prince. Du charme, du panache, des clins d’œil, de la bonne musique, exactement ce qu’on attend de Divine Comedy, donc (dis-donc. Huhu. Hem). Alors pourquoi je reste sur ma faim ? Disons que je m’attendais à ce qu’il y ait tellement de passion entre l’artiste et le public que j’ai été un peu déçue que ledit public attende le rappel pour s’écorcher les paumes des mains. Neil, reviens : la prochaine fois de la vapeur s’échappera de la salle en délire et tu en tomberas même la chemise.

Le site officiel de Divine Comedy

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