La Cour de Babel, un film sur l’intégration des jeunes étrangers

La Cour de Babel est un film-documentaire sur une classe d'accueil d'un collège parisien. Un huis-clos poignant sur l'intégration des jeunes étranger-e-s dans l'école française.

La Cour de Babel, un film sur l’intégration des jeunes étrangers

Les classes d’accueil sont ces classes où atterrissent les jeunes étranger-e-s en âge d’aller au collège. Qu’ils/elles aient été scolarisé-e-s ou non dans leur pays d’origine, qu’ils/elles soient francophones ou non, la classe d’accueil est un passage obligé avant de pouvoir intégrer le parcours « normal » et rejoindre une classe de niveau.

La réalisatrice Julie Bertucelli a suivi le quotidien de ces élèves le temps d’une année scolaire. On ne quitte jamais la salle de classe. Après Être et avoir et Entre les murs (la Palme d’Or 2008), La Cour de Babel est un nouveau huis clos scolaire entre le film et le documentaire.

« Je suis venue en France pour faire un futur et changer la vie »

Ils se débattent avec le français comme nous nous débattions lors de nos premiers cours d’anglais ou d’allemand. Mais l’apprentissage d’une langue étrangère à cet âge-là est finalement peu de choses comparé au véritable défi de ces jeunes : celui de réussir à s’intégrer.

Et savoir, pour certain-e-s, que la France est une chance pour eux/elles, cela n’aide pas tous les jours à dépasser les moqueries des autres élèves, à comprendre et accepter la différence, à travailler toujours plus en ayant le sentiment d’avancer trop lentement.

Pas de pathos excessif dans ce film, où les émotions sont souvent provoquées par la surprise. Surprise d’entendre une phrase si forte qu’elle résonne dans les tripes. Surprise encore, lorsqu’un dialogue nous fait passer sans transition d’une réalité à l’autre : un moment, on suit une réunion parents-profs tout ce qu’il y a de plus banal. Mais au lieu de menacer l’enfant de le priver de jeux vidéo, on lui rappelle — sur le même ton badin — qu’être à l’école en France lui permet d’échapper à l’excision, au mariage forcé, au travail… au choix.

Au-delà de la langue et des règles de grammaire, c’est leur nouvelle vie qu’ils doivent apprendre, apprivoiser, qu’ils soient ici par le choix de leurs parents ou qu’ils subissent un exil. La désinvolture avec laquelle ils affrontent les changements de destin est profondément inspirante.

« Je suis venue en France pour être une femme libre », dira l’une de ces élèves. « Et pour devenir médecin », ajoute-t-elle.

À voir absolument.

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Voici le dernier commentaire en date :

  • Eh M'dam
    Eh M'dam, Le 19 mars 2014 à 20h49

    "la classe d’accueil est un passage obligé"... cela devrait être le cas!

    MAIS

    Malheureusement, ce type de classe n'existe pas partout (d'ailleurs il est question de ce problème lorsqu'une des jeunes filles dans le film doit déménager, et que son enseignante s'inquiète de savoir si elle pourra intégrer une classe d'accueil dans sa nouvelle ville).
    Ainsi, beaucoup de jeunes "primo arrivants" sont scolarisés avec les autres, ils se débrouillent comme ils peuvent, avec des enseignants qui n'ont eu aucune formation spécifique.... Lors de mon 1er cours, je me suis rendu compte à la fin de l'heure qu'une élève prenait ses notes en arabe, et qu'elle parlait très mal français. J'avais alerté la CPE, persuadé qu'il s'agissait d'une erreur de placement, pour apprendre qu'il n'y avait pas de structure de FLE (Français Langue Etrangère) dans le coin. Depuis le cas s'est reproduit plusieurs fois dans ma petite carrière, et j'ai vraiment beaucoup d'admiration pour ces jeunes tellement volontaires et courageux et je rage qu'on ne puisse pas tous les aider comme dans le film!!

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