Celui qui… est presque devenu mon premier coup d’un soir

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Cette madmoiZelle s'est retrouvée en soirée avec un charmant inconnu, un jour. Le charme opérant, elle a pourtant fini seule chez elle.

Celui qui… est presque devenu mon premier coup d’un soir

Publié le 8 mars 2018

J’ai 18 ans, je débute mes études dans une grande ville. J’ai mon propre appart, et ce soir-là, je sors avec plusieurs amies.

Une soirée organisée est par notre BDE, en milieu d’année. Les partiels sont dernières nous, mais ceux qui auront lieu à la moitié du second semestre s’annoncent déjà.

L’occasion idéale de lâcher prise avant de se replonger à corps perdu dans le travail.

Occasion idéale, d’autant plus que ça fait peu de temps que j’ai rompu avec mon copain avec qui j’étais depuis bientôt 3 ans – on s’était rencontrés jeunes, à 16 ans.

Je n’ai pas vraiment d’autres expériences, ni jamais eu d’autres partenaires mis à part celui qui a conduit à notre rupture (oui, bien joué t’es perspicace : je l’ai trompé).

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Mon premier crush en boîte

Bref, c’est la première fois que je sors vraiment depuis cette rupture. On boit, on danse, le club est bondé. J’ai pas l’habitude d’accepter les avances de qui que ce soit dans ce genre de soirée, rapport que j’ai toujours été en couple depuis que j’ai l’âge d’y aller.

Je suis pas fan du concept non plus, mais après tout c’est pas la méga forme dans ma vie actuellement, donc j’ai décidé de m’amuser.

L’alcool aidant, quand ce grand jeune homme blond commence à me jeter des regards, je lui rends.

À peu près avec autant de délicatesse et de subtilité.

Et lorsqu’il s’approche de moi pour danser, je me prends au jeu.

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Je me prends tellement au jeu que très vite la danse devient plus lascive, nos corps sont collés, ses lèvres effleurent mon cou, et évidemment on finit par s’embrasser.

Et ça dure un moment. Une heure, peut-être plus. J’ai décidé de me foutre de ce que les gens autour pourraient penser, y compris celles et ceux que je croise en cours et j’ai perdu mes amies de vue.

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« On va chez moi ? », histoire d’un premier coup d’un soir

Il doit être 3h, la soirée bat son plein autour de nous, et vient cette question :

« On sort ? J’habite pas loin si tu veux ? »

C’est lui qui prononce cette phrase, pas moi. J’acquiesce.

Ça fait une heure qu’on se chauffe, on a clairement envie d’aller plus loin, je décide de le suivre. Je n’ai jamais fait ça, je ne sais pas exactement à quoi je m’attends, je ne réfléchis pas plus que ça : j’ai envie de m’amuser, alors allons-y.

On se dirige vers le vestiaire, on récupère nos affaires, à la porte on nous averti :

« Toute sortie est définitive. »

C’est pas comme si on avait l’intention de revenir de toute façon.

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Malaise en approche

Il y a une bonne dizaine de minutes de marche pour rejoindre son appart, il fait froid.

C’est un peu mignon et un peu étrange en même temps car on ne s’est pas vraiment parlé, et on ne sait pas trop par où commencer. Qu’est-ce que tu dis à un mec dont tu commences à bien connaître les lèvres mais dont tu as à peine entendu la voix ?

La jeune fille de 18 ans sans expérience que je suis n’en a aucune idée, et après tout, elle s’en fiche un peu.

Le mec pourrait voter Front National, je ne suis pas au courant et honnêtement on n’est pas là pour parler politique.

Avoir des doutes avant de coucher avec quelqu’un

Ça fait bientôt dix minutes qu’on marche, c’est moins pratique pour s’embrasser, on n’est pas très bavards, je me gèle… et je redescends. C’est comme si les vapeurs d’alcool s’envolaient.

D’un seul coup je ressens comme un petit malaise. Je me dis que finalement, je ne suis pas très sûre d’avoir envie d’aller chez lui. En dix minutes, mon humeur a changé et la perspective de passer la nuit avec lui me paraît bien moins alléchante qu’auparavant.

Mais c’est « pas très cool » de le planter là alors qu’il ne peut même pas retourner en boîte et que lui semble manifestement avoir envie de partager son lit cette nuit.

C’est « pas très cool », mais je décide de le faire quand même : après tout, j’ai plus envie d’aller chez lui. Je vais quand même pas me forcer ?

L’art de faire demi-tour

Je fais encore quelques pas avant de m’arrêter, je le regarde :

« Je suis désolée mais finalement j’ai pas hyper envie d’aller chez toi. »

J’avoue, mon cœur bat un peu trop fort pour que la situation soit tout à fait sereine de mon côté, mais je ne lui donne pas le temps de négocier.

Je tourne les talons, et je commence à marcher dans l’autre sens. Au bout de quelques dizaines de mètres sans me retourner, je hèle un taxi, je monte…

Et voilà. Je l’ai littéralement planté là, sur le trottoir froid et humide, entre chez lui et la boîte où il ne peut pas remettre les pieds car « toute sortie est définitive ».

Planter son partenaire c’est légitime à n’importe quel moment

Je rentre chez moi, je me couche. Seule. Un peu amusée par ce que je viens de faire – même si « c’est pas très cool » quand même.

« Pas très cool », mais « osé » selon les potes à qui je raconte l’histoire un peu plus tard et qui se marrent.

« Franchement t’as bien fait, si t’avais pas envie, mais c’est vrai que tu aurais pu éviter de le faire sortir de la boîte si c’était pour le planter sur le trottoir. »

Oui, sans doutes que j’aurais pu éviter… si j’avais su que j’allais changer d’avis. Je n’avais pas anticipé ça honnêtement, et de toute façon, rien n’ôte la légitimité de mon absence soudaine d’envie.

Planter quelqu’un, que ce soit sur le trottoir, sur le pas de la porte, dans le salon ou même une fois nu dans un lit, c’est toujours la bonne décision quand on n’en a pas envie.

Alors oui, je suis un peu désolée pour le pauvre jeune homme, qui a visiblement été relativement vexé par mon comportement puisque deux mois plus tard, à une autre soirée, il m’a alpaguée pour me dire que…

« T’as pas été cool, la dernière fois. »

J’ai bafouillé que j’étais désolée et j’ai filé. Je n’avais pas d’excuse à donner.

Et je n’étais pas tout à fait d’accord avec son point de vue : le planter, c’était sans doute désagréable pour lui, mais ça ne fait pas de moi une « fille pas cool ».

Ça fait de moi une fille qui sait ce qu’elle veut, et qui sait (faire) respecter ses envies et ses limites. Ça fait donc de moi une fille cool, à l’inverse.

Le plot twist creepy

Et puis… Peut-être que le jeune homme en question allait également se remettre en question.

Il y a un détail que je n’ai pas donné car au final il ne devrait pas avoir d’importance. Dans une piètre tentative de faire la discussion, il m’a sorti :

« T’as pas peur quand même ! »

T’as raison mec, j’avais pas peur… mais maintenant que tu le dis, une petite voix dans ma tête m’intime de faire demi-tour.

En réalité, que ce soit cette phrase nulle ou quelque chose d’autres ou rien du tout, on n’a pas besoin d’excuse pour se rétracter à n’importe quel moment.

Mais quand même un conseil au passage : ne parlez pas de viol à la personne que vous avez prévu de mettre dans votre lit ce soir, car même si elle avait prévu de consentir avec joie elle risque TRÈS PROBABLEMENT de changer d’avis.

Et sur ces mots, je vous souhaite de profiter pleinement de votre prochain coup d’un soir consenti.

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Une madmoiZelle


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Commentaires
  • Azuta
    Azuta, Le 20 mars 2018 à 19h45

    Pour répondre à ta question, il faut repréciser certaines choses :

    *Ce qui m'a fait réagir dans le post initial n'est pas temps le récit des événements eux-mêmes mais la conclusion que l'auteure semble en tirer, à savoir qu'elle a tout bien fait tout partout. Ce n'est pas le cas. Bien sûr, rien n'est dramatique et le fait qu'elle ait refusé de poursuivre l'interaction sexualisée parce qu'elle n'en avait plus envie est, de loin, le principal. Aussi, il est très probable que le jeune homme se soit « remis » de l'histoire, même si on ne peut pas définitivement écarter l'hypothèse qu'il l'ait mal vécu. Ce n'est pas parce qu'une histoire finit « bien » qu'on a forcément bien agi.

    *Nous ne sommes évidemment pas dans la tête de l'auteure du post, non plus que nous avons vécu les événements. Le discours que je vais formuler en réponse sera donc à partir d'un contexte similaire mais (évidemment) virtuel. D'ailleurs, je partirais du principe que, dans un cas semblable, j'aurais confondu (ou plutôt appris la différence) entre flirter et coucher – et que si l'on est motivée pour l'un, on ne l'est pas forcément pour l'autre.

    *Je suis convaincue que l'on vit mieux sa vie, pour soi-même et pour son entourage, quand on parle la vérité, surtout dans les sujets importants. Non pas toujours dire ce que l'on pense, mais penser toujours ce que l'on dit. Le mensonge a souvent tendance à nous enfermer dans d'autres mensonges, qui grossissent au fil du temps jusqu'à nous exploser au visage. Une vérité claire et honnête n'est jamais l'expression de qui tu es.


    Nous voilà donc dans le contexte imaginaire inspiré de l'auteure du post. Si j'étais dans ce contexte, et si j'étais animée d'un souci particulier pour ce jeune homme, je chercherais à le recontacter. Une discussion en face serait le meilleur mais, par facilité de retranscriptions, nous allons prendre le cas où je lui écris un SMS/Mail.

    Pour être tout à fait franche, c'est un peu pompeux de ma part d'écrire une fausse réponse littérale, mais ça m'amuse ^^ En vrai, ce serait surtout des conseils généraux sur quoi raconter.

    « Salut,

    C'est Charlotte, la fille que tu as rencontrée l'autre soir à la boîte XXX et qui t'a planté sur le trottoir. Je sais qu'on s'est ensuite recroisés à cette même boîte et que je n'ai pas été plus loquace que la fois d'avant ; c'était la surprise de te voir et je n'ai pas su comment réagir sur le coup.

    Après réflexion, je pense que je te dois une explication sur ce qu'il s'est produit pendant cette matinée à 3h.

    Je suis étudiante à [grande ville] depuis seulement quelques mois, et j'ai rompu avec mon copain il y a peu de temps. En bref, je découvre la grande vie en même temps que le célibat. Je suis plutôt studieuse et je sors relativement peu en période de partiels (on y est pas encore, mais les examens sont pour bientôt).

    Le fameux soir où on s'est rencontrés, c'était donc l’occasion idéale de lâcher prise avant de me replonger à corps perdu dans le travail.

    Je ne vais pas revenir sur les détails sur ce qu'il s'est passé dans la boîte, tu le sais aussi bien que moi. Disons simplement que ce soir-là, je me suis découverte d'humeur très joueuse et j'ai apprécié le moment passé avec toi.

    Cependant, je ne connaissais pas encore la différence entre flirter et coucher et, même si j'étais très émoustillée par ce qu'il s'est passé entre nous, le fait de sortir marcher dans le silence, le froid, l'alcool qui redescend, puis l'étrangeté de notre relation – parce qu'on nous sommes des inconnus l'un pour l'autre – , tout cela m'a fait réaliser que je ne désirais pas vraiment ce qui allait se produire chez toi. Même si ce n'est pas ce qui m'a décidée, je précise que certains de tes propos n'ont pas aidé à alléger l'ambiance (me parler de viol...).

    Bref, pour plein de raisons indépendantes de toi, j'ai décidé de rebrousser chemin et, comme il se faisait tard et qu'avec la sobriété sont venues la fatigue et un peu d'angoisse, j'ai agi brusquement en te plantant sur place. D'habitude, je ne suis pas une girouette, mais la situation était nouvelle pour moi et j'ai pris conscience d'une limite que je ne désirais pas franchir ce soir-là.

    Je voulais donc te dire que tu n'y étais pas pour grand-chose, j'aurais probablement pris la fuite avec n'importe qui d'autre. J'ai conscience que cela a pu te paraître très étrange et je suis désolée de ne pas m'être expliquée plus tôt. Le soir même ce n'était pas possible, on était pas en état d'en causer, puis j'avais besoin de temps pour démêler tout ça de mon côté. Voilà toute l'histoire !

    J'espère que je ne t'ai pas traumatisé avec tout ça et je te souhaite bonne continuation !

    Charlotte »


    Après, le jeune homme le prend comme il le veut.

    En fait, ce n'est pas vraiment différent de ce que l'auteure du post a fait : revenir sur l'histoire et donner son avis. Seul le destinataire change.

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