J’ai testé pour vous… les acouphènes permanents

Pondu par Fab le 18 juillet 2011     

Les acouphènes permanents, vous connaissez ? Voici le témoignage d’une madmoiZelle qui a décidé de rester anonyme. Elle veut se faire appeler Marie-Antoinette.

Vous connaissez cette sensation de sifflement dans les oreilles, après avoir écouté de la musique trop fort ou juste en période de stress ? On appelle ça des acouphènes. Souvent, ça part au bout de quelques secondes ou de quelques minutes. Mais si vous manquez de chance, ça ne part pas. Jamais. Les acouphènes, je vis avec depuis plus de quatre ans. Je suis bien partie pour me les trimballer toute ma vie. Je vous souhaite de ne jamais connaître ça !

Une boîte de nuit au son vraiment trop fort et…

Tout a commencé par une nuit de marathon-boîte. Avec mon copain, on enchaîne les soirées, on danse, on boit, et sur les coups de quatre heures du matin, on s’en fait juste une petite dernière… Dès que j’ai passé la porte, je me dis que le son est vraiment trop fort. J’attends cinq minutes histoire de dire, puis je repars et je m’écroule dans mon lit, morte de fatigue. Le lendemain, je remarque un sifflement, je me dis que ça passera – comme d’habitude. Erreur.

Le surlendemain, je commence à m’inquiéter. Je tape « acouphènes » sur Google et je prends en pleine tête les histoires horribles de milliers de gens qui ont vécu la même chose et qui écrivent leur colère, leur angoisse, leur déprime. Parce qu’évidemment c’est l’essentiel de ce qu’on trouve sur Internet, comme quand on cherche « rhume » et qu’on tombe sur « mort instantanée dans d’atroces souffrances ». C’est d’ailleurs pour offrir un témoignage un peu plus raisonnable que j’écris ce texte.

Je comprends vite le problème : plus les acouphènes durent, plus ils ont de chances de s’incruster ; après 48 heures il est souvent déjà trop tard, et il n’existe aucun remède. Je me roule en boule et j’attends. Je suis incapable de bosser, incapable de regarder un film, je décroche des conversations, je ne peux plus parler. Je cours consulter des ORL qui confirment un choc auditif, je m’entends répéter que je ne peux rien faire. Je repars avec des gouttes pour dormir, ou plutôt pour assommer. Un médicament qui depuis a été interdit parce que trop dangereux, mais que j’ai pris pendant un an, parce que c’est toujours pire le soir.

Ce sifflement qui ne s’arrête jamais

Au lit, difficile de ne pas se concentrer sur ce maudit sifflement qui ne s’arrête jamais. Des acouphènes, c’est comme une trace noire dans son champ de vision – sauf qu’on n’a pas la solution de fermer les yeux. Impossible d’échapper à ce bruit. Je mettrai trois mois à sortir de ce qu’il faut bien appeler une dépression. Six mois au total, avant de me remettre à peu près sur pied. Mais le bruit, lui, est toujours là.

Quatre ans ont passé. Je pensais avoir dompté le problème. Je me disais que mes acouphènes étaient bien présents mais que j’avais la chance d’entendre un unique son régulier, et pas des bourdonnements ou bruits de cloche comme certaines personnes. Des patients perdent de l’audition. D’autres entendent des bruits tellement forts que ça les perturbe en continu. J’avais même appris à me focaliser sur mon sifflement quand je voulais éviter d’entendre les conversations inintéressantes – pour transformer le handicap en bouclier.

[rightquote]Pour moi, l’idée d’être « abîmée » était insupportable. Je pensais que les gens m’aimeraient moins.[/rightquote]Ce n’était pas parfait : par exemple, assumer n’a pas du tout été évident. La plupart de mes amis ignoraient jusqu’à récemment mon problème, je n’ai pas pu leur avouer de quoi je souffrais parce que dire les choses les rendait réelles. Mes deux derniers petits amis n’ont jamais su, l’actuel a la moitié de l’information. Pour moi, l’idée d’être « abîmée » était insupportable. Je pensais que les gens m’aimeraient moins. Ce qui est sûr, c’est que moi-même, je m’aimais moins. En ayant des acouphènes, j’ai compris que le corps pouvait se blesser et pour moi qui avais toujours compté sur une constitution en acier, c’était comme d’apprendre qu’en fait j’allais vraiment vieillir et mourir un jour.

Mais j’ai recommencé à sortir. Avec des boules Quiès, toujours, que je cachais sous mes cheveux parce que j’avais peur que des gens les aperçoivent (et quand on préfère les énormes toutes jaunes, c’est très difficile à cacher) (il m’arrivait de les couper en deux pour mieux paraître « normale »). La situation paraissait sous contrôle. Donc bourrée, en janvier, je me suis dit que je pouvais bien passer une heure sans protection, dans une boîte au niveau sonore vraiment très raisonnable.

Rechute

J’ai joué, j’ai perdu. Une faute en quatre ans et j’ai aggravé le problème, ajoutant à mon sifflement régulier un bruit de vieux modem du côté droit. Essayez de dormir avec ça pour rigoler… Re-panique. Re-déprime. Re-mur dans la tête, en se demandant si je vais vivre avec, si je peux vivre avec. Cette fois je ne consulte personne, je ne prends aucun médicament, je sais que ça ne sert à rien (à part se rendre accro aux calmants). J’ai essayé l’acupuncture, les micro-ondes, l’ostéophathe, le gingko… tout ce qui est recommandé. Mais de vrais acouphènes, ça ne se soigne pas, et pour l’instant la science n’a aucune piste. Le seul truc qui me soulage est d’écouter de la musique « naturelle » pour m’endormir, comme le remous de l’océan ou la pluie qui tombe.

Je viens de m’en remettre à peu près. Il m’a re-fallu six mois. Par contre je suis totalement parano, je ne vais plus jamais à un concert, plus jamais en boîte, je mets des boules Quiès à mes cours de fitness, je quitte systématiquement les endroits bruyants, souvent sans oser donner d’explication.

J’ai toujours aimé danser, je suis frustrée de ne plus faire la fête. C’est chiant, la vie sans fête. C’est super bizarre, de devoir éviter le bal du 14 juillet, les musiciens et les soirées de ses amis. Mais si je me reprends ce mur une troisième fois, je ne vois pas comment je remonterai la pente (je l’ai fait deux fois, je répète que c’est faisable, mais je ne souhaite l’expérience à personne). Donc je ne prends pas le risque. En ce moment, je cherche des solutions pour apporter un peu de fun dans mon existence et c’est tendu. J’ai même peur des gens qui parlent fort !

Quelques conseils pour finir

Donc voilà. Les acouphènes, c’est surmontable avec beaucoup de patience mais il ne faut pas rêver, ça restera compliqué, a priori pour le restant de mes jours. Parfois, ça tombe sans prévenir, mais souvent, les acouphènes sont dus à un excès de décibels dans nos fragiles oreilles (qui, traumatisées, « impriment » le bruit). C’est pourquoi, SERIEUSEMENT :

- n’écoutez pas votre iPod trop fort (quand j’entends les basses s’échapper des écouteurs de quelqu’un, j’ai envie de faire une bonne action et d’arracher les écouteurs de ses oreilles),
- en concert et en boîte, mettez des boules Quiès,
- faites des pauses (cinq minutes de silence toutes les heures de bruit),
- écoutez votre corps : si vous trouvez que le son est trop fort, fuyez (aucune soirée n’est assez cool pour légitimer de vous flinguer les oreilles à vie) (rappelez-vous également que les dommages internes peuvent commencer même avant que la sensation de douleur existe),
- si des acouphènes commencent, éloignez-vous immédiatement.

Deux millions de personnes souffriraient d’acouphènes en France. C’est beaucoup trop, surtout si on peut l’éviter. Alors je vous en supplie, faites attention. Les gens qui aiment la musique sont les premiers touchés, on trouve notamment de nombreux musiciens (Ozzy Ozborne, Sting, Thom Yorke, la liste est longue) mais peu en parlent. Et c’est bien le problème : les acouphènes sont considérés comme honteux (et par moi aussi) donc personne ne vient hurler qu’il faut d’urgence baisser le volume.

Donc voilà, ceci est mon signal d’alarme, parce que j’aurais aimé être prévenue : n’ayez pas peur de penser et de dire que le son est trop fort, et agissez en conséquence. C’est dur parce que ça va à l’encontre d’une certaine idée de la fête. Mais ça vaut mieux que ne plus jamais faire la fête.

enfance

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  1. AbyssalChaosAbyssalChaos

    Le 10 septembre 2012 à 10:12

    Il y a deux jours, concert prévu le soir même, on parlait justement des acouphènes avec mon copain puisque lui en a, il me demandait de lui faire penser à ses bouchons. Je lui ai répété tout l'après midi de les prendre, mais j'ai pas pensé un seul instant à mes oreilles à moi.
    Une fois au concert -de metal, musique très forte, à environ 1m des enceintes …-, j'ai eu comme un mauvais pressentiment quand j'ai entendu le volume de la musique mais bon j'allais voir ce groupe génial, j'étais à 20cm des musiciens, quelle importance? Pendant une pause entre deux chansons, mon copain m'a dit quelque chose en criant dans mon oreille et je n'ai rien entendu, pas un son plus haut que l'autre et j'ai eu très très peur (d'habitude quand le son est fort, même si on comprend rien à ce que la personne raconte on se rend au moins compte qu'elle nous parle…)
    Du coup je suis sortie, avec cette impression de tout entendre à travers une bulle comme à chaque fois qu'on sort d'une pièce où le son est fort, sauf que là ça ne s'atténuait pas au bout de 10min, ça a duré, c'était encore là le lendemain et j'ai vraiment cru que je m'étais rendue sourde. Et ce sifflement…

    C'était il y a deux jours donc, mon oreille droite n'a rien eu et la gauche qui était près des enceintes s'est presque entièrement remise de cette impression de "bulle", par contre le sifflement est là.

    Je sais que ça ne partira pas, je ne compte pas aller voir de médecin, j'essaierai seulement le ginko parce que j'en prenais déjà pour ma circulation sanguine et qu'une nouvelle cure ne peut pas me faire de mal, mais sans vraiment d'espoir pour mon oreille.
    J'essaie de relativiser en me disant qu'une seule oreille a été touchée, et je peux assez facilement faire abstraction du sifflement en me concentrant sur un autre bruit ambiant.

    Je me suis aussi rendue compte par la même occasion que j'avais toujours plus ou moins eu des acouphènes parce que le sifflement ne m'est pas étranger, je l'entendais parfois les soirs où je galérais à m'endormir. Du coup je me demande d'où il venait avant parce que je n'avais jamais eu de problèmes jusque là, je ne monte jamais le son de mon mp3 au delà de la moitié, et je n'ai fais que peu de concerts avant avec un son raisonnable et jamais près des enceintes.
    Donc oui il suffit d'une fois.

    Je vais continuer les concerts, mais je vais acheter des bouchons ;)

    (J'en profite pour dire que je comprends un peu le sentiment de honte de l'auteur de l'article dans le sens où je savais parfaitement ce que pouvait faire un son trop fort, mon copain souffrant d'acouphènes, je me suis juste sentie invincible et maintenant je paye pour ma connerie, pour moi c'est totalement de ma faute et oui, pour ça j'ai honte)
  2. AudreyFAudreyF

    Le 26 septembre 2012 à 16:24

    J'ai des acouphènes depuis 3ans maintenant. Ca a commencé quand mon copain et moi même avons acheté une voiture décapotable. Je suis passagère et le vent dans mon oreille droite a fini par créer un acouphène. Depuis je supporte mal de rouler avec la fenêtre ouverte, je supporte mal certains bruit comme celui de l'aspirateur par exemple. Je n'ai pas de sifflement mais plutôt un bourdonnement et quand ça dure un peu trop longtemps mon oreille finie par me lancer et j'en arrive à me donner des coups pour que ça parte.
    Heureusement ça ne bourdonne pas en permanence, c'est occasionnel, je n'ose pas imaginer comment serait ma vie si le bruit était continu.
    Bravo pour l'article, je suis tout à fait d'accord sur le fait qu'on ne parle pas assez souvent de ce problème qui touche tout de même 2millions de français.

    Audrey
  3. hepburnwarholchanelhepburnwarholchanel

    Le 12 janvier 2013 à 22:03

    Bonjour, ma mère est analyste, sophrologue spécialiste des acouphènes à Vannes. Elle peut faire des consultations téléphoniques, si tu es intéressée:

    Mme Lysiane Chapel-Julien au 06 83 68 38 11

    Elle pourra surement te conseiller et t'aider, elle a réussi à guérir plusieurs patients de ce problème donc tu n'es pas forcément coincée avec à vie!

    Cordialement!
  4. MandymandaMandymanda

    Le 12 janvier 2013 à 23:08

    Merci pour ce témoignage!

    J'en rajoute juste une petite couche :)

    Cela fait 2 ans que j'ai une sorte de bourdonnement ou comme des grésils de radio dans les oreilles. J'ai fais du punk pendant 4 ans, sans compter les concerts que j'allais voir et ce, sans bouchons… je m'en foutais!
    C'était il y'a presque 7 ans, après l'arrêt de mon groupe. Je suis allée à moins de concerts, et quand j'y allais je mettais des bouchons, car le son me fatiguait très vite…. Tout ça pour dire que ça peut ne pas arriver d'un coup, la preuve les miens sont apparus un an après mes folies acoustiques.

    J'ai été bête,je connaissais très bien le risque puisque mon ex qui était musicien a finit par avoir de graves acouphènes.
    La musique était sa vie, il oubliait souvent ses bouchons, et un jour le couperet est tombé: il n'avait même plus le droit de jouer de la guitare… Ceux ou celles qui sont musiciens, doivent comprendre la douleur que peut être arrêter sa passion du jour au lendemain.

    Mon ex en était même à faire de l'hyperacousie (l'hyperacousie c'est ne supporter aucun son, même un son faible car il parait plus fort que ce qu'il est en réalité).
    Il en devenait presque fou:il focalisait dessus dès qu'on était dans un endroit silencieux, il faisait des insomnies,et, quand il arrivait à dormir, le matin il se réveillait épuisé car le son permanent empêchait son corps et son cerveau de vraiment se reposer.
    Plus il était fatigué plus les acouphènes étaient intenses.
    Il est allé voir des spécialiste, plein. Il a eu des cachets à prendre, pas longtemps car presque inefficaces.
    Mais pour lui ça s'est tout de même amélioré, il s'est fait moulé des bouchons d'oreilles sur mesure quasi transparents réglés pour réguler les sons passants (150€ environ, c'est un investissement mais c'est vraiment important). Il les mettait quasi tout le temps, au bout de quelques mois il a commencé à les enlever quand ils n'étaient pas nécessaire.
    Il l'a allié à un régime alimentaire équilibré et l'arrêt du tabac, bref une bonne hygiène de vie. Il parait que ça peut être lié.

    Ca c'était il y a 5 ans, aujourd'hui il a reprit la musique, il a recommencé doucement il y a un peu plus d'un an, et ses oreilles vont bien. Même si ces acouphènes sont toujours présent, ils se sont atténués et il sait dealer avec ça. Il refait même des concerts.

    Un pavé pour dire qu'il y a de l'espoir mais c'est encore trop méconnu, presque le truc qui n'arrive qu'aux autres… Même en ayant vécu avec quelqu'un qui en souffrait, je ne m'étais pas plus alerté que ça… et pourtant aujourd'hui c'est mon tour. Bon je n'en souffre qu'à demi mesure, je suis surtout beaucoup plus fatiguée le matin, je fatigue aussi beaucoup plus vite quand je suis dans des endroits bruyants, et je vais à très peu de concerts, mais je ne focalise pas dessus.

    Mais faites vraiment attention à vos oreilles elles sont précieuses, car lorsqu'il leur arrive quelque chose d'irréversible c'est tout votre corps qui en pâtit!
    allez! prenez soin de vous!
  5. LadyNightstalkerLadyNightstalker

    Le 12 avril 2013 à 23:36

    Merci pour cet article, c'est important d'aborder ce sujet là!
    Je suis impressionnée qu'une seule nuit ait été la cause de ce phénomène… Moi ça a commencé par un concert, mon premier concert, où je n'avais pas de boules quies, et les accouphènes ne sont pas passés après… Mais c'était à une période où j'étais très stressée, et avec le temps, ça a fini par passer. J'ai essayé d'aller en boîte plus longtemps après sans mettre de boule quies, mais pareil c'est revenu, pourtant je tolérais bien le son… Ca a fini par repasser, mais depuis je mets toujours des boules quies en boîte ou en concert. J'assume moyennement le fait d'en mettre, je préfère quand mes cheveux les cachent… Mais je sais qu'elles sont essentielles, donc c'est hors de question que je ne les mette pas. Et franchement, quand je ressors du concert avec la tête et les oreilles reposées, je suis vraiment très heureuse de les avoir mis, et ceux qui n'en mettent pas passent vraiment à côté d'une tranquillité et d'un confort très appréciable…

    Mais maintenant, je suis tranquille avec les acouphènes, mais j'ai l'impression que quand je suis fatiguée, ils sont toujours là, ça reste très fragile et sensible tout de même…

    Donc oui, protégez vos oreilles!!
  6. Irma VepIrma Vep

    Le 13 avril 2013 à 20:40

    J'en ai depuis 10ans, c'est apparu d'un coup, un soir.
    Et c'est juste "la faute à pas de chance" (pas de baladeur à l'époque, pas de concert, rien), apparemment ça peut arriver sans raison.
    Mon audition avait baissé et j'ai pris un traitement pendant plusieurs années (pas très efficace et qui n'est normalement plus en vente).
    Avec le temps, comme me l'avait dit l'ORL je me suis "habituée" et j'ai une audition casi normale. Par contre j'évite les endroits où il y a du bruit sinon ça me les accentue bien pendant plusieurs heures.
  7. Lyn(oléum)Lyn(oléum)

    Le 13 avril 2013 à 22:19

    Je souffre d'acouphènes depuis environ 6 mois, dues à une soirée en boîte sans pause et avec un niveau sonore trop fort. Jusqu'alors, je ne m'étais jamais inquiété de tout ça, je mettais mes écouteurs d'iPod à fond, je ne savais même pas que les acouphènes existaient. J'ai lu ce témoignage le lendemain de cette fameuse soirée et j'me suis rendue compte que j'avais fait une connerie. J'ai pleuré, consulté un ORL en urgence qui m'a plus ou moins dit que c'était trop tard, que je ne pourrais plus rien faire (plus d'Ipod, même à niveau raisonnable, pas de boîte ou de concerts) alors que je n'ai que 17 ans : bref, déprime.
    J'dormais mal, je stressais dès le moindre bruit… Etant donné que j'étais déjà dans une mauvaise passe, ça a été très très difficile.
    Grâce à ma psy, j'ai consulté une autre ORL, qui a été beaucoup plus rassurante. Elle m'a donné un traitement (qui n'a pas marché, mais j'étais contente de voir que je pouvais essayer quelque chose, me battre), m'a assuré que des bouchons d'oreilles perfectionnés (mais chers) m'aideraient à pouvoir vivre pleinement et à m'amuser sans véritable contrainte, mais seulement en faisant un peu attention. Et, alléluia, j'ai pu recommencer à écouter de la musique avec des écouteurs en mettant le son maximum à 25/30% (on s'y habitue).

    Aujourd'hui, je le vis mieux, mais il reste des séquelles. J'ai toujours un traitement pour dormir (léger, mais tout de même), je me bouche les oreilles dès qu'un son me semble trop fort au cinéma et hors de question de retourner en boîte pour l'instant, mais bon, je ne m'en plains pas pour le moment. J'ai aussi très peur que mon acouphène s'aggrave et que je fasse de l'hyperacousie. Je ne sais pas si c'est possible, mais ça m'effraie vraiment.
    Enfin bref : c'est contraignant, mais on s'y fait. Y a des hauts et des bas disons.

    Ce qui m'a énervé dans cette histoire, c'est que je n'ai jamais été informé sur ce sujet, même à l'école ! Au pire, je pensais que l'on pouvait perdre de l'ouïe (ce qui n'a pas été mon cas, heureusement !) mais je n'avais aucune idée de ce qu'était un acouphène. Alors, parlez-en autour de vous, c'est important.

    Alors vraiment, comme le dit si bien la mad' de l'article : protégez vos jolies oreilles :) ! Il suffit d'une fois ! Ecouter de la musique à niveau très raisonnable, portez de bouchons et faites des pauses régulièrement lors de concerts ou de virées en boîte et soyez conscientes de vos limites. Vous n'en serez que plus fortes !
  8. Agathe~Agathe~

    Le 14 avril 2013 à 00:07

    Acouphénique depuis un peu moins de trois ans ! :mur:
    Pour ma part, c'est une otite mal diagnostiquée et donc mal soignée qui a tout déclenché, mais je pense que mes nombreux concerts de Metal ont très probablement "préparé le terrain".
    Pour rebondir sur ce que disait Lyn, effectivement, les gens ne connaissent pas cette maladie ! On n'en parle jamais, pas de prévention, pas de campagnes de sensibilisation ou d'information… Nada. Alors que nous sommes plus de 2 millions en France à souffrir de cette saleté.
    Pour ma part, je me considère comme extrêmement chanceuse; car ils ont beaucoup baissé en intensité depuis leur apparition en décembre 2010.
    Quelques mois après l'apparition des sifflements, j'ai cassé ma tirelire et me suis faite faire chez un ORL des protections auditives sur-mesure, moulées sur mon appareil auditif; et je me suis astreinte à les porter quasiment en permanence pendant plusieurs mois (je ne les enlevais que pour dormir et prendre ma douche). Aujourd'hui, je pense très sincèrement que cette cure "forcée" d'isolation des bruits extérieurs a considérablement aidé à l'amélioration de mes acouphènes. Alors bien sûr au début c'était l'enfer, car porter ces bouchons signifiait entendre dix fois plus mes acouphènes, mais je pense que avec le temps, mon cerveau s'est adapté à ce bruit… puis est venue l'amélioration.
    Il va sans dire que j'ai stoppé concerts/boîtes de nuit/bars où la musique est trop forte/mp3. Je me protège systématiquement dans les transports en commun (train, RER, métro) et même lors de long trajets en voiture, car le bruit du moteur peut vite me fatiguer.
    J'essaie de me renseigner sur l'avancée de la recherche scientifique, et pour le moment, il n'y a rien de bien concluant… Il semble que la médecine se soit cependant totalement détournée de la piste purement auditive comme cause des acouphènes, et privilégie aujourd'hui les recherches au niveau de l'encéphale, qui semble être la véritable source du problème.
    Il ne faut pas perdre espoir, les Madz' :coeur: Même si pour le moment il n'existe aucun traitement contre notre mal,  on peut lutter au quotidien contre lui, en se protégeant, en adoptant un mode de vie plus sain. J'ai discuté autour de moi avec d'autres acouphéniques, qui m'ont rapporté que mettre la pédale douce sur les mauvaises nuits de sommeil, la cigarette et même les alcools forts pouvait également grandement aider…
    Après, il y a autant d'acouphènes que d'acouphéniques, et c'est à chacun d'apprendre à connaître son/ses sifflement(s) pour mieux les combattre…
  9. ScendeScende

    Le 11 août 2013 à 14:47

    Voila un témoignage qui m'intéresse fortement.

    Suite à un syndrome au niveau de la mâchoire, j'ai moi aussi des acouphènes en permanence. Je les gère sans problème car cela fait quelques années maintenant qu'ils sont présents. Ils font partie de moi et je n'en ai pas honte.

    Par contre, je suis souvent à l'ouest à cause d'eux. Ils captent ma concentration et je n'entends plus ce que des gens qui sont a deux deux mètres de moi me disent. C'est handicapant dans la vie de tous les jours, au boulot comme à la maison, mais je me suis habituée. Je fais toujours répéter mes interlocuteurs. Souvent, on me dit : "t'es sourde ou quoi ?", ils ne savent pas, ne se rendent pas compte de la fatigue que cela implique.

    Pour minimiser leur importance, au boulot comme à la maison, j'écoute de la musique, de tout, mais en fond sonore, pour ne pas agresser les oreilles. (les bruits les plus difficiles sont l'aspirateur, le frigo, l'ordinateur ou encore le bus…) Quand on me parle d'une pièce à l'autre, je me déplace, je coupe tout bruit extérieur et je me concentre.

    C'est sur que le soir, je ne peux pas faire ça. Et pour m'endormir c'est moins facile. Je me concentre dessus et au bout d'un moment, je m'énerve et alors là, plus question de dormir.

    Mais dans l'ensemble, je m'y suis habituée. Du moment qu'il y a un fond sonore assez doux sur lequel me concentrer, alors tout va bien. Je gère.

    Merci pour ce témoignage !
  10. DestyNovaDestyNova

    Le 21 novembre 2013 à 14:49

    Il me semble qu'il existe deux sortes d'acouphènes, ceux provoqués par des dégâts auditifs (dont il est question ici). Et ceux qui sont le pur produit d'un dysfonctionnement neurologique (dû à l'age, au stress, à la fatigue etc).

    Je ne sais plus si j'en avais déjà parlé mais l'hypnothérapie fonctionne bien il me semble contre les acouphènes. ça ne les supprime pas mais ça permet d'apprendre à les gérer.

    Bon courage à vous si vous en souffrez

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