J’ai testé pour vous… les 23h de la BD

Les 23h de la BD, c'est un challenge de dessin dans lequel se lancent des centaines d'artistes de BD chaque année. Nepsie l'a tenté !

J’ai testé pour vous… les 23h de la BD

Article initialement publié le 3 avril 2013

Le week-end de Pâques, pour beaucoup, est synonyme de chocolat, de bon manger chez les parents, de chasse à l’œuf. Mais en réalité, il n’y a pas que ça… C’est aussi le week-end des 23 heures de la BD !

Les 23h de la BD, qu’est-ce que c’est ? D’où ça vient ? Pourquoi ils font ça ?

Les 23h de la BD, c’est un concept simple : réaliser 24 planches de bande dessinée en moins de 23h. Les participant-e-s ont donc du samedi 13h au dimanche 13h pour créer et mettre en ligne leurs planches.

C’est Scott Mc Cloud, un très grand théoricien du 9ème art, qui le premier a décidé de tenter ce challenge. C’est en 1990, avec l’un de ses amis, qu’il entame l’aventure. Quatorze ans plus tard, cela deviendra le « 24 hour Comics Day » officiel, et en 2007, ils seront plus de 1200 à participer dans le monde. La même année sont lancées en France les 24h de la Bande Dessinée, auxquelles sont venues s’ajouter l’année d’après les « 23h de la BD ». Pourquoi 23 ? Parce qu’on change d’heure, justement… Astuce ! Ça devient encore plus tendu du slip.

Pendant 5 ans, ce défi fait son chemin et pour cette septième édition, Scott Mc Cloud en personne est venu apporter sa pierre à l’édifice. Non pas en dessinant à son tour, mais en ajoutant une contrainte à l’événement des 23H de la BD.

Par Silver 

Une contrainte ? Mais 23h (de la bd) pour faire tout ça, c’est pas déjà suffisant ?

Eh non. Ce n’est pas suffisant ! En réalité, plus que réaliser 24 planches de BD en 23h, il faut également le faire sur un thème bien précis qui n’est donné qu’au lancement de l’édition, à 13h le samedi.

Cette année, les organisateurs ont décidé de serrer un peu la vis en cessant d’accepter ce qu’on appelle les « slideshow », à savoir une seule image par planche. Pour cette édition, c’était donc au minimum deux cases par planche et un maximum de trois planches en pleine page.

Scott Mac Cloud a décidé d’ajouter à nos histoires « Un chapeau ridicule ». Il fallait donc trouver comment l’intégrer – avec plus ou moins de joie.

Par Chibi Kuru

Les 23h de la BD, comment ça se passe ?

Tout d’abord, pour participer, nous devons nous inscrire en amont de l’événement. Rien de plus simple, c’est en ligne, sur le site des 23h de la BD. Une fois qu’on est remis-es de nos émotions (« Oh merde, merde merde merde, pourquoi je me suis inscriiiit-e ? »), on essaye de réfléchir. Comme on n’a pas le thème, on ne peut pas prévoir à l’avance ce que l’on va faire, alors on tente juste de se faciliter la tâche. On rachète des feutres, on amasse des provisions dans nos placards, on fait le plein de café. Et on se dit qu’on sera plus de 600 dans la même galère.

Certains auteurs installent une webcam dans leur antre, histoire de faire partager au monde leur visage tendu et fatigué. C’est ce que j’ai fait aussi. Et honnêtement, il y a une raison simplement logique : quand des gens te regardent, tu fais en sorte de ne pas t’endormir comme une larve en bavant sur tes feuilles !

Nous – avec mon Vilain – avons eu la chance de pouvoir rendre visite au Boss de l’édition le matin même. Turalo nous a reçus dans l’atelier qu’il partage avec plein de gens talentueux, au cœur de Tours. Eh bien, voir qu’on ne sera pas les seuls dans la mouise, ça motive – en réalité, tu te dis surtout que si tu ne parviens pas à finir, ces gens-là te cracheront dessus dans la rue s’ils te croisent à nouveau…

Une fois rentré chez nous, on s’est installés. Et là, le drame. Le site était en rade. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’ici tout est gratuit. On fait ça pour le sport et l’équipe, elle, ne touche rien et prend juste sur son temps. Heureusement, ils sont intelligents et ont partagé le thème sur les réseaux sociaux et par mail.

Par Kalumis

Les 23H de la BD : une course contre la montre

Thème de cette année : la cohabitation – sous toutes ses formes.

On avait prévu, suite à de judicieux conseils trouvés sur l’Internet, de ne pas passer trop de temps sur notre scénario et notre storyboard. On avait donc quasiment terminé ceci en deux heures. À 15h, nous débutions nos planches et lancions notre webcam, histoire de ne pas nous sentir trop seuls.

Bien concentrés, on a essayé de ne pas rester trop longtemps sur chaque planche. Il ne faut pas oublier qu’il y en a vingt autres qui attendent.

De temps en temps, tu sors de ton mutisme et tu vas parler un peu aux gens sur le chat de la webcam. Enfin, tu pleurniches surtout que tu n’y arriveras jamais. Les gens sont gentils, ils t’encouragent… et réclament surtout de voir tes petits lapins – les ingrats ! Ils ne viennent même pas pour te voir toi !

Les heures s’enchaînent. Minuit. Une heure. Deux heu… trois heures ! Tout le monde est parti se coucher, plus personne ne t’encourage. Seul un dessinateur, perdu sur l’Internet, reste à nous parler pour se motiver lui-même et ne pas laisser tomber l’affaire.

Toi, tu as encré une partie de tes planches. Tu continues tant bien que mal, en essayant de ne pas penser qu’il faudra également les scanner, les nettoyer, les coloriser.

Au petit matin, quand tu rigoles pour un rien parce que la dépression nerveuse te guette, tu te dis que t’es pas tant dans le caca que ça. Ton partenaire non plus, même s’il ne décroche plus un mot depuis deux bonnes heures et qu’il rit juste nerveusement en écoutant pour la énième fois l’intégrale d’Oldelaf ou des Rois de la Suède.

À 8h, tout est quasiment terminé. Du moins sur papier. Tu décides de tout gommer et pour la première fois de ta vie tu détestes ça. SINCÈREMENT. Gommer 24 planches. En plus ça en fout partout. Tu râles mais après tu ris nerveusement, encore et encore.

S’ensuit la phase de numérisation. Tu colorises vite fait et là… Tu mets en ligne la première planche. Joie dans ton cœur. Le reste est laborieux, tu te rends compte que ce que tu as fait est vraiment bancal, mais tant pis. Plus que vingt planches à poster. Puis dix. Puis cinq. Puis voilà.

À ce moment précis, il est 10h. Et tu as fait tes 24 planches en moins de 20h. Tu vois la seule récompense obtenue : la fierté et ton petit lapin d’or, symbole de ta réussite.

Par moi, Nepsie !

Les 23H de la BD : Et ensuite ?

Après avoir finis tes 23H de la BD, tu peux désormais regarder ce qu’ont fait tes camarades de jeu. Tu découvres des choses vraiment superbes – tu avais bien pris soin durant le défi de ne pas regarder les travaux des autres, sinon tu aurais pleuré puis sauté par la fenêtre.

Tu as quelques retours de la part des lecteurs, ça rend heureux, même si tu as juste envie d’aller dormir. Cependant, tu te dis avec le recul que ce n’était pas si terrible et que l’année prochaine tu seras sûrement encore de la partie !

Pour découvrir tout ce que ces petites mains ont réussi à faire, rendez-vous sur le site des 23h de la BD, section « auteurs ». Les lapins d’or sont pour ceux qui ont réussi à faire 24 planches en 23h, les lapins roses sont pour les fous – ceux qui en ont fait 48… gné… – et ceux d’argent pour les perfectionnistes qui ont réalisé le tout en un peu plus de 23h.

Par Hog

Merci aux MadmoiZelles et à nos amis qui sont venus nous faire coucou sur le chat, c’était vraiment gentil. Merci à l’équipe des 23h de la BD pour leur investissement et leur gentillesse. Merci à tous les autres auteurs de nous avoir montré ce qu’il était possible de faire sur un même thème.

Découvrez les planches de Nepsie !

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