Viol collectif d’une ado en Espagne : pourquoi le jugement fait scandale

Parce qu'elle était inconsciente, et n'a donc pas pu se débattre, une victime de viol collectif a vu ses agresseurs écoper d'une peine plus légère. C'est aberrant... mais légal.

Viol collectif d’une ado en Espagne : pourquoi le jugement fait scandale

En octobre 2016, en Catalogne, une adolescente de 14 ans a été violée par 5 hommes pendant une soirée. Inconsciente et alcoolisée, celle-ci n’avait pas donné son consentement.

Le Code pénal espagnol est désuet

Malheureusement, comme nous l’apprend un article du Monde, « dans le code pénal espagnol, un viol est qualifié lorsqu’il y a eu intimidation et violence ».

La victime étant inconsciente

Ce 31 octobre, un tribunal de Barcelone a donc condamné les agresseurs de cette jeune mineure à des peines de 10 à 12 ans d’emprisonnement pour « atteinte sexuelle »…

Et non pour « agression sexuelle », ce qui leur aurait valu 15 à 20 ans de prison.

Cette condamnation insuffisante soulève l’épineuse question de l’évolution de la loi.

En effet, ici, la Cour n’a fait qu’appliquer le Code pénal, qui ne considère pas l’inconscience de la victime (et donc son absence de consentement) comme une circonstance aggravante.

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Les militantes espagnoles mobilisées pour faire évoluer la loi

Depuis plusieurs jours, les militantes féministes espagnoles se mobilisent sur les réseaux sociaux et dans la rue pour faire évoluer la loi.

Déjà sur le pont pendant l’affaire de « la meute » qui avait secoué l’Espagne suite à la relaxe des agresseurs d’une jeune femme violée, les militantes continuent à le scander : #NoEsNo (#NonCestNon).

Alors qu’en 2018, le gouvernement avait annoncé le projet de modifier le cadre législatif pour ajouter la notion de consentement explicite, rien ne semble avoir avancé.

Béatrice Sommier, une ethnologue sur le genre, la sexualité et les sentiments en Andalousie contactée par 20 Minutes explique :

« Il ne faut pas oublier que le régime franquiste qui a duré quarante ans en Espagne a sclérosé le pays sur les thématiques du genre.

Pendant cette période, il y avait un Code pénal délirant et très patriarcal. Par exemple, un homme qui surprenait sa femme en train de commettre un adultère avait le droit de la tuer. L’inverse n’était pas vrai. »

Selon toi, comment pouvons-nous faire évoluer la loi ?

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Marie

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Quand Marie ne jongle pas entre les box madmoiZelle, elle t'invite à chanter (faux et fort) aux Grosse Teuf, à te marrer aux One mad show et à t'émerveiller aux CinémadZ. Fière Poufsouffle, elle est incollable sur les actus de Daniel Radcliffe grâce à sa Google Alert quotidienne (à 18h).

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Commentaires

Nastja

@Bleu pastel
Je trouve que c'est un peu tout mélanger mais j'imagine qu'au lycée l'important c'est de faire le lien avec le dénominateur commun qui est la langue espagnole.
En tous cas j'espère que ce n'est pas pendant les cours d'espagnol qu'on vous a parlé du faux manuel de la bonne épouse qui n'a jamais existé.

Franchement ça aurait été beaucoup plus pertinent de faire un lien avec les dictatures européennes à la même époque et la montée des nationalismes dans pratiquement tous les pays voisins que de comparer l'Espagne à l'Amérique latine surtout que c'étaient des dictatures avec des régimes complètement différents et des dynamiques qui n'avaient rien à voir.
On peut pas dire que la dictature de Fidel Castro ait été baignée par le catholicisme traditionaliste. Bref votre prof s'est un peu mélangé les pinceaux ou bien les programmes sont condensés pour aller plus vite.
 

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