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Santé

Santé mentale des enfants : « l’urgence est là, nous ne pouvons plus l’ignorer »

18 nov 2021

À l’occasion de la Journée internationale des droits de l’enfant, le 20 novembre, la Défenseure des droits et son adjoint rendent public un rapport tirant la sonnette d’alarme sur la santé mentale des enfants.

Beaucoup d’aspects sont abordés dans ce rapport détaillé – comme la prévention et la détection de troubles psychiatriques, la lutte contre le harcèlement scolaire, la nécessité d’accompagner les parents – et des recommandations précises sont apportées.

Avec la crise du Covid, on a beaucoup parlé de santé mentale, celle des Français s’étant largement dégradée durant les divers confinements, mais il est primordial de mettre en lumière aussi l’état psychique des enfants. Celui-ci ne se caractérise pas uniquement par l’absence de troubles psychiatriques : il faut aussi considérer leur bon développement ainsi que leur bien-être global.

Dans le rapport, il est donné comme directive de placer la santé mentale des enfants comme une priorité gouvernementale.

« L’urgence est là, nous ne pouvons plus l’ignorer. »

Le rapport recommande de « dépathologiser » la notion de santé mentale, d’en rappeler le caractère fondamental, et de favoriser l’approche préventive, en complément de l’approche curative.

Dans ce document de 80 pages, riche d’informations et de témoignages, un état des lieux est effectué et 29 recommandations précises sont listées. Nous avons choisi de nous intéresser à quelques-unes de ces thématiques.

La petite enfance, une période fondamentale pour. lasanté mentale

Ce rapport rappelle l’importance pour les parents de bénéficier d’un accompagnement dès le début de la vie des enfants. Beaucoup de choses se jouent à ce moment-là ! Et ça demande : des moyens.

Est notamment pointée du doigt une crise des centres de PMI (Protection maternelle infantile) pourtant bien connus des parents – lieux proposant plein de ressources lors des premiers mois du bébé – à cause d’un « délaissement de la PMI par l’État et par l’Assurance Maladie ». Le gouvernement semble avoir entendu cette alerte et va réinvestir ces centres « par un investissement de l’État de 100 millions d’euros sur trois ans ».

(© Unsplash/Jordan Whitt)
(© Unsplash/Jordan Whitt)

Une alerte est également lancée sur le grand nombre de familles en situation de précarité. Le rapport préconise notamment de développer des structures d’accueil des jeunes enfants :

« Des initiatives d’éveil, de puériculture, de développement et de socialisation de l’enfant. »

Interdire l’accueil des enfants en unité de psychiatrie pour adultes

Les enfants et les adolescents sont parfois accueillis dans des unités de psychiatrie pour adultes, ce qui constitue un danger. Plusieurs exemples sont listés, comme « un jeune garçon de 14 ans confiné dans une chambre d’isolement en secteur psychiatrique pour adulte depuis plus de 6 mois au moment de la saisine ». Le rapport demande l’interdiction de cette pratique :

« La Défenseure des droits recommande au garde des Sceaux, ministre de la Justice et au ministre des Solidarités et de la santé de proposer l’inclusion dans la loi de l’interdiction d’accueil d’un mineur en unité psychiatrique pour adultes. »

Il faut poursuivre la densification de l’offre de soins hospitalière en pédopsychiatrie.

Le harcèlement scolaire, indissociable de la santé mentale

En France, on estime qu’il y a environ 700 000 enfants harcelés. Un chiffre énorme, surtout lorsqu’on pense aux conséquences désastreuses que cela produit sur le psychisme des victimes…

Il s’agit de violences psychologiques et physiques terribles. Et pour la Défenseure des droits, elles ne sont pas suffisamment prises en compte.

« Difficultés scolaires, absentéisme, voire déscolarisation, mal-être, angoisse, voire dépression, pouvant aller jusqu’au suicide, l’actualité nous rappelle régulièrement les effets dramatiques de ce phénomène. »

Il faut former et mobiliser les professionnels sur ces questions. Le rapport préconise notamment de renforcer la médecine scolaire et le service social scolaire ; les enfants doivent être informés que ces professionnels existent et peuvent leur venir en aide.

« […] la présence de médecins, psychologues, infirmières scolaires ou assistante sociale est résiduelle, ce qui peut être particulièrement préjudiciable pour les enfants, notamment s’agissant de situations de harcèlement ou violences. »

Le phénomène est d’une ampleur si vaste qu’il faudrait mobiliser de gros moyens et diversifier les actions pour enrayer l’augmentation de ces drames quotidiens, si préjudiciables aux enfants.

Une alerte spéciale est lancée à propos des enfants transgenres :

« La Défenseure des droits observe une augmentation du nombre de saisines concernant des enfants transgenres qui peinent à faire accepter, avec bienveillance, leur identité de genre dans le contexte scolaire.

Ces difficultés se rencontrent aussi bien à l’égard des autres élèves (rejet, injures, harcèlement, discriminations) que de l’institution elle-même, qui ne parvient pas toujours à les accompagner dans leur nouvelle identité. Elles peuvent être sources de décrochage et de troubles ou de détresse psychologiques. »

Il faut sensibiliser aux questions LGBTQIA+ dès le plus jeune âge pour que le mal-être des personnes concernées ne puisse pas s’installer.

L’école se doit aussi d’être plus inclusive pour les personnes en situation de handicap, en accueillant les élèves concernés et leur apportant ce dont ils ont besoin.

« […] passer de l’approche individuelle appliquée actuellement, qui veut que les enfants handicapés s’adaptent au système scolaire, à une approche générale visant à transformer le système d’enseignement de sorte qu’il accueille, dans une démarche inclusive, les enfants handicapés. »

Ce rapport très documenté apporte donc beaucoup de pistes d’améliorations. Les recommandations sont claires ! Espérons maintenant qu’elles soient entendues par les pouvoirs publics…

Besoin d’aide ?

Si vous-même, vous vous sentez angoissée, vous pensez avoir des problèmes d’addiction, si vous rencontrez un problème de harcèlement ou si vous sentez tout simplement que votre santé mentale est fragile, vous pouvez contacter Fil Santé Jeunes au 0 800 23 52 36. C’est un dispositif d’écoute et d’aide pour les jeunes de 12 à 25 ans.

À lire aussi : Les ados eux-mêmes harcelés sont « plus nombreux à avoir été auteurs de violences en ligne »

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