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Jobs et études

Rencontre avec 4 ingénieures : « Il faut des femmes pour avoir des outils adaptés à tout le monde »

J’ai rencontré quatre ingénieures afin qu’elles me parlent de leurs parcours et de leurs positions de femme dans un secteur majoritairement masculin.

Ce n’est un secret pour personne, le métier d’ingénieur s’accorde rarement au féminin. Malgré tout, cette branche tend à se féminiser, doucement mais sûrement. D’ailleurs, certaines écoles d’ingénieures ont déjà compris l’importance d’avoir plus de femmes dans leurs promotions, comme c’est le cas des quatre écoles du Concours Advance.

Le Concours Advance est le concours commun permettant aux élèves de Terminales générales et STL d’intégrer les quatre écoles d’ingénieur.e.s du Groupe IONIS. Il y a ainsi l’EPITA, école d’ingénieur.e.s en informatique, l’ESME, école d’ingénieur.e.s généraliste, l’IPSA, école d’ingénieur.e.s aéronautiques et aérospatial et Sup’Biotech, école d’ingénieur.e.s en biotechnologies.

Ces quatre établissements recensent une forte augmentation des inscriptions de candidates féminines depuis dix ans. En 2012, le Concours Advance enregistrait 9 % de participation féminine, en 2017 ce chiffre passe à 19,6 % et en 2020 plus de 25 % des candidates sont des filles.

Une interview croisée de quatre femmes ingénieures évoluant dans des secteurs différents

Cette féminisation de leur promotion est une petite victoire pour les quatre écoles du Concours Advance, et elles ne comptent pas s’arrêter là.

Pour achever de vous convaincre que les métiers de l’ingénierie ne sont pas réservés à un genre, et peut-être susciter des vocations, voici quatre anciennes élèves qui ont accepté de répondre aux questions lors de cette interview croisée. Chacune d’elles a fréquenté l’un des quatre établissements cités et est dorénavant épanouie dans une carrière bien installée.

Maïté, diplômée l’ESME, est analyste de suivi d’activité de marché pour la Société Générale. Valentine vient d’obtenir son premier CDI en tant que chargée de projet R&D dans le développement de produits cosmétiques, après avoir fréquenté Sup’Biotech.

Céline fait partie de la promotion 2016 de l’IPSA. Elle est aujourd’hui acheteuse projet dans l’industrie aéronautique pour le groupe Airbus. Quant à Juliette, qui a intégré l’EPITA, elle est lead développeuse pour la start-up Deepomatic depuis trois ans.

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Photo de ThisIsEngineering provenant de Pexels

Madmoizelle : Pouvez-vous me décrire les missions que vous réalisez dans le cadre de votre poste ?

Maïté : Je suis analyste de suivi d’activité de marché, mon métier consiste à valider chaque jour les chiffres réalisés par les traders avec lesquels je travaille. Pour entrer dans les détails, les traders passent des deals, et placent des produits sur les marchés financiers. Chaque soir, ils m’annoncent ce qu’ils ont obtenu dans la journée, et le lendemain je récupère tout ce qui a été enregistré dans les systèmes, et je fais des calculs selon un processus préétabli.

Valentine : J’entame prochainement un nouveau CDI comme chargée de développement produit très prochainement. Mon métier consiste à développer des produits cosmétiques à partir d’un concept marketing. Ensuite, c’est à moi de tout mettre en œuvre pour aboutir à un produit qui soit de qualité, performant, et sécurisé pour le consommateur et qui réponde au concept marketing.

Il va y avoir de la formulation de cosmétiques en laboratoire, puis différents essais. Il faut suivre le produit et interagir avec de nombreuses entités, de nombreux partenaires pour s’assurer que le produit est bien conforme à tous les aspects possibles (microbiologie, sécurité, innocuité). Pour mettre sur le marché des produits qualitatifs. 

Je ne gère pas la production, mais on doit s’assurer que le produit peut être fabriqué par des usines à grande échelle.

Céline : Je suis acheteuse dans l’industrie aéronautique. L’acheteuse projet est garante du juste montant des dépenses que demande le projet. Elle joue un rôle majeur dans la protection de l’entreprise pour laquelle elle travaille en négociant les contrats. Je travaille tout le temps en équipe, que ce soit avec l’équipe projet où les équipes techniques.

Juliette : Je travaille depuis trois ans pour Deepomatic une start-up spécialisée dans la reconnaissance d’images pour l’industrie où je suis lead développeuse. Depuis quelques mois,  je gère également une équipe de développeurs. Avec l’équipe produit, nous vérifions que le planning est réaliste et quelles sont les priorités.

On se répartit les tâches dans l’équipe et je suis l’avancement quotidien. Quand on démarre de nouveaux projets, j’écris les spécifications techniques. Pour résumer mes missions, j’ai la responsabilité de la bonne conduite des projets. J’ai le dernier mot dans l’équipe ! (rires).

120 minutes pour favoriser la féminisation des métiers de l’ingénieur.e

Le mercredi 9 mars à partir de 18h, les écoles du Concours Advance organise l’évènement : YES SHE CAN.

Quoi : Cet événement phygital aura pour but de susciter des vocations auprès de lycéennes. L’objectif est de leur permettre de se projeter dans un avenir dans lequel les femmes prennent toute leur place en donnant la parole à des rôles modèles pour leur faire connaître les métiers de l’ingénierie.

: L’événement phygital YES SHE CAN sera une émission façon live réseaux sociaux diffusée en direct sur youtube, et ouvert en présentiel à des lycéennes de Terminale et de Première, à des professionnels de l’éducation et à des journalistes.

Quand : Le mercredi 9 mars de 18h à 20h

Qui : Lors de ce live la journaliste Cyrielle Hariel interviewera des alumni et des étudiantes engagées des quatre écoles. Ce moment d’échanges sera l’occasion de donner la parole à des véritables rôles modèles afin d’exposer leur parcours.

Pour assister à l’événement gratuit YES SHE CAN le 9 mars de 18h à 20h

« J’aime les mathématiques mais ça reste théorique, l’ingénierie au moins c’est le concret »

Le maître mot de ces quatre interviews est : « le concret ». C’est principalement ce qui a motivé ces femmes à devenir ingénieure. Imaginer des programmes ou objets puis les voir se matérialiser. Mais aussi la curiosité de leur environnement, comprendre comment les choses fonctionnent comme pour Céline.

Madmoizelle : Pourquoi avez-vous décidé de devenir ingénieure ? D’où est venu le déclic ?

Céline : J’ai eu l’opportunité de voyager en A380 et j’ai eu le déclic pour le domaine de l’aéronautique. Je savais que je ne voulais pas être pilote, parce que j’avais un peu peur d’être en altitude. C’est comme ça que j’ai découvert le métier d’ingénieure.
Finalement, mes parents m’ont poussé à aller sur des salons étudiant, etc. J’ai rencontré un professeur qui m’a conseillé de tenter le Concours Advance, car je n’avais rien à perdre et j’ai été prise.

Quant à Maïté et Juliette, elles ont eu la chance d’avoir un grand-père et un père ingénieur, ce qui les a aidé à se diriger vers ce métier, plutôt méconnu il y a encore 15 ans.

« Le fait d’avoir eu un grand-père ingénieur en aéronautique, a certainement joué car il reste le premier exemple que j’avais dans cette branche. »

Maïté

« Mon père est également ingénieur en informatique et je pense avoir été influencé par ses récits. Cela m’a permis de prendre conscience que le métier existait déjà, et de l’avoir comme modèle. »

Juliette

Quant à Valentine le déclic lui est apparu après avoir fait un TPE (travaux personnels encadrés) en première autour de la cosmétologie et de son appétence pour les matières scientifiques.

« Je me suis renseignée sur les professions qui englobaient les sciences et les cosmétiques, et le métier d’ingénieure s’est très vite imposé à moi, par la variété des secteurs proposés. Rien qu’en cosmétique, il y a un nombre d’emplois innombrables dans l’ingénierie. »

Valentine

Quelles sont les trois choses que vous préférez dans votre métier ?

Pour chacune d’elles, le travail en équipe est primordial, Maïté me confie que ses collèges font partie des choses qui lui font aimer son travail et que l’esprit d’équipe est incroyable. Il en va de même pour Céline et Juliette :

« On est plusieurs à travailler sur le même sujet. Il y a de l’entraide, on apprend l’art des autres et la communication est ultra-importante. C’est nécessaire et stimulant à la fois.

Si nous construisons des choses différentes et que finalement, on n’arrive pas à les mettre ensemble, on a tous perdu des semaines de travail. »

Juliette
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Photo de fauxels provenant de Pexels

La stimulation intellectuelle est aussi un élément fondamental dans ce choix de carrière. Valentine est dithyrambique à ce sujet :

« Ce qui me plaît, c’est vraiment d’être proche du produit et d’avoir une gymnastique d’esprit au quotidien. »

Valentine

De par son poste dans la finance, Maïté a la nécessité de rester informée continuellement :

Mon poste me permet d’être plongée tous les jours dans l’actualité, par exemple avec tout ce qui passe autour de l’Ukraine et de la Russie. Nous sommes en première ligne sur les événements, et sur les conséquences sur le niveau des performances des traders. Personnellement je ne regarde jamais les actualités et j’apprends tout grâce à mon métier.

Maïté

Lorsque je leur demande si des femmes ingénieures ou scientifiques les ont inspirés, la réponse est sans appel : il n’y en a aucune. Cette réponse est très significative du manque de représentation des femmes dans les sciences. Maïté m’explique pourtant que beaucoup ont des postes à haut niveau mais qu’elles ne sont pas médiatisées.

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Photo de Tima Miroshnichenko provenant de Pexels

Devenir ingénieure et être une femme en 2022 ?

L’entourage des interviewées a soutenu voire accompagné leur décision de se diriger vers une école d’ingénieur, chacun à sa manière :

« Mon entourage a été surpris, parce que je viens d’une famille d’ouvriers, donc c’était une formation prestigieuse. Mais mes parents m’ont toujours accompagnée même lorsque je n’avais plus confiance en moi.
J’ai toujours été prévenue que parce que j’étais une fille, j’allais devoir faire face à des situations embarrassantes et devoir prouver davantage mes capacités. Avoir été mise en garde m’a permis d’être prête et de passer au-dessus de ces situations. »

Céline

Pour Maïté en revanche, la question de la mixité n’est devenue importante qu’au moment où elle a choisi son école :

« J’ai passé des entretiens pour des écoles d’ingé avec des jurys qui pouvaient faire des remarques assez incisives du fait de mon sexe. Ils étaient plus enclins à me titiller sur certains points, qui n’auraient pas été soulevés lors de l’entretien de garçons. Ce que j’ai apprécié à l’ESME c’est que nous étions environ 25 % de filles dans ma promotion, ce qui est élevé. Cette école était réputée depuis les débuts des années 2010 pour sa mixité. »

Maïté

Quant à Valentine, son expérience en cosmétologie lui fait affirmer que c’est plutôt l’effet inverse :

« En cosmétique il y a beaucoup de filles. Notamment dans ma formation où l’on tend justement à avoir plus de garçons (rires). Je n’ai jamais rencontré de discrimination liée au genre, ma famille m’a toujours beaucoup soutenu. »

Valentine
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Photo de Yaroslav Shuraev provenant de Pexels

Madmoizelle : Dans votre travail ressentez-vous de la discrimination liée à votre genre ?

Le secteur de l’aéronautique se féminise beaucoup selon Céline, seules les équipes techniques restent assez pauvres au niveau de la mixité. Lors de son précédent poste au Ministère de la Défense, elle avait été sensibilisée aux bon gestes et aux réactions à avoir dès le premier jour, ce qui l’avait étonné car cela signifiait que le harcèlement était très répandu.

Seule Maïté m’explique avoir déjà ressenti certains comportements déroutants. 

« En trading, le fait d’être une femme a son importance. Sur dix traders, il n’y a qu’une seule fille.
Juste avant la crise sanitaire, je travaillais en binôme avec un homme et parfois il était systématiquement rappelé juste après moi pour vérifier que les informations que j’avais donné étaient correctes. Ce phénomène s’est estompé au bout d’un moment. Pour leur défense, je pense que mon côté junior jouait aussi. »

Maïté

Madmoizelle : Que diriez-vous à des filles qui hésitent à franchir le pas ?

Maïté : Si vous avez envie d’y aller, lancez-vous : il y a une place qui est attendue et qui manque. C’est important ! Je pense qu’être une femme est aussi un atout car nous sommes peu et cela peut apporter une certaine cohésion.
J’avoue que la dynamique des anciens qui travaillent dans la finance de marché est assez misogyne et assez machiste. Il y a tout une éducation qui doit être faite.

Valentine : Je leur dirais surtout de ne pas avoir peur et de ne pas hésiter à aller au bout des choses. Il ne faut pas vivre avec des regrets, savoir tirer du positif de chaque épreuve, et surtout savoir rebondir aussi. Quoi qu’il arrive, vos efforts paieront forcément.

Céline : Je dirais la même chose que mes parents ou le professeur que j’avais rencontré sur un salon d’orientation m’ont conseillé : vous n’avez rien à perdre ! Et puis je rajouterais qu’il faut bien préparer les concours. Le travail paye. 

Juliette : Ce que je trouve génial avec le métier d’ingénieur, c’est qu’il est très large. Ça amène à plein de métiers différents, de secteurs différents et en particulier dans l’informatique. Peu importe la spécialité que vous choisissez, vous trouverez toujours un travail qui vous correspond.

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Photo de ThisIsEngineering provenant de Pexels

« Ce n’est pas le moment d’exclure 50 % de la population de la construction du monde de demain »

Madmoizelle : Selon vous pourquoi est-ce important de féminiser les métiers de l’ingénierie selon vous ?

La féminisation de cette branche aurait plusieurs avantages. En premier lieu comme le soulignait Maïté, une certaine éducation de la gente masculine inaccoutumée à faire face à des femmes dans le milieu professionnel, particulièrement dans le domaine de la finance :

« Il peut y avoir des blagues sur le décolleté par exemple, mais quand l’homme qui l’a faite se rend compte que vous le regardez bizarrement il ne recommence pas.
J’essaie de les corriger à mon niveau, parce que je sais que pour d’autres femmes, gérer ce genre de réflexions est plus compliqué.
Mais il y a beaucoup de prévention et de formation sur le sujet. Un numéro a même été créé, pour dénoncer du harcèlement anonymement si certaines en ressentent le besoin. Je remarque que les traders plus jeunes n’ont pas le même comportement que la génération précédente donc c’est positif. »

Maïté

Dans un second temps, pour Valentine et Juliette avoir plus de femmes dans les équipes de travail permettrait de prendre de la hauteur, et de repenser certaines inventions et innovations imaginées seulement par et pour des hommes :

« Il y a énormément d’études qui ont montré que plus il y avait de profils différents dans des équipes, plus elles étaient performantes. À la fois sur leur fonctionnement interne et en même temps que sur la qualité de ce qu’elles produisent. Ça devrait suffire comme argument.
Ce n’est pas le moment d’exclure 50 % de la population de la construction du monde de demain. Il faut absolument des femmes pour avoir des programmes et des outils qui soient adaptés à tout le monde. »

Juliette

De manière générale, les femmes ingénieures ont besoin de prouver leurs compétences à leurs homologues masculins, mise à part dans les secteurs où elles sont présentes en nombre supérieur.

Les dires de mes quatre interviewées confirment le fait que la féminisation du secteur n’apportera que des avantages au secteur à tous les niveaux. Dès la conception un point de vue féminin peut faire la différence, par la suite une approche féminine au sein d’une équipe peut apporter plus de cohésion. Quant aux produits finis, l’intervention d’une femme peut leur permettre de devenir plus inclusifs.

Cette prise de conscience se fait dès les études supérieures, et les écoles du Concours Advance l’ont bien compris. Dès la rentrée 2022, l’EPITA, l’ESME, l’IPSA et Sup’Biotech, espère augmenter les effectifs féminins au sein de leur promotion, avec en ligne de mire avoir des classes entièrement mixtes.

Pour assister à l’événement gratuit YES SHE CAN le 9 mars de 18h à 20h

Crédits : Photo de ThisIsEngineering / Photo de fauxels /  provenant de Pexels

À lire aussi : J’ai un profil littéraire, pourtant j’ai fait une école d’ingénieurs !

Les Commentaires
39

Avatar de Sophie Castelain-Youssouf
8 mars 2022 à 16h20
Sophie Castelain-Youssouf
Très cool de voir un article sur des femmes ingénieures. J'aurais aimé en savoir plus sur leurs métiers, leurs salaires, leurs perspectives d'évolution. Merci pour ce type de représentation, c'est inspirant.
Merci Nous avons d'autres projets en préparation en ce sens !
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Voir les 39 commentaires

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