Pourquoi je m’en fous de mon anniversaire

Cette madmoiZelle a réalisé qu'elle était indifférente à son anniversaire, et se demande pourquoi on a tendance à donner tant d'importance à ce genre de chose.

Pourquoi je m’en fous de mon anniversaire

Je me suis rendu compte il y a quelques années je n’en avais que faire de mon anniversaire.

Je ne tiens pas forcément à le fêter, ni à ce que ce soit un jour spécial. Curieux, n’est-ce pas ?

Je vais t’expliquer pourquoi les anniversaires me semblent anodins et comment je me suis rendu compte que je m’en tapais le coquillart.

Quand je ne m’en foutais pas de mon anniversaire

Ou plutôt, quand je croyais que je ne m’en foutais pas.

Pendant longtemps, j’ai donné de l’importance à mon anniversaire. Je me disais qu’il fallait lui en donner.

Une fois, j’ai passé mon anniversaire en stage, et personne ne le savait à part deux filles qui sur le coup avaient oublié.

Ce qui se comprend parfaitement, car c’était aussi un jour très rempli et très stressant et qu’on ne se connaissait finalement que depuis quelques semaines.

Pourtant, passer cette journée sans que les gens autour de moi ne sachent que c’était censé être un jour spécial pour moi m’avait énormément perturbée.

Je trouvais que ce genre de situation était triste, mais surtout que ça AURAIT L’AIR triste si je le racontais plus tard.

Car un anniversaire, c’est censé être stylé, les gens autour de toi sont censés savoir que c’est ton anniversaire, et tu es censée être la princesse de la journée.

Se mettre la pression pour son anniversaire

J’étais toujours déçue quand tout ne se passait pas toujours (voire jamais) bien dans le meilleur des monde ce jour-là, j’avais l’impression que c’était raté et que c’était triste voire honteux de ne pas l’avoir « fêté ».

Dans ma famille (parents-enfants), on fête les anniversaires entre nous, bien sûr. Mais il n’y a rien à organiser. On achète un gâteau et on offre des cadeaux.

Ce que je veux dire par fêter donc, c’est tout ce qui va au-delà de ça : inviter d’autres membres de la famille, faire une fête entre amis, etc. Bref, créer un événement.

Certes quand j’étais ado, mes parents n’étaient pas de ceux qui m’auraient laissée à la maison pour faire une fête, ni même qui auraient loué une salle pour moi comme d’autres le faisaient.

Et ce n’est pas comme si je m’étais battue pour.

Peut-être que c’est simplement parce que je savais qu’ils diraient toujours non et que j’ai baissé les bras dès le début, ou peut-être qu’au fond j’en n’avais en fait pas tellement envie !

J’invitais des copines pour mon anniversaire quand j’étais enfant et c’était marrant, mais en réalité, c’était souvent une source de stress pour moi.

Bon à dire vrai, tout est une source de stress pour moi, mais ce genre d’événement ça fout quand même particulièrement la pression, non ?

Parce que le but des événements sociaux selon moi, c’est de faire bonne figure, d’envoyer une certaine image, et de faire en sorte que les gens repartent en ayant de bonne choses à dire dessus.

Bref, c’est du spectacle, et je crois que ce n’est pas pour moi.

J’ai petit à petit arrêté d’inviter des amis pour mon anniversaire, car une fois ado, ce qui était cool c’était de faire des fêtes, et comme moi je savais que ça n’arriverait pas, je préférais ne rien faire.

Et même si je croyais que c’était triste, ça m’était au fond assez égal. Au final, ce qui m’inquiétait surtout, c’était le qu’en dira-t-on.

Ce qui m’importe un minimum à mon anniversaire

Bien sûr, comme tout individu il me semble, j’aime qu’on m’offre des cadeaux. J’aime recevoir des sous, et lorsque des gens qui autrefois m’en envoyaient à cette occasion arrêtent subitement, ça me fait chier.

Mais c’est surtout parce que je me demande ce qui fait que je vaux moins la peine qu’on ait une attention pour moi qu’avant. C’est bien gentil de me gâter quand j’avais douze ans, mais aujourd’hui j’ai la vingtaine et c’est maintenant que j’ai besoin d’aide, finalement.

Ou alors, les gens se disent que maintenant que je suis grande, plus besoin de m’offrir des barbies, en oubliant l’option sous.

Le parrain de ma mère continue par exemple à lui envoyer des sous tous les ans à son anniversaire, et ma mère est tu t’en doutes, une adulte !

Évidemment, si tout le monde m’oublie en même temps le jour de mon anniversaire, là, je vais vraiment commencer à me demander si j’ai des proches.

Mais tout ça n’est au fond pas propre à l’anniversaire en lui-même, mais à l’évolution de mes relations avec les autres.

Forcément, si personne ne pense à moi le jour J alors qu’on vit dans une société dirais-je très centrée sur les fêtes et les anniversaires, je ne le prendrais pas hyper bien.

Mais finalement, ça ne traduit pas une envie qui vient réellement de mon for intérieur, mais une envie née des attentes que j’ai forgées « à cause » de la société.

Je n’aime pas dire « c’est la faute de la société », mais là en toute bonne foi je crois bien que c’est un fait, c’est la société dans laquelle je vis qui fait que je donnais tant d’importance à mon anniversaire.

Pourquoi fêter un anniversaire me paraît anodin

Une date est une date, et célébrer une date en particulier est de toute façon un concept qui me dépasse.

Certaines dates sont évidemment très importantes et sont mises en place par commémoration, pour le devoir de mémoire, et si on ne fixait pas un jour précis pour en parler, peut-être qu’on n’en parlerait pas assez, qu’on ne sensibiliserait pas assez (je pense notamment à la journée internationale des droits des femmes, au mois des fiertés, etc).

Je ne dis pas que les anniversaires ne sont pas assez importants pour être fêtés et qu’on ne devrait célébrer que les dates très importantes. Absolument pas. Un peu voire même beaucoup de futilité ne fait pas de mal.

En fait, comme je disais, j’aime bien le fêter, mon anniversaire. Mais je n’y tiens juste pas à tout prix. Je ne lui donne que peu d’importance. Mais je ne le boycotte pas non plus ! Continuez à penser à moi le jour J svp.

Aujourd’hui, la date en elle-même m’importe très peu, je me fiche complètement de si je ne le fête pas à la bonne date, de si le jour de mon anniversaire je fais quelque chose de pas extraordinaire, de banal voire d’hyper nul.

Ce n’est pas la date qui compte, je n’ai pas loupé le coche si ma journée d’anniversaire n’était pas parfait !

Quand  j’ai réalisé que je me fichais de mon anniversaire comme d’une guigne

Une fois quand j’étais étudiante, je suis rentrée chez mes parents quelques jours, le premier étant le jour même de mon anniversaire. En arrivant, un gâteau cuisait dans le four.

Ça m’a vachement surprise, ça ne ressemblait pas à ma mère d’avoir cette attention inopinée.

Tout a fait sens quand cette dernière m’a expliqué qu’elle avait une soirée avec ses copines et que c’est là-bas qu’elle emmenait ledit gâteau.

Elle n’avait pas pensé au fait qu’il puisse y avoir un quiproquo. Enfin, je crois qu’elle s’en est rendu compte au moment de me l’expliquer.

Ce qui en fait, m’a fait beaucoup rire. Je me suis dit : « tout va bien, c’est bien ma mère ».

Franchement, c’était hilarant.

Je savais très bien qu’elle n’avait vraiment pas réalisé la coïncidence, alors je ne pouvais pas lui en vouloir. Et puis bon, m’insurger aurait fait de moi une ingrate, honnêtement.

Non mais c’est vrai, à le raconter je me rends d’autant plus compte que c’est franchement un problème de premier monde (une expression qui passe mieux anglais, à savoir First Worl problem).

Plus tard ce jour-là, je faisais part de l’anecdote à l’une de mes sœurs au téléphone, en riant.

Mais elle, au contraire, n’a pas pris ça légèrement. Elle était relativement outrée et en a touché quelques mots à ma mère, qui par la suite a fini par culpabiliser. L’année suivante, un gâteau m’attendait dans le four le jour J et cette fois, c’était bien pour moi.

En fait, j’ai commencé à me dire que ce n’était pas hyper cool seulement une fois que ma sœur me l’ai fait remarquer.

Car pour le coup, cette dernière n’est pas aussi indifférente aux dates d’anniversaires que je le suis, et fait partie de celles et ceux pour qui c’est important, et qui pensent d’ailleurs ne pas avoir droit à l’erreur dans ces moments-là.

Comme beaucoup de gens, et comme moi-même jadis.

La grosse pression qui entoure les dates d’anniversaires

Je vais te donner un exemple de conséquence de la pression qui entoure les anniversaires. Une fois, une amie me racontait qu’elle avait oublié l’anniversaire de sa mère, et que ça l’avait mise dans tous ses états.

C’est seulement plus tard dans la journée qu’elle y a pensé, en pleine conversation téléphonique avec elle. Je sais bien qu’on peut se sentir con dans ces moments-là, mais franchement, on ne devrait pas.

J’ai essayé de la rassurer en lui disant que vu son emploi du temps propice à lui faire perdre la notion du temps, c’était normal, que ça arrivait, et que sa mère ne lui en voudrait absolument pas, car elle aussi le savait bien.

Et en effet, cette dernière ne lui en voulait pas le moins du monde. Cependant, ça a continué à la travailler, ce que je trouve vraiment dommage.

Personne ne devrait se mettre dans un tel état pour avoir oublié un anniversaire. Les anniversaires sont censés être des fêtes, alors c’est dommage de ne pas les prendre davantage à la légère.

Les anniversaires à la télé

Il y a aussi un truc qui me perturbe, c’est cette habitude qu’il y a à l’écran, dans certaines séries-télé notamment. Tu sais, parfois il y a des épisodes centrés sur l’anniversaire d’un des personnages.

Très souvent, le scénario de ce genre d’épisode est le même : les amis préparent une fête surprise mais à force de tenter de le cacher à la personne, celle-ci finit par se sentir exclue et ne saura qu’à la fin de la journée que tout ça était en fait pour la bonne cause.

Mais est-ce que cette finalité justifie de la faire se sentir comme une merde toute la journée ? Non, selon moi.

Les anniversaires et l’hypocrisie

Je trouve également que les anniversaires font parfois naître une forme d’hypocrisie.

Des gens à qui je n’adresse plus la parole depuis des années viennent me le souhaiter sur Facebook, des gens de la famille avec qui je ne suis que peu en contact m’envoient des messages.

Certes, tu me diras que tout comme les dates importantes dont je parlais tout à l’heure, c’est une piqûre de rappel, qui te fait penser à la personne régulièrement et t’empêche de l’oublier.

Mais quand il s’agit de ne pas oublier une personne et non une date commémorative, c’est quand même hyper triste, comme concept.

Si tu ne penses à moi que le jour mon anniversaire, autant ne pas te donner la peine de me le souhaiter. Personnellement, c’est ce que je fais.

Parfois on me dit « c’est l’anniversaire d’untel dans la famille », puis je me  rappelle que je n’ai pas pris de nouvelle de cette personne depuis un moment et que ce n’est pas quelqu’un avec qui je m’entends spécialement.

Alors pourquoi envoyer un message à ce moment-là, à part pour me donner bonne conscience, finalement ? Peut-être me trompe-je, mais moi, je me sentirais malhonnête.

Pourquoi fête-t-on les anniversaires ?

Enfin, je trouve les anniversaires étranges car je ne comprends pas ce qu’on fête.

Si c’est « bravo, tu as survécu tant d’années » c’est assez triste comme raison mais en même temps, pourquoi pas.

Cela dit, je n’ai pas l’impression que ce soit la raison. Mais plutôt qu’on célèbre la personne juste pour elle en elle-même. Mais même si c’est une personne nulle.

On ne célèbre pas la personne pour ses accomplissements, c’est ce que je veux dire. On la célèbre juste pour exister.

« Bravo, tu es née. »

C’est quand j’ai réalisé ça que j’ai d’autant plus pris conscience que fêter un anniversaire était un concept saugrenu.

Je ne comprends pas ce qu’il y a à fêter puisque ce n’est pas de notre faute si on est né.

Si on devait vraiment célébrer quelque chose ce jour-là ce serait plutôt la mère. Ouais, là ce serait logique de célébrer les mères.

C’est elles qui, il y a X années, ont tout donné pour nous sortir de leur utérus. Nous on n’a rien foutu. On est sorti et on a fait ouin.

Lâcher prise sur les évènements

Je dis pas que les anniversaires c’est de la merde et que je ne fêterai plus jamais le mien et que personne ne devrait le fêter, ceci n’est pas un clash contre les anniversaires.

C’est sympa, les anniversaires, j’espère que ça va continuer. Mais quand j’y réfléchis vraiment, à ce concept étrange, voilà ce qui en ressort.

Encore une fois, moi-même j’apprécie de fêter le mien. Mais je ne le souhaite pas à tout prix. Je pense y être devenue assez indifférente.

Si je le fête, que tout est aligné et que tout est super le jour J, tant mieux. Sinon, tant pis, je ne mets pas d’attentes particulières sur ce jour !

Et je me rends compte que je fais ça de plus en plus, ne pas faire de fixette sur une date et me mettre la pression pour qu’elle soit parfaite.

Car avec des attentes pareilles, rien ne sera jamais à la hauteur. Rien ne sert de donner autant d’importance à des trucs qui avec le recul en ont franchement peu.

En fait, je deviens un peu Bouddha. Un Bouddha sous anxiolytiques, mais un Bouddha quand même.

Je ne pensais pas un jour faire un si long texte pour dire que c’est nul de se mettre la pression pour les anniversaires. Ça témoigne bien d’à quel point les humains se compliquent la vie. Moi-même compris.

Je déplore le fait que les gens donnent trop d’importance à leur anniversaire tout en faisant un papier de 2300 mots sur le sujet. Sérieux, j’y ai passé l’aprem.

L’HUMAIN EST SI BIZARRE.

Il y a vraiment trop de problèmes dans la vie pour se prendre la tête pour de la merde. Ce sera ma conclusion.

Et toi, c’est quoi ton rapport à ton anniversaire ?

À lire aussi : Anniversaire + confinement = seum ?

Une madmoiZelle

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Commentaires

MaryPoppinz

Tien, c'est marrant de tomber sur cette article le jour de son anni haha ^^
Je pensais que c'était un jour dont je me foutais un peu maintenant, depuis à peu près une dizaine d'années. Avant j'aimais bien, car on le faisait en famille dans le jardin de ma grand-mère, et c'était en général le premier barbecue de l'année. Je mangeais des choses qui me faisaient plaisir et j'étais avec des gens que j'aimais. Le ciel était bleu et les oiseaux chantaient.
Aujourd'hui, ma famille est explosée. Mon frère ne parle plus à mes parents. Et mes grand-mères sont en fin de vie. Et ce type de réunion n'est plus d'actualité. Et je suis devenue végétarienne mdrrr. Je suis triste de ne plus pouvoir faire ces petites réunions à l'ancienne, mais bon, c'est comma ça...

Hier c'était mon anni et j'étais triste. Maintenant, peu de personnes me le souhaitent (cachez votre date sur FB, vous aurez des surprises sur les personnes qui s'en souviendront, ou non). Mais je préfère que celles qui me le souhaitent soient sincères.
Mais je crois que le plus important pour moi c'est au niveau du couple : me faire bichonner par mon partenaire. Sauf que cette année bah... ça ne fait que 1 mois que je suis avec ce partenaire, que nous avons opté pour une relation particulière et qu'il a beaucoup de préoccupations en ce moment. On devait se voir. Mais en fait non. Et j'en ai été vraiment vraiment triste. Et c'est là que j'ai réalisé que pour moi, c'était ça passer un bon anniversaire : avoir un petit bisous tendre dans le cou, être prise dans les bras et une avoir attention toute spéciale : une balade, un repas fait maison ou encore une soirée film-papouilles... Et je réalise tout juste que c'est la première année depuis... bah 15 ans, que je n'ai pas cette attention là de la part d'un amoureux.

Et en plus mon connard de maire sortant a été réélu et c'est la grosse looooose....
 

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