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Société

L’indépendance du Kosovo

Le 17 février 2008, à 15h, un nouvel Etat est né. Il aura fallu près de 15 ans de lutte pour que les Kosovars atteignent enfin leur rêve. Un rêve conquis contre la Serbie – pays duquel dépendait le Kosovo jusqu’alors – et avec le soutien d’une grande partie de la communauté internationale. « A partir de maintenant, le Kosovo a changé de position politique. Nous sommes désormais un Etat indépendant, libre et souverain », a déclaré le premier ministre Hashim Thasi devant le Parlement de Pristina (capitale du nouveau pays). Immédiatement, dans les rues, des milliers de personnes vêtues de rouge et de noir ont salué la décision.

Petite histoire…

L’indépendance du Kosovo est la dernière étape du démantèlement de l’ex-Yougoslavie, commencé en 1991 avec l’indépendance de la Slovénie. Mais pour les nouveaux indépendants, la lutte a été bien plus longue et plus violente. La crise a commencé en 1990 quand le Président Serbe ultra-nationaliste (c’est-à-dire dictateur) Slobodan Milosevic a décidé de supprimer l’autonomie jusqu’alors accordée au Kosovo. Dès lors, dans cette province peuplée à 90% d’albanais, les revendications nationalistes n’ont cessé de croître. C’est en partie ces tensions nationalistes qui ont été à l’origine de la guerre dite du Kosovo. Entre 1995 et 1998, 862 979 Albanais du Kosovo auraient été expulsés vers la Macédoine et l’Albanie par les forces serbes et plusieurs autres milliers déplacés à l’intérieur de leur propre pays. Au total, plus de 80% de la population du Kosovo (ou 90% des Albanais du Kosovo) a été chassée de son foyer. L’intervention des troupes de l’OTAN en 1999 a néanmoins sonné la défaite de la Serbie.

Depuis le Kosovo est resté une province autonome de la Serbie, mais c’est le drapeau de l’ONU qui flottait sur le fronton de toute les institutions locales comme pour souligner que la stabilité de la région était due à la présence de la KFOR (Force pour le Kosovo).

Une communauté internationale divisée

Hier dans la foule, le drapeau rouge et noir emblématique du Kosovo était souvent accompagné des drapeaux américains et français. Manière pour les Kosovars de remercier les deux nations qui ont presque toujours soutenues leur volonté indépendantiste. Cet enthousiasme ne doit pourtant pas faire oublier les réactions négatives à cette proclamation. Les plus violentes sont évidemment venues de Belgrade où le gouvernement serbe a déclaré que la déclaration d’indépendance était illégale. Le nouveau Président serbe, Boris Tadic, bien que progressif, a d’ailleurs souligné : « je n’abandonnerai jamais la lutte pour notre Kosovo ». Si les Serbes accordent tant d’importance au Kosovo (territoire sans réelle valeur économique), c’est qu’ils estiment que cette terre est le berceau de la civilisation serbe. Ainsi perdre le Kosovo, c’est perdre l’essence même de leur identité nationale.

Au coté des Serbes, on retrouve les Russes qui, au nom d’une solidarité orthodoxe, soutiennent la position de Belgrade. Vladimir Poutine réclame l’annulation de l’indépendance du Kosovo, et demande une réunion d’urgence du Conseil de sécurité pour condamner cette proclamation en vertu de la violation de la souveraineté serbe.

Par ailleurs, du coté européen, si la France et la Grande-Bretagne soutiennent sans ménagement cette initiative, d’autres pays comme l’Espagne, la Roumanie ou la Grèce devraient se faire plus discret sur le sujet. En effet, ces pays connaissent des tensions régionales fortes comme au Pays Basque ou en Catalogne dans le cas de l’Espagne. L’auto-proclamation de l’indépendance du Kosovo pourrait créer un effet domino auprès de ces communautés. Ainsi Madrid préfère ne pas donnait son opinion sur le cas Kosovar de peur d’encourager le même phénomène à l’intérieur de son territoire.

Une situation qui demeure tendue

Reste que la situation n’est pas vraiment simple, 100 000 Serbes vivent toujours au Kosovo. Ces Serbes du Kosovo ont annoncé vendredi qu’ils organiseraient sur leur territoire les élections municipales prévues en mai en Serbie et formeraient leur propre « Parlement du Kosovo ». Par ailleurs, le premier ministre Kosovar s’est personnellement engagé à protéger la nouvelle minorité Serbe dans le but de tourner une page dans l’histoire des relations entre les deux pays. Mais des violences sont quand même à craindre entre les deux communautés : « Il y aura des coups de feu si les Albanais tentent d’exercer leur pouvoir sur le Nord« , a prévenu un des leaders serbe du Kosovo, Oliver Ivanovic.

Et toi, que penses-tu de la situation ? Que t’inspires la proclamation de ce nouvel Etat ?


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Les Commentaires

6
Avatar de coffeesunandlove
9 mars 2008 à 18h03
coffeesunandlove
Adeulina, tu as oublié de préciser que des milliers de serbes se font tuer chaque jour au Kosovo, tout simplement parce qu'ils sont serbes.
0
Voir les 6 commentaires

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